Obama ne rassure pas la Bourse

Par D'après agence, le 05 novembre 2008 à 22h38 , mis à jour le 05 novembre 2008 à 22h43

Les marchés boursiers ont fléchi mercredi face à l'ampleur des défis économiques qui attendent le nouveau président élu américain.

bourse crise financière financiers traders CAC wall street économie © TF1-LCI

Apparemment, Wall Street ne vote toujours pas démocrate. Les marchés boursiers ont fléchi mercredi face à l'ampleur des défis économiques qui attendent le nouveau président élu américain Barack Obama, après le soulagement suscité dans un premier temps par la levée de l'incertitude politique pesant sur la première économie mondiale
 
La Bourse de New York, qui avait d'abord bondi après l'annonce du dénouement électoral, a terminé la séance en forte baisse, de nouveaux indicateurs ayant rappelé que le président américain fraîchement élu allait devoir faire face à une situation économique très mauvaise. A la clôture, le Dow Jones a lâché 5,05% et le Nasdaq 5,53%. Les Bourses européennes ont elles aussi terminé en repli: Londres a cédé 2,34%, Paris 1,98% et Francfort 2,11%. Milan a terminé en recul de 1,44%, tandis que Madrid a grappillé 0,18%. La Bourse de Sao Paulo, première place financière d'Amérique du sud, a terminé en forte chute de 6,13% à 37.785 points, après deux séances de hausse lundi et mardi.
 
Et maintenant, les conséquences...
 
Ayant intégré la victoire - largement attendue - de Barack Obama, les investisseurs se concentrent sur les conséquences de la pire crise économique depuis près de 80 ans. "Le prochain président va devoir faire face à une économie en pleine détérioration, et cela n'a pas échappé à Wall Street", a ainsi souligné Andrea Kramer, de Schaeffer's Investment. "Nous entrons à présent dans une période longue et sombre avant qu'Obama ne prenne possession de la Maison Blanche le 20 janvier 2009", notait Howard Wheeldon, stratégiste chez BCG Partners, "d'ici là il est peu probable qu'il y ait beaucoup de nouvelles économiques positives".
 
Globalement, le dénouement de la présidentielle américaine est toutefois perçu positivement "avec le sentiment que l'on a peut-être tourné la page" après des mois de campagne et une dramatique crise financière, observait à New York l'analyste Marc Pado, de Cantor Fitzgerald. Sherrill Shaffer, ancien chef économiste à la Réserve fédérale de New York, s'attend lui aussi à une "stabilisation" des marchés après des semaines de tourmente.
 
L'euro monte, le pétrole baisse
 
L'euro a repris des couleurs face au dollar, dans l'attente d'une baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE) qui devrait intervenir jeudi, afin de donner un coup de pouce à la croissance alors que la Commission européenne prévoit une récession pour la zone euro sur les trois derniers trimestres de 2008. Les prix du pétrole sont repartis en forte baisse mercredi à New York, le baril perdant plus de cinq dollars après l'annonce d'une hausse des réserves de produits pétroliers aux Etats-Unis, dans un climat économique morose. Signe de l'ampleur des difficultés qui attendent le nouvel occupant de la Maison Blanche, le secteur privé américain a perdu 157.000 emplois en octobre, après en avoir supprimé 26.000 en septembre.
 
Les grands acteurs du capitalisme mondiale continuaient à prendre leurs marques en vue du sommet du G20 (principaux pays industrialisés et émergents) sur la réforme du système financier, prévu le 15 novembre près de Washington. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 doivent se retrouver ce week-end au Brésil pour préparer ce sommet et esquisser une vaste réforme de l'architecture financière mondiale ébranlée par la crise.

Par D'après agence le 05 novembre 2008 à 22:38
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