Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux partenaires sociaux (19 janvier 2009) © TF1/LCICe n'est pas une surprise : Nicolas Sarkozy a demandé mardi aux principaux dirigeants des banques françaises de renoncer à leurs bonus au titre de 2008. Il a été entendu sur ce point : en soirée, à l'issue de la réunion à l'Elysée qui réunissait sept d'entre eux, il a ainsi pu se féliciter de l'engagement des patrons des principales institutions financières françaises de renoncer effectivement à la part variable de leur rémunération. Et il "a souligné l'importance de ces engagements dans la période de ralentissement économique actuelle".
Mais à l'issue de la réunion, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a aussi annoncé qu'une deuxième condition avait été posée par le chef de l'Etat aux banques en contrepartie de nouvelles aides au secteur bancaire : réserver une part supplémentaire de leurs résultats au financement de l'Economie. Sans ces deux engagements, les banques françaises ne pourront pas bénéficier d'une nouvelle tranche de 10,5 milliards d'euros d'aide accordés aux secteur bancaire pour renforcer ses fonds propres. Mais sur ce point aussi, selon Christine Lagarde, les banquiers présents à l'Elysée mardi ont pris des engagements "très nets".
"J'ai deux ou trois choses à leur dire"
Alors que la controverse s'était focalisée ces derniers jours sur la question des bonus, les dirigeants des trois principales banques françaises, BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, avaient successivement accepté de renoncer à leurs bonus pour 2008. Dès vendredi, les dirigeants de BNP Paribas, Michel Pébereau et Beaudouin Prot, avaient fait part de leur décision. A l'inverse, les dirigeants du Crédit Agricole et de la Société Générale avaient laissé entendre ce week-end qu'ils ne renonceraient pas à leur rémunération variable de 2008. Avant d'entamer un revirement mardi. Et en début de soirée, peu avant la rencontre à l'Elysée, la Société Générale annonçait que Daniel Bouton et Frédéric Oudéa, respectivement président et directeur général de la banque, avaient renoncé à leur tour à leurs bonus au titre de l'exercice 2008. Même chose au Crédit Agricole, où, selon une porte-parole, la banque ne versera pas de bonus à son directeur général Georges Pauget pour 2008, alors que le président de la banque, René Carron, n'a pas de part variable dans sa rémunération.
"Il n'y a pas de stratégie alternative. C'est passionnant, c'est une très lourde responsabilité parce qu'en plus, je dois le faire en maintenant la cohésion sociale", avait expliqué le président français mardi matin à Provins, en Seine-et-Marne, au sujet de la crise. "C'est très difficile, c'est pour ça que je verrai les banquiers cet après-midi, j'ai deux ou trois choses à leur dire", avait-il poursuivi, sous les applaudissements.
En décembre, les banques avaient déjà pu bénéficier d'une première tranche de prêts de 10,5 milliards d'euros. Six grandes institutions financières avaient été concernées : le Crédit Agricole, BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Mutuel, la Caisse d'Epargne et les Banques Populaires. Récemment, le ministère des Finances avait précisé qu'un nouveau prêt de l'Etat de 10,5 milliards d'euros serait disponible d'ici la fin du premier trimestre, ce qui porterait l'aide publique à 21 milliards d'euros.
La crise creuse les déficits |
L'impact de la crise économique a contraint le gouvernement à réviser à la hausse le déficit public de la France pour 2008 et 2009, qui s'établissent respectivement à 3,2% et 4,4% du PIB, a indiqué mardi le ministre du Budget, Eric Woerth. Le gouvernement prévoyait jusqu'à présent un déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) de 2,9% du PIB en 2008 et 3,9% du PIB cette année. "Pour les années 2010 à 2012, le déficit serait impacté de la même manière qu'en 2009 par les prévisions de recettes", révisées en baisse en raison du ralentissement économique, "soit d'environ 9 milliards d'euros", a ajouté Eric Woerth. Le déficit public s'inscrirait donc à 3,1 points de PIB en 2010, 2,3 points en 2011 et 1,5 point en 2012, a-t-il précisé. Avant cette énième révision rendue nécessaire par l'impact de la crise sur l'économie française, le Premier ministre François Fillon avait reporté à 2014 son engagement à un retour au "déficit zéro", initialement annoncé à Bruxelles pour 2012. |
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