Les salles des marchés sous tension © TF1/LCILa Bourse de Paris a terminé la semaine sur un fort recul, le CAC 40 cédant 2,80% vendredi, dans un marché inquiet du sort des constructeurs automobiles américains. L'indice vedette a cédé 92,53 points à 3213,60 points dans un volume d'échanges limité de 3,687 milliards d'euros. Il avait lâché 0,43% jeudi, mettant fin à trois séances de hausse consécutives. Londres a perdu 2,47%, Francfort 2,18% et l'Eurostoxx 50 2,59%.
"L'échec du plan américain sur l'automobile est une déception pour le marché", a souligné Guillaume Garabédian, gérant chez Meeschaert Gestion Privée, les investisseurs ayant parié sur un sauvetage du secteur en début de semaine. Le plan à court terme de 14 milliards de dollars concocté par les démocrates a sombré en effet jeudi soir au Sénat, l'une des deux chambres du Congrès, faisant craindre une faillite des constructeurs. Le département du Trésor américain a toutefois indiqué se tenir "prêt" à agir "pour empêcher une faillite" des trois grands constructeurs automobiles nationaux jusqu'à ce que le Congrès légifère sur la question.
L'indice de confiance des consommateurs américains à la hausse
Pour les marchés toutefois, l'éclaircie est venue de statistiques économiques américaines, "meilleures que prévu", selon Guillaume Garabédian, même si l'environnement économique reste très dégradé. L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan a progressé en décembre à 59,1 points, alors que les analystes tablaient sur 55 points. Et les ventes de détail aux Etats-Unis ont baissé de 1,8% en novembre, alors que les analystes tablaient sur un repli de 2%.
Dans ce contexte, les titres de l'automobile ont été à la peine : Renault (-6,09% à 17,74 euros) et Peugeot (-5,02% à 12,67 euros) ont particulièrement souffert. Le patron de Renault, Carlos Ghosn, a jugé toutefois jeudi que la prime à la casse permettrait de limiter le recul du marché français de -15% à -5% en 2009. Dans la foulée, les équipementiers se sont fortement repliés à l'image de Faurecia (-3,03% à 11,51 euros), Michelin (-4,17% à 39,09 euros) et Valeo (-6,95% à 9,91 euros).
Wall Street finit dans le vert
Les valeurs bancaires ont également tiré la cote vers le bas après l'annonce de 30.000 à 35.000 suppressions d'emplois chez Bank of America dans les trois ans, et les propos très sombres du PDG de JPMorgan Chase sur l'activité de sa société en fin d'année. BNP Paribas a perdu -6,27% à 43,80 euros, Crédit Agricole -7,54% à 8,88 euros et Société Générale -6,74% à 36,25 euros. Alcatel-Lucent s'est effondré (-11,71% à 1,64 euro) après l'annonce d'un vaste programme d'économies, prévoyant la suppression de 1000 postes de cadres et la réduction drastique du nombre de ses sous-traitants dans le monde.
De l'autre côté de l'Atlantique, après une journée de vagues et de creux, la Bourse de New York semble avoir été finalement rassurée par les statistiques américaines moins mauvaises qu'attendu, et par les assurances du Trésor de ne pas laisser tomber l'industrie automobile américaine : Wall Street a clôturé en hausse, avec +0,75% pour le Dow Jones, et +2,18% pour le Nasdaq.
Avec agences
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