Les Bourses emportées par les mauvaises nouvelles

le 06 novembre 2008 à 18h55 , mis à jour le 06 novembre 2008 à 22h11

Malgré une baisse des taux décidée par la BCE, la crise s'est à nouveau brutalement imposée sur les marchés financiers qui ont dévissé jeudi.

Fébrilité sur les marchés : évokution du Dax à la Bourse de Francfort (7 octobre 2008)Image d'archives © www.abacapress.com

La dégringolade, une fois de plus. La crise s'est à nouveau brutalement imposée sur  les marchés financiers qui ont dévissé jeudi, malgré une baisse des taux décidée  par la BCE. Pour la deuxième fois en un mois, la Banque centrale européenne a abaissé son principal taux directeur d'un demi point cette fois, à 3,25%. Son président  Jean-Claude Trichet a même déclaré qu'il ne pouvait pas exclure une autre  baisse (Lire notre article). Son équivalent britannique, la BoE a agi de façon encore plus hardie à Londres, en réduisant son taux  directeur d'un point et demi à 3% -- du jamais vu depuis 1981.
 
Mais, loin de doper les marchés, ces baisses concomittantes à de  désastreuses prévisions du FMI, ont été suivies d'un effondrement de toutes les  places européennes. La Bourse de Paris a ainsi clôturé jeudi en repli de 6,38% à 3.387,25 points. Au lendemain d'une rechute, Wall Street plongeait encore : le Dow Jones a clôturé à -4,85% et le Nasdaq à -4,34%. "On dirait que les investisseurs se sont réveillés et se sont aperçus que  l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche n'allait pas tout transformer du  jour au lendemain", a ironisé un analyste de chez Goodmorning Shinhan Securities.
 
La première récession depuis 1945
 
Les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international ont accru le  pessimisme. Le FMI prévoit une récession dans les pays développés (-0,3% du produit  intérieur brut) en 2009 -la première depuis 1945- alors que la croissance  mondiale ne devrait pas dépasser 2,2%. Il y a un mois, le FMI tablait sur  respectivement +0,5% et +3,0%. La France a elle aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour  2009, n'espérant plus qu'une progression de son PIB "entre 0,2% et 0,5%" contre  1% auparavant. Le FMI table lui sur un recul de 0,5%. Le gouvernement français a aussi révisé à la hausse sa prévision de déficit  public pour 2009, à 3,1% contre 2,7% auparavant, soit au-delà des critères de  Maastricht (Lire notre article).
 
Autre signe d'une croissance au ralenti, les prix du pétrole ont également continué à baisser, le baril de Brent plongeant sous le seuil de 57 dollars à Londres, son niveau le plus bas  depuis février 2007. L'euro était de son côté en recul par rapport au dollar après la baisse des  taux de la BCE, à 1,2808 dollar contre 1,2962 mercredi soir.
 
Pour tenter de sortir du marasme, les grands acteurs du capitalisme mondial  préparent le sommet du G20 du 15 novembre à Washington : vendredi, un Conseil  européen extraordinaire réunit les chefs d'Etats et de gouvernements des 27 à  Bruxelles, à la veille d'une réunion à Sao Paulo des ministres des Finances et  présidents des banques centrales du G20. Globalement, Européens et pays émergents réclament plus de régulation de la  finance internationale et un rôle accru du FMI, mais ils risquent de se heurter  aux Etats-Unis, réticents à toute gouvernance mondiale et que la passation de  pouvoir à la Maison Blanche pourrait inciter à l'immobilisme. La présidence française de l'UE a martelé qu'elle voulait des "propositions  concrètes" sur la réforme du système financier "sous cent jours" après le G20,  selon un document qui sera discuté vendredi par les dirigeants européens.
 

(D'après agence)

le 06 novembre 2008 à 18:55
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