PAC : plus de lait, moins de "blé"

Par L.D., le 20 novembre 2008 à 10h59 , mis à jour le 20 novembre 2008 à 15h26

Les pays européens se sont mis d'accord pour réaménager la Politique agricole commune, en augmentant les quotas de lait et en réduisant les subventions.

Image d'archives/TF1Image d'archives © TF1

Ce fut long et douloureux, mais c'était nécessaire. Un compromis a été conclu à l'issue d'une réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE à Bruxelles, qui a duré quelque 18 heures, sur un réaménagement de la Politique agricole commune (PAC).  "Nous sommes parvenus à un accord à la quasi-unanimité", a déclaré à la presse le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier. Selon un diplomate, seule la Lettonie a refusé d'endosser le compromis car elle réclamait un rééquilibrage supplémentaire des aides agricoles de l'UE en faveur des "nouveaux" Etats membres dont elle fait partie.

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Quotas laitiers relevés
 
Les adaptations décidées viennent amplifier la précédente réforme de la PAC de 2003, en faisant davantage dépendre les prix et revenus du monde agricole de la loi de l'offre et de la demande sur le marché. Dans le détail, les ministres se sont entendus pour relever de 1% pendant cinq ans les quotas laitiers, qui, depuis 1984, limitent la production, en attendant leur disparition en 2015, déjà acquise. Des aides de compensation sont prévues pour les éleveurs des zones fragiles de montagne, car certains pays comme l'Allemagne, la France et l'Autriche redoutent que l'ouverture des vannes de la production ne fasse chuter les prix et ne menace leur existence. Cette question a été la plus compliquée à gérer car les négociations se sont déroulées dans un contexte de grogne des producteurs de lait dans de nombreux pays, notamment en France, face à la baisse des prix depuis plusieurs mois, après leur pic de l'automne 2007.

Aides directes réduites
  
Par ailleurs, les subventions à la production agricole (aides directes) vont être davantage réduites pour pouvoir financer à la place des projets de protection de l'environnement ou de revitalisation des campagnes (le "développement rural" de la PAC). Actuellement, l'UE ponctionne 5% des aides directes pour ces projets. Bruxelles les fait passer à 10%. Les grandes exploitations seront aussi moins "taxées" que ce qui était souhaité à l'origine par Bruxelles, du fait de l'opposition de pays comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui ont défendu leurs grandes exploitations. Le transfert des subventions vers l'environnement posait aussi problème aux Etats, qui ont l'obligation de cofinancer ces nouveaux projets. ormalement, ils doivent apporter 50% des investissements nécessaires. Mais cette proportion a été ramenée à 25% dans le compromis, voire 10% pour les pays les plus pauvres de l'UE.

(D'après agence)

Tabac : l'Europe fait un geste en direction des producteurs

Les ministres européens de l'Agriculture ont fait un geste jeudi en direction des producteurs de tabac en Europe, fragilisés par la baisse des subventions, en leur accordant de nouvelles possibilités d'aide toutefois très limitées, et jugées insuffisantes par la profession. Les petits producteurs familiaux, s'ils engagent des programmes de restructuration de leur exploitation ou de reconversion vers d'autres métiers, pourront percevoir des aides à partir de 2011 et pendant une période limitée à trois ans. Elles ne pourront néanmoins pas dépasser 4.500 euros par exploitation la première année, 3.000 euros la deuxième et 1.500 euros la dernière.

La veille à Bruxelles, près de 10.000 agriculteurs et ouvriers de la filière du tabac en Europe avaient manifesté pour protester contre la baisse programmée de leurs subventions dans le cadre d'une réforme du secteur conçue en 2004. Celle-ci prévoit une déconnexion totale ("découplage") entre le montant des aides et les quantités de tabac produites, ce qui aboutit concrètement à une baisse des subventions.

 

Par L.D. le 20 novembre 2008 à 10:59
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1 Commentaires

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  • Jean Bonnot, le 20/11/2008 à 11h27

    Le relèvement des quotas laitiers va sans aucun doute aboutir à une baisse du prix au litre at à l'exaspération des producteurs qui manifestent déjà. Nos ancêtres, paysans avisés, utilisaient le lait pour nourrir les veaux et obtenir ainsi de la viande d'excellente qualité. Ils n'avaient pas besoin de quotas et de négociations syndicales pour réguler le prix de leur production.

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