Le PS donne sa leçon de pouvoir d'achat

Par Olivier LEVARD avec agences, le 21 janvier 2009 à 14h32 , mis à jour le 21 janvier 2009 à 23h19

Martine Aubry a présenté mercredi un contre-plan de relance pour pointer les "insuffisances" du gouvernement. Mesure phare, un "chèque-crise" de 500 euros.

Martine Aubry présente son contre-plan de relance le 21 janvierMartine Aubry présente son contre-plan de relance le 21 janvier © DR
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ANALYSE - Eric Revel : "exactement l'opposé" du plan Sarkozy

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EXTRAIT - Martine Aubry : "un plan qui marche sur ses deux jambes"

 

Il pourrait s'intituler : "Voilà comment on relance le pouvoir d'achat !". Un mois et demi après son investiture, la nouvelle équipe socialiste autour de Martine Aubry a choisi de présenter son "contre-plan" de relance en donnant une leçon au gouvernement sur ses "insuffisances" sur le pouvoir d'achat, un thème porteur auprès de l'opinion publique. "Il faut relancer immédiatement le pouvoir d'achat et la consommation (...) pour relancer la machine", a estimé Martine Aubry critiquant le plan de Nicolas Sarkozy qui ne comprendrait "rien sur la consommation" . Or, "il faut un plan équilibré, qui marche sur ses deux jambes : la consommation et l'investissement", a-t-elle attaqué.

"Il est de notre devoir de faire des propositions, de dire ce que nous ferions si nous étions au pouvoir", a affirmé Martine Aubry en présentant ce "vrai plan de relance" à la presse.  "A période extraordinaire, mesures extraordinaires", a ajouté Martine Aubry qui prévoit une "cohorte, en avril-mai, de licenciements et de dépôts de bilan".
 
Le plan d'une cinquantaine de pages et d'autant de mesures, intitulé "agir vraiment contre la crise", a été adopté mercredi en fin de matinée par le Bureau national à l'unanimité. L'heure est à la cohésion : le plan doit servir d'argumentaire à la motion de censure lancée contre le gouvernement qui sera débattue mardi 27 janvier, en pleine tempête parlementaire.
 
Voici les premiers éléments de ce plan:
 
Le volume du plan est de "50 milliards d'euros", a annoncé Martine Aubry soit "2,5% du PIB", et  quasiment le double de celui du gouvernement : 26 milliards d'euros mais dont seuls "4 à 5 milliards sont réellement injectés dans l'économie". Le gros des propositions socialistes repose sur des mesures en faveur de la relance du pouvoir d'achat.

500 euros pour 12,4 millions de personnes
 
Originale et inédite en France : la remise immédiate d'un "chèque crise" de 500 euros à tous les bénéficiaires de minimas sociaux et de la prime pour l'emploi, mesure inspirée des propositions de la fondation Terra Nova (proche du PS). Cette mesure concernerait 12,4 millions de personnes. "Cest 1000 euros par famille", a annoncé Martine Aubry faisant allusion aux 1000 dollars que versera Barack Obama aux ménages modestes américains.
 
Coup de pouce au Smic et baisse de la TVA
 
Le PS propose aussi une revalorisation du Smic, mais modérée, de 3% (soit 30 euros), et une baisse d'un point du taux de la TVA de 19,6% à 18,6% (soit plus de 6 milliards d'euros). "Les études montrent que ces mesures profitent aux deux tiers aux consommateurs et à un tiers aux entreprises", a expliqué Martine Aubry. Ce sujet a fait l'objet de longs débats au PS, certains ayant proposé une baisse de TVA sur les seuls produits de première nécessité.
 
Emplois pour l'hôpital et l'éducation
 
Les socialistes prévoient la création de 100.000 emplois aidés supplémentaires. Sur le terrain, "des associations sont obliger de fermer des activités car il leur manque des emplois aidés", s'est justifiée Martine Aubry. Elle a aussi réclamé le gel des plans sociaux dans l'hôpital public et l'éducation nationale et "un plan de modernisation de l'hôpital de 1,4 milliards d'euros" critiquant la récente décision de Nicolas Sarkozy de ne pas donner plus aux hôpitaux en les incitant plutôt à mieux dépenser.
 
Soutien au logement et à l'automobile
 
Le plan prévoit la construction de 300.000 logements sociaux supplémentaires, et des mesures en faveur du secteur automobile.
 
Durcissement des licenciements, suppression des dividendes
 
Le PS prévoit aussi l'encadrement des licenciements boursiers en en renchérissant le coût, et des mesures en faveur de l'investissement des collectivités locales. Martine Aubry a demandé que l'on interdise aux entreprises soutenues par l'Etat de verser des dividendes à leurs actionnaires.
 
Soutien aux banques
 
Pour le PS, l'Etat devrait entrer dans le capital et dans le Conseil d'administration des banques auxquelles il vient d'octroyer 10 milliards d'aides publiques supplémentaires.
 
