Immeubles anciens à Paris © TF1-LCILa baisse substantielle ne fait plus guère de doute. Les prix des logements anciens en France devraient à nouveau chuter de 10% en 2009 par rapport à 2008, après une baisse de 3,1% en 2008, a estimé la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) mardi lors d'une conférence de presse. C'est le haut de la fourchette du réseau d'agences Century 21 qui estimait la semaine dernière que les prix allaient baisser de 6% à 10% en 2009.
Ce retournement du marché intervient après une dizaine d'années de hausse ininterrompue : 14,0% en 2003, 15,5% (un record) en 2004, 10,9% en 2005, 7,2% en 2006 et 3,6% en 2007. En 2008, le recul du prix des maisons (-4,9%), plus prononcé que celui des appartements (-1,2%), illustre une "reconcentration" de la demande vers les agglomérations, conséquence du renchérissement du coût des transports, selon la fédération qui regroupe la majorité des agents immobiliers. L'année devrait confirmer la tendance baissière affirmée en 2008, après un cycle de hausse exceptionnellement long, au cours duquel les prix des logements avaient doublé", explique le président de la Fnaim René Pallincourt.
Crédits trop rares et trop chers
Heureuse nouvelle, ces baisses de prix devraient permettre de relancer l'activité dès 2010, à condition que les banques desserrent leurs conditions de crédit afin de resolvabiliser la demande. Conséquence de la crise, qui rend les banques plus frileuses et les ménages plus prudents, les prêts immobiliers aux ménages (130 milliards d'euros) ont baissé de 12,3% par rapport à 2007. La Fnaim déplore aussi que la baisse effective du taux des crédits immobiliers, désormais de l'ordre de 5% pour une période de 15 ans, ne soit pas plus forte, plusieurs établissements bancaires ayant "averti qu'ils seraient attentifs à la sauvegarde de leurs marges".
Le durcissement de la politique de prêts immobiliers de la part des banques, qui demandent aujourd'hui en général un apport personnel de 20%, freine l'activité, note René Pallincourt. "L'écueil, c'est la nécessité d'avoir un apport personnel plus important. C'est la barrière aujourd'hui. La demande est toujours très importante mais les ménages ont des difficultés à construire leur apport personnel", déclare-t-il. "Si les banques desserrent un peu les exigences en matière de prêt, on devrait avoir une reprise de l'activité dès l'année 2010".
Dans le cadre de ce scénario, la Fnaim retient l'hypothèse d'une sortie de récession dès l'an prochain, avec des taux d'intérêt de 4,5% en 2009, puis de 4% en 2010 et 2011, et une durée moyenne de prêts de 17 ans en 2009 contre 18 en 2008. Pour relancer le marché de l'ancien, la fédération réclame aussi l'extension à ce secteur du doublement du prêt à taux zéro (PTZ), mesure contenue dans le plan de relance de l'économie mais uniquement pour le logement neuf.
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