Davos (Suisse)Sur fond de crise économique, le Forum économique mondial de Davos perd de sa superbe. Le champagne et le caviar, que les grandes banques avaient l'habitude d'offrir, devaient être bien rares cette année dans la célèbre station des Alpes suisses, la crise économique ayant réduit prétentions et portefeuilles. Pire, la réunion n'a plus la cote et prête le flanc a de sévères critiques.
Le Forum économique mondial n'est même qu'un "café du commerce", affirmait mardi dans la presse helvétique Jacques Attali. Selon l'ancien conseiller de François Mitterrand, "les gens se rencontrent là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères", ajoutait jacques Attali, précisant cependant saluer "le génie" de son fondateur Klaus Schwab.
Poutine pour rien ?
Où est donc passée l'incroyable influence sur la marche du monde qu'on lui prêtait autrefois ? Des personnalités de choix font toujours le déplacement : le Premier ministre russe Vladimir Poutine a prononcé mercredi le discours d'ouverture du Forum en présence de son homologue chinois Wen Jiabao. L'occasion pour lui d'analyser les conséquences de la crise financière mondiale. Mais pour Jacques Attali, les dirigeants politiques dévoilent en réalité leurs décisions importantes en d'autres circonstances, notamment lors du prochain sommet du G20 en avril à Londres. La station alpine ne peut pas être un lieu de décision "parce que seul un dixième de l'humanité y est représenté", pointe-t-il.
Côté finance, un grand nombre de banquiers, présents aux éditions précédentes, ne figurent plus parmi les invités du Forum. Pour certains, la raison est simple : leurs établissements ont été emportés par le tsunami de la crise financière. A commencer par Lehman Brothers, la banque d'affaires américaine dont la faillite a provoqué une lame de fonds désastreuse en septembre. L'ancien patron de Merrill Lynch, John Thain, licencié sans ménagement la semaine dernière par Bank of America (BofA), repreneur de l'institution en péril, a été débarqué du Forum à la dernière minute. Seul le PDG de JP Morgan, James Dimon, devait faire le déplacement au côté de quelques "courageux" européens tel que le PDG de Société Générale, Daniel Bouton.
Hollywood se carapate, Bolywood le remplace
Les stars occidentales ont également pris la poudre d'escampette. Le chanteur irlandais Bono, déclaré en décembre par d'anciens Prix Nobel "Homme de la paix 2008" pour sa lutte contre la pauvreté, la maladie et la dette en Afrique, n'a pas fait cette année le voyage. De même, ne sont présentes ni l'actrice américaine Angeline Jolie ni sa comparse Sharon Stone qui avaient donné une note glamour à ce haut lieu du capitalisme.
A leur place, des personnalités du show-biz asiatique prennent le relais. Jet Li, acteur connu pour ses performances en arts martiaux et le très populaire acteur de Bollywood Amitabh Bachchan seront de la partie. Parviendront-ils à faire rêver Davos ?
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