Le paquet fiscal supprimé
 
Pour le financement de ces mesures, le PS prévoit la suppression de la loi TEPA (paquet fiscal) de 15 milliards d'euros, déjà décriée par la gauche. Il faut au moins"mettre entre parenthèses la loi TEPA (Travail Emploi Pouvoir d'Achat)", a exigé Martine Aubry.

Que pensez-vous des mesures proposées par le parti socialiste ? Réagissez ci-dessous. 

Par Olivier LEVARD avec agences le 21 janvier 2009 à 14:32
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90 Commentaires

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  • Jay78, le 22/01/2009 à 12h26

    Plus on donne d'argent directement aux personnes les plus modestes, plus elles le mettent de cote pour le futur, c'est limite instinctif... Alors donner donner donner ne sert pas a relancer l'économie, mais l'épargne. Merci a Yaya, GRUISSAN, analyse très juste. Ca a marche par le passe dans des pays complètement fermes, mais dans le cas des démocraties occidentales, c'est un fiasco assure.

  • Le fauché, le 22/01/2009 à 11h51

    Si je devais recevoir 500 euros, je les garderais au cas où car ça commence à être la dêche. Par contre, si j'obtenais un emploi mieux rémunéré, là je serais plus heureux !

  • Aravis74, le 22/01/2009 à 11h42

    Toujours les mêmes recettes qui n'ont jamais marché ! Bravo !

  • Bonsens, le 22/01/2009 à 10h36

    Je souligne simplement que la loi TEPA profite en grande partie aux ouvriers (heures supplementaires détaxées) et aux personnes qui achètent un logement (intèrets reversées) il suffirait au P.S. de se rapprocher du peuple des travailleurs pour comprendre cela. A titre personnel mes enfants bénéficient de cette mesure.

  • Sissi, le 22/01/2009 à 08h34

    De toute façons quoi que vous fassiez vous n etes jamais content.on vous donne rien vous ralez et la vous avez la possibilite davoir une petite aide qui n est pas accorder pour une fois qu au rmiste .alors svp taisez vous

  • Le reveur, le 21/01/2009 à 18h48

    Et si la gauche et la droite ne pensait plus uniquement à leur ego , a leur parti mais au peuple francais. Et s'ils se retrouvaient autour d une table dans un esprit constructif en prenant le meilleur des proposition de chaque parti pour agir au moins une fois dans l interet des français. Et si ca n 'est pas pour demain , peut etre un jour... I HAVE A DREAM...

  • Frédéric, le 21/01/2009 à 18h09

    Ce n'est pas recevoir 500? que veulent les gens mais trouver ou conserver un emploi !!! Je suis célibataire et suis matraqué au niveau des impôts alors que je ne perçois de gros salaire ; payer des impôts oui mais à ne pas jeter par les fenêtres ! Les grands projets, une baisse ciblée de la TVA (et non générale), le RSA, la baisse de charges avec contrepartie pour certaines entreprises, l'aide aux secteurs bancaires et automobiles avec contrepartie : OUI ! OUI ! OUI ! Ah ces socialistes !!! distribuer l'argent des autres, ils savent faire !!!

  • Daubas, le 21/01/2009 à 18h08

    500 euros...cela va juste servir a ces gens a s acheter un televiseur lcd ou un ordinateur portable....et apres???

  • Yaya, le 21/01/2009 à 18h04

    Nous savons tous que les plans de relance sont inefficaces en économie ouverte. Le théoricien qui a créé ce type de plan, Keynes, indiquait que pour une économie nationale s'était la meilleure manière de sortir d'une crise en injectant de l'argent sur le marché par le biais d'aides aux ménages et de réalisation par l'état de grands travaux publiques. Cependant il ajoutait que le plan de relance ne pouvait fonctionner qu'en économie fermée, c'est à dire dans une politique nationale protectionniste voire nationaliste. Il estimait par contre qu'une politique de relance en économie ouverte, comme c'est le cas actuellement, était dangereuse et irresponsable. Le PS n'a toujours pas compris les fondements de cette théorie et les risques en économie ouverte qui entraînent un résultat contradictoire à savoir : plus ils donnent de l'argent aux ménages en ponctionnant les entreprises, plus ils font de la France un pays qui s'appauvrit ( délocalisation et chômage ).

  • Jaco, le 21/01/2009 à 18h02

    Et pan voila ,ça fait trente ans que nous faisons partie des payeurs; pour que tous les français en profite en complément de ces mesures: diminués donc tous les impots des particuliers et les charges sur nos petites entreprises.. pourquoi ne pas supprimer la tva sur l 'alimentaire et bloquer leurs prix pour eviter toute spéculation,taxer tous les produits fabriqués en dehors de l' hexagone de façon de faire revenir nos usines et nos emplois; diminuer de 3 à 4 points la tva, la supprimer sur la santé et les biens de premiéres nécessités (comme les loyers et les énergies pour l 'habitat);mais tant que nous aurons des décideurs qui n 'ont jamais vécu avec un smic voir deux nous ne sommes pas prés de sortir de l'auberge.

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