"Notre réponse, c'est l'investissement massif"

Par Olivier LEVARD avec agences, le 04 décembre 2008 à 12h46 , mis à jour le 04 décembre 2008 à 20h00

Primes à la casse ou aux plus précaires, soutien à l'automobile et au logement... Nicolas Sarkozy a dévoilé jeudi un plan de relance de 26 milliards d'euros.

Nicolas Sarkozy annonce le plan de relance de l'économie à Douai le 4 décembre 20084 décembre - Plan newtonien : Nicolas Sarkozy présente son (premier) plan de relance de l'économie française à Douai. © DR / AFP/ DENIS CHARLET
                      LCI picto cliquez regardez                    

26 milliards d'euros. Le montant du très attendu plan de relance "à la française" est maintenant connu. Son axe est aussi très clair : l'investissement. Massif. C'est un Nicolas Sarkozy plus père de famille que Père Noël qui l'a dévoilé jeudi à la mi-journée alors que la crise s'installe et que le chômage est à la hausse. Pour le symbole, c'est Douai (Nord), où est implantée l'une des usines Renault, un secteur particulièrement touché, que le chef de l'Etat a choisi pour lever le suspense sur ces mesures. Elles représentent ensemble 1,3 point du produit intérieur brut (PIB) de la France et elles augmenteront le déficit public de l'ordre de 0,8 point de PIB en 2009, à 3,9%. Selon l'Elysée, ce plan conduira à 0,6% de croissance supplémentaires en 2009.
 
Le Président de la République a adopté un ton grave au début de son discours  jugeant que "cette crise est une crise structurelle qui va transformer pour longtemps l'économie, la société, et la politique" et que désormais  "la demande de régulation, la demande de justice, la demande de protection sera plus forte, un nouvel équilibre s'établira entre l'Etat et la marché, (...) entre le capital et le travail". "Cette crise doit nous inciter a agir vite et fort", a-t-il estimé en étant "ambitieux, audacieux et imaginatif". "Notre réponse à la crise, c'est l'investissement", a résumé Nicolas Sarkozy. "Nous allons accélérer massivement des décisions qui dormaient dans les cartons des ministères" pour "un plan d'investissement massif, de l'ordre de 26 milliards d'euros sur les deux ans à venir et qui va permettre d'accélérer fortement la modernisation et la compétitivité de la France". 
 
Voici les principales annonces du plan :
 
Un Etat meilleur payeur
 
Pour soulager les entreprises en difficultés de trésorerie, Nicolas Sarkozy a promis que l'Etat les payerait plus vite, et ce, dès le début 2009. "L'Etat va accélérer le paiement de ce qu'il doit" et remboursera par anticipation le crédit d'impôt-recherche : une mesure à hauteur de 4 milliards d'euros dès le début 2009. Même chose pour les remboursements de TVA pour les entreprises, soit 3,5 milliards d'euros supplémentaires, ou encore pour l'impôt sur les sociétés. L"Etat remboursera en outre 500 millions d'euros aux PME du secteur de la défense. "Au total, ce seront près de 11,5 milliards d'euros qui viendront abonder la trésorerie des entreprises", a résumé le chef de l'Etat.
 
Les investissements publics accélérés
 
Les contrats de plan Etat-région, les investissements du plan de programmation militaire, pour les hôpitaux, les tribunaux, les prisons, les moyens de transports, les bâtiment de la recherche ou encore de l'université seront tous accélérés. "Au total sur 2009-2010, cela représentera 4 milliards d'euros de plus pour des investissements dont la France a besoin pour améliorer sa compétitivité". L'investissement dans les lignes de TGV, notamment la liaison Lyon-Turin évoquée par le chef de l'Etat comme une Arlésienne, sera aussi accélérée. "Quatre lignes seront construites en parallèle" pour la première fois, s'est félicité Nicolas Sarkozy.
 
