© AFPL'élection de Barack Obama à la Maison Blanche, et surtout la levée de l'incertitude politique pesant sur la première économie mondiale, ont été accueillies plutôt positivement mercredi par les marchés, qui ne perdent toutefois pas de vue les problèmes qui s'accumulent sur l'économie mondiale. "Obama a basé sa campagne sur le mot changement et l'espoir de changement. Cela va apporter un certain optimisme au marché, avec le sentiment que l'on a peut-être tourné la page" après des mois de campagne et une dramatique crise financière, observait à New York Marc Pado, de Cantor Fitzgerald. "L'incertitude est le principal problème du marché", rappelait pourtant Sherrill Shaffer, ancien chef économiste à la Réserve fédérale de New York, qui s'attend à une "stabilisation" des marchés après des semaines de tourmente.
Après des hausses à Tokyo (+4,46%), Hong Kong (+3,67%) et Shanghai (+3,16%), les Bourses européennes ont ouvert mercredi en léger repli. A 9 heures, heure française, Londres cédait 0,16%, Paris 0,42% et Francfort 0,17%. Les trois places avaient anticipé la victoire de Barack Obama en prenant plus de 4% chacune mardi. A New York, Wall Street avait aussi intégré la victoire du sénateur démocrate. Le contrat à terme sur l'indice Dow Jones, préfigurant l'évolution du marché, affichait une stagnation (-0,09%) après un léger bond à l'annonce de la victoire du premier noir élu président des Etats-Unis. "La Bourse est une grande machine à anticiper", a rappelé Gregori Volokhine, chef du département actions chez Meeschaert New York. "Le marché penche à droite, mais il s'était vraiment préparé à une victoire démocrate."
Le dollar poussé vers de nouveaux sommets ?
De son côté, le pétrole est légèrement retombé mercredi après une embellie à New York. Tombé sous les 60 dollars à Londres mardi et remonté à plus de 70 dollars à New York, le baril de "light sweet crude" s'échangeait à 69,40 dollars à Singapour mercredi matin. Autre grand indicateur de la santé de l'économie américaine, le dollar est resté ferme face à l'euro et au yen sur les marchés asiatiques. Alors que s'ouvraient les marchés européens, l'euro s'échangeait à Tokyo à 1,2852 dollar, contre 1,2975 dollar mardi soir à New York. Après un net raffermissement ces dernières semaines face à la monnaie européenne, le dollar retrouver une position de valeur refuge dans un contexte de récession mondiale, selon les analystes. "Que ce soit le dollar McCain ou le dollar Obama, la générosité de la politique budgétaire américaine devrait pousser le dollar vers de nouveaux plus hauts, même en pleine récession aux Etats-Unis", commentaient les analystes de Commerzbank quelques heures avant le verdict de l'élection américaine.
Pour soutenir leur optimisme, les marchés financiers attendaient également pour jeudi un nouveau coup de pouce avec une baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne et de la Banque d'Angleterre afin de soutenir la croissance. Aux Etats-Unis, le président de la Banque de réserve fédérale de Dallas a également plaidé en faveur d'un nouveau plan de relance budgétaire qui compléterait les efforts de la banque centrale pour aider l'économie américaine à redémarrer. Le gouvernement allemand doit de son côté adopter mercredi un ensemble de mesures de soutien à l'économie d'un coût total estimé entre 25 et 30 milliards d'euros, qui comprend notamment des déductions fiscales et un programme d'investissement dans les infrastructures routières. Réunis à Bruxelles, les 27 ministres des Finances européens se sont par ailleurs mis d'accord mardi sur les grands principes de réforme du système financier international qu'ils défendront au sommet du G20, qui réunira le 15 novembre à Washington les principaux pays industrialisés et émergents.
(D'après agence)
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