Un trou de 29 milliards dans les caisses de Fannie Mae

le 10 novembre 2008 à 16h01 , mis à jour le 10 novembre 2008 à 17h06

Placé sous tutelle de l'Etat en septembre, l'un des deux piliers du refinancement hypothécaire américain a fait état lundi d'une perte colossale au 3e trimestre.

dollar billet argent dollars billetsDes dollars américains. © TF1/LCI

Le groupe américain Fannie Mae, l'un des deux piliers du refinancement hypothécaire du pays, placé sous tutelle de l'Etat en septembre, a fait état lundi d'une perte colossale de 28,9 milliards de dollars au 3e trimestre. En cause ? La provision de 21,4 milliards faite dans ses comptes pour raison fiscale. Autre facteur, la dégradation des marchés financiers et de l'immobilier qui a plombé la valeur des actifs du groupe et de ses investissements. "Le développement de la crise des crédits hypothécaires, qui avait débuté en 2007, s'est poursuivi en octobre. Du fait de la mise sous tutelle et des accords passés avec le Trésor américain en septembre dernier, cela affecte [les] prévisions de résultats pour le reste de 2008 et pour 2009", indique le groupe dans un communiqué.

Fannie Mae, tout comme Freddie Mac, l'autre géant du refinancement hypothécaire, s'était retrouvée au coeur de la crise du crédit et de l'immobilier aux Etats-Unis. De leurs vrais noms Federal National Mortgage Association (Fannie Mae) et Federal Home Loan Mortgage Corporation (Freddie Mac), les deux établissements sont des sociétés privées, qui ne sont pas liées formellement à l'Etat américain, mais qui disposent d'une ligne de crédit garantie par ce dernier, ce qui leur permet d'emprunter de l'argent sur le marché à des taux bien plus faibles qu'une banque. A eux deux, ces organismes assurent depuis quarante ans la fluidité du marché du crédit immobilier américain en rachetant des prêts aux banques afin de les aider à obtenir des conditions plus favorables. Du fait de leur rôle pivot, leur éventuel effondrement aurait eu des répercussions directes sur les établissements de crédit et, par ricochet, sur les particuliers qui empruntent.

Des aides accrues pour AIG, la Deutsche Post dégraisse

Au moment où Fannie Mae chiffrait ses pertes du 3e trimestre, l'assureur en difficulté AIG annonçait pour sa part une perte trimestrielle inédite de 24,5 milliards de dollars pour le troisième trimestre - contre un profit de 3,09 milliards de dollars au troisième trimestre 2007. Là aussi sont en cause les dépréciations liées aux marchés des crédits immobiliers à risque, les fameux "subprimes". Le groupe a dû passer pour 15 milliards de provisions, mais a aussi vu ses activités traditionnelles dans l'assurance, pourtant bien gérées, plonger dans le rouge.

Simultanément à l'annonce de ces pertes, les autorités fédérales américaines ont encore accru lundi leur aide à l'assureur, dont le sauvetage pourrait  s'avérer le plus coûteux de l'histoire de la finance mondiale, en dépassant la  somme faramineuse de 150 milliards de dollars. AIG avait déjà été secouru en septembre par la banque centrale, qui lui avait  consenti un prêt de 85 milliards de dollars. Quelques semaines plus tard, elle lui avait apporté 37,8 milliards de liquidités supplémentaires. Le montant ultime du coût du sauvetage d'AIG pourrait potentiellement être équivalent à l'ensemble de la richesse produite en un an par des pays comme l'Ukraine, la Hongrie, le Pakistan ou les Philippines.

Lundi enfin, le géant allemand de la logistique, la Deutsche Post, a annoncé qu'il mettra fin à ses activités de livraison express aux Etats-Unis et qu'il supprimera 9500 emplois, en plus des 5400 postes déjà supprimés depuis le début de l'année. Une restructuration qui coûtera 3 milliards d'euros sur deux ans et qui aura pour conséquence une perte nette cette année, selon un communiqué du groupe. Ainsi, DHL, chroniquement déficitaire aux Etats-Unis, sortira complètement du marché domestique américain à compter du 30 janvier pour se concentrer sur les livraisons internationales. En plus de cette restructuration drastique, la Deutsche Post, dont l'Etat allemand détient encore 31%, veut doubler son objectif de réduction durable des coûts. La société entend désormais abaisser de 1 milliard d'euros ses dépenses annuelles, contre un précédent objectif de 500 millions d'euros. 

(D'après agence)

le 10 novembre 2008 à 16:01
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