Les investissements des grandes entreprises publiques (EDF, SNCF, RATP...) seront aussi augmentés de 4 milliards d'euros. Pour que les collectivités locales participent à cet effort, l'Etat leur remboursera également plus vite la TVA à condition qu'elles investissent cet argent. L'Etat apportera aussi sa garantie aux projets de partenariat public-privé.
 
Logement : le prêt à taux zéro doublé
 
"Nous allons doubler le prêt à taux zéro" et "un programme de construction supplémentaire de 70.000 logements sera lancé" a annoncé le chef de l'Etat. "1,8 milliards d'euros de plus seront consacrés au logement sur la période 2009-2010", selon lui.
 
Automobile : la prime à la casse confirmée
 
Pour relancer la filière, "il faut écouler les stocks", a expliqué Nicolas Sarkozy pour justifier l'annonce d'une prime à la casse de 1000 euros. Cette prime concernera les véhicules de plus de dix ans et sera conditionée à l'achat d'un véhicule particulier ou d'un utilitaire léger émettant moins de 160 g/km de CO2 (voir la vidéo). L'Etat va par ailleurs "ouvrir aux organismes de crédit des constructeurs une ligne de refinancement de un milliard d'euros qui leur permettra de continuer à offrir des crédits aux acheteurs". Pour aider les sous-traitants, un fonds de restructuration de l'industrie automobile abondé par l'Etat et les constructeurs sera créé. "Il n'est pas exclu que l'Etat soit amené à faire davantage", a prévenu Nicolas Sarkozy en précisant que s'il croit "à l'économie de marché", il garde aussi un œil attentif sur les mesures annoncées outre-Atlantique en faveur des constructeurs américains.  "Je ne suis pas d'accord pour aider des entreprises qui délocalisent", a tempéré Nicolas Sarkozy.
 
Emploi : coup de pouce à l'embauche
 
Pour soutenir les créations d'empois dans un contexte difficile (7,7% de chômage au troisième trimestre), les entreprises de moins de 10 salariés seront exonérées de la totalité des charges patronales pour leurs embauches en 2009 de salariés payés jusqu'à hauteur de 1,6 fois le Smic. (voir la vidéo). Nicolas Sarkozy a dit aussi préférer l'activité partielle au chômage et soutiendra donc les entreprises qui devront y avoir recours plutôt que de licencier. L'Etat soutiendra aussi la formation des victimes de plans sociaux.
 
Prime aux plus précaires
 
Une prime exceptionnelle de 200 euros pour les plus modestes, la "prime de solidarité active", sera versée fin mars aux futurs bénéficiaires du RSA, le revenu de solidarité active (voir la vidéo). Cette mesure coûtera 760 millions d'euros. "Il serait moralement scandaleux et humainement insupportable de se résigner, sans rien faire, à ce que, ceux qui souffrent quand il y a de la croissance, souffrent davantage quand il n'y a plus de croissance", a affirmé le chef de l'Etat, "c'est une question de solidarité, de justice".

Administration et droit à l'urbanisme plus "light"

Nicolas Sarkozy a annoncé le relèvement à 20.000 euros du seuil en-dessous duquel un marché public peut être conclu "sans aucune procédure". Les contraintes liées au droit de l'urbanisme seront aussi "temporairement, considérablement assouplies", avec une prorogation d'un an des permis de construire.   "Il est un certain nombre d'opérations qui ne peuvent être engagées parce qu'il y a des problèmes de financement", a affirmé le président. "Si en plus, les permis de construire ne sont pas prorogés, ça veut dire que pour un certain nombre de collectivités, il faut tout recommencer et c'est cinq ans de retard", a-t-il poursuivi. "Dans le même temps, on nous dit il n'y a pas assez de logements et on s'ingénue à compliquer les mises en chantier", a déploré le président. 

Ministre à la crise

Le plan de relance de l'économie sera piloté par un membre du gouvernement chargé spécifiquement "d'en suivre l'exécution", a annoncé Nicolas Sarkozy, sans citer de nom. 

