Christine Lagarde © AbacapressMalgré les prévisions pessimistes de l'Insee, qui envisage dans sa note de conjoncture de vendredi une contraction de 0,8% du PIB au quatrième trimestre 2008, suivie d'une baisse de 0,4% en janvier-mars 2009, Christine Lagarde maintient ses propres chiffres : pour 2009, le gouvernement table donc toujours sur une croissance de 0,2% à 0,5% du PIB. "L'Insee ne prend pas en compte la batterie de relance. La note de conjoncture de l'Insee a pris partiellement en compte l'effet de ces mesures et très peu pris en compte les plans présentés par les autres pays (européens) et ceux qui viennent" en janvier, a estimé la ministre de l'Economie.
A l'appui de ses dires, alors que ce fameux plan de relance français de 26 milliards d'euros venait d'être présenté en Conseil des ministres, Christine Lagarde a évoqué de nouveaux plans de relance préparés par six Etats membres de l'Union européenne. Des plans qui, selon elle, devraient être annoncés en janvier, et dont l'effet cumulatif au niveau du marché européen viendrait bien sûr renforcer d'autant l'efficacité des mesures françaises. La ministre de l'Economie, sans vouloir citer de nom, a précisé que ces pays en avaient fait l'annonce lors de la réunion informelle des ministres des Finances de l'UE qui s'est déroulée jeudi soir à Paris. "Les plans qui se concoctent et s'appliquent en dehors de notre territoire sont aussi importants pour la France", a-t-elle ajouté en soulignant que l'effet des plans déjà engagés aurait un impact de 0,5 point de PIB sur l'économie française.
L'urgence d'un nouveau plan de relance allemand
Ses propos sont corroborés, outre-Rhin, par les indiscrétions du Spiegel, qui croit savoir que l'Allemagne, première économie européenne, largement réticente jusqu'alors à des mesures de soutien supplémentaires, s'apprête à adopter un deuxième plan de relance d'un montant de 40 milliards d'euros. Cette somme serait consacrée d'abord à des investissements massifs dans les infrastructures publiques (routes, écoles, internet haut débit etc.), des baisses d'impôts et une baisse des cotisations maladie, selon le magazine qui cite des sources gouvernementales. Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Ulrich Wilhelm, a fait savoir vendredi qu'il ne "pouvait confirmer ce chiffre" et indiqué lors d'une conférence de presse "qu'aucune décision ne serait prise avant janvier".
Le gouvernement allemand avait déjà adopté il y a quelques semaines un premier plan de relance, représentant un effort budgétaire de 12 milliards d'euros. Berlin avait additionné ce montant à celui de mesures déjà adoptées début octobre indépendamment de la crise financière pour arriver à un total de 31 milliards, une manoeuvre très critiquée. Mais la nécessité d'une nouvelle impulsion budgétaire s'est imposée ces derniers jours alors que l'Allemagne s'enfonce à grande vitesse dans la crise.
D'après agences
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