Martine Aubry présente son contre-plan de relance le 21 janvier © DRANALYSE - Eric Revel : "exactement l'opposé" du plan Sarkozy
EXTRAIT - Martine Aubry : "un plan qui marche sur ses deux jambes" |
Il pourrait s'intituler : "Voilà comment on relance le pouvoir d'achat !". Un mois et demi après son investiture, la nouvelle équipe socialiste autour de Martine Aubry a choisi de présenter son "contre-plan" de relance en donnant une leçon au gouvernement sur ses "insuffisances" sur le pouvoir d'achat, un thème porteur auprès de l'opinion publique. "Il faut relancer immédiatement le pouvoir d'achat et la consommation (...) pour relancer la machine", a estimé Martine Aubry critiquant le plan de Nicolas Sarkozy qui ne comprendrait "rien sur la consommation" . Or, "il faut un plan équilibré, qui marche sur ses deux jambes : la consommation et l'investissement", a-t-elle attaqué.
"Il est de notre devoir de faire des propositions, de dire ce que nous ferions si nous étions au pouvoir", a affirmé Martine Aubry en présentant ce "vrai plan de relance" à la presse. "A période extraordinaire, mesures extraordinaires", a ajouté Martine Aubry qui prévoit une "cohorte, en avril-mai, de licenciements et de dépôts de bilan".
Le plan d'une cinquantaine de pages et d'autant de mesures, intitulé "agir vraiment contre la crise", a été adopté mercredi en fin de matinée par le Bureau national à l'unanimité. L'heure est à la cohésion : le plan doit servir d'argumentaire à la motion de censure lancée contre le gouvernement qui sera débattue mardi 27 janvier, en pleine tempête parlementaire.
Voici les premiers éléments de ce plan:
Le volume du plan est de "50 milliards d'euros", a annoncé Martine Aubry soit "2,5% du PIB", et quasiment le double de celui du gouvernement : 26 milliards d'euros mais dont seuls "4 à 5 milliards sont réellement injectés dans l'économie". Le gros des propositions socialistes repose sur des mesures en faveur de la relance du pouvoir d'achat.
500 euros pour 12,4 millions de personnes
Originale et inédite en France : la remise immédiate d'un "chèque crise" de 500 euros à tous les bénéficiaires de minimas sociaux et de la prime pour l'emploi, mesure inspirée des propositions de la fondation Terra Nova (proche du PS). Cette mesure concernerait 12,4 millions de personnes. "Cest 1000 euros par famille", a annoncé Martine Aubry faisant allusion aux 1000 dollars que versera Barack Obama aux ménages modestes américains.
Coup de pouce au Smic et baisse de la TVA
Le PS propose aussi une revalorisation du Smic, mais modérée, de 3% (soit 30 euros), et une baisse d'un point du taux de la TVA de 19,6% à 18,6% (soit plus de 6 milliards d'euros). "Les études montrent que ces mesures profitent aux deux tiers aux consommateurs et à un tiers aux entreprises", a expliqué Martine Aubry. Ce sujet a fait l'objet de longs débats au PS, certains ayant proposé une baisse de TVA sur les seuls produits de première nécessité.
Emplois pour l'hôpital et l'éducation
Les socialistes prévoient la création de 100.000 emplois aidés supplémentaires. Sur le terrain, "des associations sont obliger de fermer des activités car il leur manque des emplois aidés", s'est justifiée Martine Aubry. Elle a aussi réclamé le gel des plans sociaux dans l'hôpital public et l'éducation nationale et "un plan de modernisation de l'hôpital de 1,4 milliards d'euros" critiquant la récente décision de Nicolas Sarkozy de ne pas donner plus aux hôpitaux en les incitant plutôt à mieux dépenser.
Soutien au logement et à l'automobile
Le plan prévoit la construction de 300.000 logements sociaux supplémentaires, et des mesures en faveur du secteur automobile.
Durcissement des licenciements, suppression des dividendes
Le PS prévoit aussi l'encadrement des licenciements boursiers en en renchérissant le coût, et des mesures en faveur de l'investissement des collectivités locales. Martine Aubry a demandé que l'on interdise aux entreprises soutenues par l'Etat de verser des dividendes à leurs actionnaires.
Soutien aux banques
Pour le PS, l'Etat devrait entrer dans le capital et dans le Conseil d'administration des banques auxquelles il vient d'octroyer 10 milliards d'aides publiques supplémentaires.
Le paquet fiscal supprimé
Pour le financement de ces mesures, le PS prévoit la suppression de la loi TEPA (paquet fiscal) de 15 milliards d'euros, déjà décriée par la gauche. Il faut au moins"mettre entre parenthèses la loi TEPA (Travail Emploi Pouvoir d'Achat)", a exigé Martine Aubry.
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Ce qui taraude les Français : leur pouvoir d'achat
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