Par Olivier LEVARD avec agences le 04 décembre 2008 à 12:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

42 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Pascal, le 04/12/2008 à 16h15

    La lecture des réponses est désespérante. Aucun d'entre vous n'est réactif de manière positive. Une fois encore avant de connaître toutes les données, la réponse est toujours la même : ça ne marchera pas, c'est toujours pour les autres, etc ... Quelles sont vos connaissance économiques pour dire que les proposition du Chef de l'Etat ne seront pas concluantes ? Réagissez utilement, soyez inventifs, constructifs, et non stupidement sinistres. Ayez pour exemples les perdants des élections américaines, qui sitôt les résultats se sont mis au service de leur pays. Cessez d'être influençables sous l'emprise des médias et foncez !

  • PATRICK, le 04/12/2008 à 16h12

    OUI ? Le problème reste le pouvoir d'achat, prime pour des gens nécessiteux peut être, et pour ceux qui se lève le matin, Monsieur sarkozy, vous dites quoi, rien !

  • Dudu, le 04/12/2008 à 16h07

    Sa va couter combien aux contribuables??????

  • Tinou75, le 04/12/2008 à 16h05

    Que sont ces 1000 euros de cadeau au regard de la somme qu'il faut ajouter pour acquérir un véhicule neuf ! En cette période de crise, les automobilistes ont plus le regard porté sur ce que leur coute une automobile à l'usage ! A quoi bon investir dans une voiture neuve quand on doit angoisser pour son porte-feuille à chaque sortie du parking. Prix du carburant, des PV au stationnement, des radars à outrance,des taxes CO2, du prix des péages qui doivent encore augmenter prochainement, du tarif des assurances, des surfacturations des garagistes etc... Se passer de luxe et actuellement la principale source d'économie que les consommateurs ont en tete ! Ces mesures ne changeront rien pour une majorité de nos concitoyens, j'en donnerais ma main à couper !

  • Franky, le 04/12/2008 à 16h04

    Une prime de 1000 ?, c 'est ridicule, autant acheter une bonne occasion, il y en plein a vendre...et qui plus est les voitures electriques arrivent en massse et vont changer la donne, elle progressent de jour en jour donc ceux qui vont acheter une voiture neuve ne vaudra plus rien dans quelquies années

  • Menissez, le 04/12/2008 à 16h03

    C'est toujours la classe moyenne qui trinque: elle ne beneficie de rien et paie pour tout.par l'impot et les taxes

  • Gaspard, le 04/12/2008 à 16h02

    C est un plan anti crise ......de foie pour les fêtes de Noël, ce n est pas avec çà que notre sort va s amméliorer!

  • Remi, le 04/12/2008 à 15h53

    Qui va payer? c'est simple, tous ceux qui gagnent plus de 1,6 fois le SMIC; ceux qui n'ont droit a aucune aide et qui aussi ne sont exoneres d'aucuns impos. La solidarite? elle a bon dos a force, je paie la secu, les assurance, l elecricite, le telephone, les transports en communs, les avocats, les employes sociaux, les cheques vacances etc... de ceux qui vont encore recevoir une "prime". Deja que celle de noel a ete majore mais en plus il y a un deuxieme noel maintenant. Mon but maintenant? partir a l'etranger des que possible.

  • Antoine, le 04/12/2008 à 15h31

    Bravo à ces mesures et honte aux détracteurs résignés à la crise. Evidemment, quand on ne sait rien proposer, on critique tout ! Suivez mon regard !

  • Nanie, le 04/12/2008 à 15h29

    Il a pas encore compris que pour relancer l'économie IL FAUT AUGMENTER LE POUVOIR D'ACHAT. Il a beau aider les entreprises , si les gens n'ont pas d'argent pour acheter les produits fabriqués (voiture neuve, maison ...) cela ne sert à rien. Quand y a plus de sous dans le porte-monnaie, y a plus de sous. On a beau donner 1000 ? pour la casse on va aller les chercher où les 10.000 ? pour acheter une voiture ; faire un crédit c'est encore s'endetter, non merci. Mieux vaut attendre les jours meilleurs, s'il peut encore y en avoir. Qui vivra verra.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience