Fillon : des milliards, mais donnant-donnant

Par , le 20 janvier 2009 à 11h11 , mis à jour le 20 janvier 2009 à 15h47

Le Premier ministre a annoncé aux états généraux de l'automobile une aide de "l'ordre de 5 ou 6 milliards d'euros", en réclamant des engagements sur l'emploi.

François FillonFrançois Fillon

Ce sera donnant-donnant. Le gouvernement français a répondu aux appels à l'aide de la filière automobile sinistrée par la crise en promettant mardi 5 à 6 milliards d'euros pour aider les constructeurs, tout en exigeant des "contreparties", notamment sur le maintien de leurs activités en France.
 
Ouvrant les états généraux de l'automobile convoqués au ministère des Finances pour réfléchir avec tous les acteurs de la filière aux moyens de sortir ce secteur de l'ornière, le Premier ministre François Fillon a annoncé que l'aide de l'Etat en faveur de Renault et PSA serait au total de "l'ordre de 5 ou 6 milliards d'euros". Mais sans en expliquer les modalités précises, avant l'annonce, au plus tard début février, du plan de soutien à la filière automobile. Mais François Fillon a averti qu'il n'y aurait "pas d'effort de l'Etat sans engagement des constructeurs". "Il n'est pas question que l'Etat vienne en aide à un constructeur qui déciderait de fermer purement et simplement un ou des sites de production en France", a-t-il insisté.
 
Question de survie
 
Le secrétaire d'Etat à l'industrie Luc Chatel a ensuite précisé que ces 5 à 6 milliards devaient servir à couvrir les "besoins de trésorerie à court terme" des constructeurs. Il a aussi détaillé les contreparties attendues par l'Etat: pas de fermeture d'usine en France - tout en reconnaissant une surproduction de 20% en Europe - et suppression des bonus et des dividendes pour les dirigeants et actionnaires.
 
Que l'Etat demande des contreparties, "c'est tout à fait naturel", a réagi le PDG de Renault, répétant que Renault était "déterminé à maintenir ses actifs en France". Carlos Ghosn, qui est aussi président de l'Association des constructeurs  européens de l'automobile (ACEA), a aussi souligné combien le situation du secteur était grave alors que l'allemand BMW a annoncé mardi qu'il allait mettre 26.000 de ses employés au chômage partiel. "C'est bien la survie d'un certain nombre de constructeurs, de fournisseurs et de distributeurs qui est jeu dans les mois à venir", a déclaré Carlos Ghosn. L'ACEA prévoit une baisse supplémentaire de la production automobile européenne de 15% en 2009 par rapport à 2008 et une réduction de 15 à 20% de la main d'oeuvre, soit 150.000 à 200.000 emplois en moins. Il a aussi fait part d'autres demandes pour aider la filière comme la suspension de la taxe professionnelle.
 
Fillon impatient, le PS très critique
 
Pour le président de Renault, "il est impératif d'agir vite pour assurer la survie de l'industrie automobile française et européenne". Un point de vue partagé par François Fillon, qui ne veut pas, comme à l'automne pour le plan d'aide aux banques, attendre plusieurs semaines avant d'obtenir le feu vert de Bruxelles.
 
D'où la mise en garde lancée, sur un ton dont il est peu coutumier, par François Fillon à l'adresse de la Commission: "on ne va pas attendre trois mois. On ne va pas reproduire ce qui s'est passé pour le plan de financement des banques. Quand il y a un incendie, il faut agir". Selon lui, les autres pays européens partagent le même avis. Si l'intervention de l'Etat est "indispensable" pour aider ce secteur, il faut toutefois "s'assurer que les mesures prises par un gouvernement ne donnent pas d'avantage compétitif" à ce pays par rapport aux autres, a prévenu pour sa part Günther Verheugen, vice-président de la Commission européenne
 
Le secrétaire national PS à l'Industrie a réagi en  affirme que la France ne peut pas rester les "bras ballants" face à la crise du secteur automobile. Selon lui, les mesures prévues par le gouvernement "sont insuffisantes, inadaptées". "Axées sur l'aide aux grands constructeurs et équipementiers, ces mesures oublient les salariés, les consommateurs et les PME sous-traitantes", explique Guillaume Bachelay, à la veille de l'annonce par le PS de son "contre-plan" de relance.

