4 décembre - Plan newtonien : Nicolas Sarkozy présente son (premier) plan de relance de l'économie française à Douai. © DR / AFP/ DENIS CHARLET Depuis 18 heures, Nicolas Sarkozy réunit à l'Elysée les principaux dirigeants des banques françaises, en présence de Christine Lagarde. Alors que la polémique grandit depuis la semaine dernière sur les "bonus" des grands patrons de banques, l'Elysée a souligné dans un communiqué que "depuis le mois de septembre, le chef de l'Etat rencontre de manière régulière les principaux groupes bancaires pour faire le point sur la situation économique et son impact sur les institutions financières". Et, mardi en début de soirée, la Société Générale a annoncé que Daniel Bouton et Frédéric Oudéa, respectivement président et directeur général de la banque, avaient renoncé à leurs bonus au titre de l'exercice 2008. Même chose au Crédit Agricole, où, selon une porte-parole, la banque ne versera pas de bonus à son directeur général Georges Pauget pour 2008, alors que le président de la banque, René Carron, n'a pas de part variable dans sa rémunération.
"Il n'y a pas de stratégie alternative. C'est passionnant, c'est une très lourde responsabilité parce qu'en plus, je dois le faire en maintenant la cohésion sociale", a expliqué le président français mardi à Provins (Seine-et-Marne) au sujet de la crise lors d'une table ronde consacrée à la réforme de la carte militaire. "C'est très difficile, c'est pour ça que je verrai les banquiers cet après-midi, j'ai deux ou trois choses à leur dire", a-t-il poursuivi, sous les aplaudissements.
Bonus Malus
Si ces rendez-vous avec les banques sont devenus réguliers, celui de ce mardi intervient en effet dans un contexte alourdi, alors que le chef de l'Etat lui-même a demandé aux dirigeants des banques de suspendre la "part variable" de leurs rémunérations sur les résultats de 2008, en contrepartie du soutien financier que l'Etat leur a apporté. En décembre, les banques avaient déjà pu bénéficier d'une première tranche de prêts de 10,5 milliards d'euros.
Six grandes institutions financières avaient été concernées : Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel, Caisse d'Epargne et Banque Populaire. Et le ministère des Finances a précisé récemment qu'un nouveau prêt de l'Etat de 10,5 milliards d'euros serait disponible d'ici la fin du premier trimestre, ce qui porterait l'aide publique à 21 milliards d'euros. Mais, a déjà promis jeudi le chef de l'Etat, "des contreparties" seront demandées aux banques qui voudront en bénéficier. Mardi, à l'Assemblée, Christine Lagarde a ajouté que les banques qui voudront bénéficier des nouvelles aides de l'Etat devront limiter les dividendes aux actionnaires et renoncer à verser des bonus à leurs dirigeants.
Dès vendredi dernier, les dirigeants de BNP Paribas, Michel Pébereau et Beaudouin Prot, ont fait part de leur décision de renoncer à leur bonus au conseil d'administration de la banque. A l'inverse, les dirigeants du Crédit agricole et de la Société générale avaient laissé entendre ce week-end qu'ils ne renonceraient pas à leur rémunération variable de 2008. Avant d'entamer un revirement...
| La crise creuse les déficits |
L'impact de la crise économique a contraint le gouvernement à réviser à la hausse le déficit public de la France pour 2008 et 2009, qui s'établissent respectivement à 3,2% et 4,4% du PIB, a indiqué mardi le ministre du Budget, Eric Woerth. Le gouvernement prévoyait jusqu'à présent un déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) de 2,9% du PIB en 2008 et 3,9% du PIB cette année. "Pour les années 2010 à 2012, le déficit serait impacté de la même manière qu'en 2009 par les prévisions de recettes", révisées en baisse en raison du ralentissement économique, "soit d'environ 9 milliards d'euros", a ajouté Eric Woerth. Le déficit public s'inscrirait donc à 3,1 points de PIB en 2010, 2,3 points en 2011 et 1,5 point en 2012, a-t-il précisé. Avant cette énième révision rendue nécessaire par l'impact de la crise sur l'économie française, le Premier ministre François Fillon avait reporté à 2014 son engagement à un retour au "déficit zéro", initialement annoncé à Bruxelles pour 2012. |
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