Nicolas Sarkozy à Meaux le 28 novembre 2008 © LCIPour lutter contre la crise de l'immobilier, "nous allons investir dans le développement durable" a annoncé Nicolas Sarkozy vendredi à Meaux dans son discours sur le logement. Principale mesure annoncée par le président de la République, un nouvel éco-prêt de 30.000 euros à taux zéro pour "rénover, isoler, son appartement ou sa maison". Mais le président de la République a clairement fait savoir que la baisse des prix ne le chagrinait pas.
"Depuis 30 ans, l'immobilier passe de bulles en crise", a affirmé le président de la République qui considère que "la meilleure façon de faire repartir l'immobilier, c'est que les prix de vente redeviennent attractifs". "Nous allons faire plus pour le logement mais je ne veux pas que ce qu'on fait serve à maintenir des prix hauts", a-t-il ajouté, en soulignant qu'en 2007, ils avaient atteint leur plus haut niveau depuis 40 ans par rapport aux revenus des ménages.
Nicolas Sarkozy a estimé que la première mesure déjà prise, le rachat par l'Etat de 30.000 logements en projet chez des promoteurs, se traduisait par une baisse des prix de l'ordre de 20%, mais pour l'essentiel due à la différence des taux de TVA. Prévus à l'origine dans le secteur concurrentiel, donc avec une TVA de 19,6%, ces projets sont transformés en accession sociale avec une TVA réduite à 5,5%. Sur les 30.000 logements prévus, la Caisse des dépôts s'estengagée à en acquérir 10.000 via sa filiale SNI.
Les banques taclées
A Meaux, Nicolas Sarkozy a visité un programme de 46 maisons repris par la SNI à Kaufman & Broad et qui commence tout juste à sortir de terre. Il a souligné que l'Etat accompagnerait la baisse des prix du foncier, qu'il a jugé "absolument nécessaire", par la libération de terrains publics qui devrait permettre, selon lui, la construction de 70.000 logements d'ici 2012. Il s'en est pris par ailleurs une nouvelle fois aux banques,accusées de durcir leurs conditions de crédit.
"Il faut que chacun joue le jeu. Je n'accepte pas que les banques doublent leurs exigences de fonds propres pour accorder un crédit à un promoteur constructeur. Si je laisse faire, avec les même fonds propres, on aura moitié moins de logements. Ce n'est pas acceptable"", a-t-il dit.
"Il faut une relance"
"J'annoncerai le 4 décembre prochain un plan de soutien très puissant à l'activité économique", a déclaré par ailleurs le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a précisé que ce plan comprendrait notamment des mesures d'incitation pour les économies d'énergie, secteur qui constitue un "gisement" d'emploi, selon lui. "Je crois profondément qu'il faut une relance, parce qu'après la crise financière on est dans la crise économique," a-t-il poursuivi en assurant qu'"attendre que des boîtes ferment, tombent en faillite, je ne l'accepte pas". "Une fois qu'on a dit qu'il fallait relancer, il faut essayer d'être le plus efficace possible et que chaque euro public soit un euro qui serve à quelque chose", a-t-il poursuivi.
Jeudi, la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde avait souligné, face à la forte hausse du chômage au mois d'octobre en France, "la nécessité d'un plan de relance de grande ampleur" axé sur "le soutien à l'investissement des entreprises". Mercredi, la Commission européenne avait proposé que les pays de l'UE consacrent sur les années 2009 et 2010 environ 1,5% de leur produit intérieur brut à la relance économique. Ce qui donnerait pour l'Union européenne un total d'environ 200 milliards d'euros, un chiffre modeste par rapport aux sommes annoncées aux Etats-Unis. Le plan européen doit encore être validé par les dirigeants des 27 lors du sommet des 11 et 12 décembre à Bruxelles.
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