Fiat-Chrysler : échange actions contre technologie

En pleine crise de l'automobile, Fiat et Chrysler ont annoncé mardi un accord en vue de la formation d'une alliance stratégique, à travers laquelle l'italien prendrait au moins 35% de l'américain en difficulté, en échange de l'accès à sa technologie mais sans rien débourser.
En échange de l'accès de Chrysler à sa technologie (plate-formes, composants, moteurs moins gourmands), afin que l'Américain, dont les 4x4 et "pick-up" ne correspondent plus à la demande, puisse produire de nouveaux véhicules de petite et moyenne catégorie, Fiat "devrait recevoir une part initiale de 35%", selon le communiqué.

Par Olivier Levard le 20 janvier 2009 à 11:11
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26 Commentaires

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  • Groschaq, le 20/01/2009 à 15h15

    C'est bien d'aider les constructeurs et autres équipementiers automobiles, mais il faut savoir que certains comme le groupe Faurecia trouvent des solutions qui les arrangent. on ne se lance plus dans les projets de nouveaux produits et on annonce aux employés, dans 3 ans votre site ferme, meme si les résultats sont bons et que l'usine est une usine pilote sur un bon nombre de sujets. en attendant, ils vont profiter des aides de l'état et comme désormais l'économie est mondiale, est on sùr que ces aides seront pour les entreprises de notre pays?

  • Pépé, le 20/01/2009 à 15h10

    5 à 6 milliard d'euros ?????? Que l'etat ne me donne que le dixième et promis je change de voiture !!!!

  • Moa, le 20/01/2009 à 14h58

    STOP......c'est nous qui donnons aux banques, aux grosses entreprises bref aux gros patrons. Pourquoi ne pas faire l'inverse cad de donner ces milliard à nous consommateurs et je vous promets que je change de voiture! Vous avez tout faux Mr SARKOSY, Mr FILLON bref à toius ceux qui décident pour nous. RAS LE BOL

  • KIKI, le 20/01/2009 à 14h51

    La crise finanacière a bon dos, l'histoire est toute autre ,les constructeurs ont vendu des "bagnoles" pendant 30 ans en utilisant l'envie de frimer de l'acheteur; aujourd'hui frimer avec sa bagnole cest devenu ringard et donc fini les ventes de 4X4 et autres grosses berlines qui enrichissaient les constructeurs et leur reseau tout en etant totalement inutiles dans un pays comme le notre.C'est pas la crise qui est en cause c'est le changement de comportement du client qui est devenu un peu moins stupide et c'est un bien pour tout le monde.Les constructeurs doivent s'adapter..§.

  • Jeanjean, le 20/01/2009 à 14h45

    Mais ou trouve t il cete argent et qui vas le rembourser

  • Ren, le 20/01/2009 à 14h35

    C'est bien d'aider l'industrie pour que l'économie globale ne s'effondre pas en cette période de forte crise. La demande de M. Ghosn pour une "suspension" de la taxe professionnelle n'est vraiment pas raisonnable. On parle du déficit de la Sécurité Sociale qui va encore augmenter. L'Etat n'arrête pas de donner des dispenses de ce genre; comment cela va finir pour la Sécu? Qui écopera à ce moment là? Les assurés, donc les contribuables...

  • Titou, le 20/01/2009 à 14h33

    Moi,je suis de l'avis de Bon de Paris, il n'y a pas de sous pour la france d'ans bas( il ya des gens en toile de tente dans la bois de boulogne) mais i l y a des sous pour les plus riches!et puis ces actionnaires. c'est lamentable!.

  • Cricri, le 20/01/2009 à 14h23

    Ces milliards feront-ils acheter une seule voiture de plus par les français ?

  • Yves, le 20/01/2009 à 14h22

    Le titre pourrais etre 5 ou 6 milliards aux auxactionnaires

  • GG, le 20/01/2009 à 14h22

    Bravo ! "5 ou 6 milliards d'euros pour les constructeurs" qui ne pourront pas vendre leur production, faute de povoir d'achat des consommateurs...fallait y penser !

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