Les banques convoquées ce soir à l'Elysée

le 20 janvier 2009 à 05h45 , mis à jour le 19 janvier 2009 à 16h33

En pleine controverse sur les "bonus" des dirigeants des grandes banques françaises, Nicolas Sarkozy reçoit ces derniers pour "faire le point".

ElyséeLe Palais de l'Elysée/Image d'archives © DR

Le rendez-vous est fixé à 18 heures. Ce soir, Nicolas Sarkozy réunit à l'Elysée les principaux dirigeants des banques françaises, en présence de Christine Lagarde. Alors que la polémique grandit depuis la semaine dernière sur les "bonus" des grands patrons de banques, l'Elysée a souligné dans un communiqué que "depuis le mois de septembre, le chef de l'Etat rencontre de manière régulière les principaux groupes bancaires pour faire le point sur la situation économique et son impact sur les institutions financières".

Reste que, si ces rendez-vous sont devenus réguliers, celui de ce mardi intervient dans un contexte alourdi, alors que le chef de l'Etat lui-même a demandé aux dirigeants des banques de suspendre la "part variable" de leurs rémunérations sur les résultats de 2008, en contrepartie du soutien financier que l'Etat leur a apporté. En décembre, elles avaient déjà pu bénéficier d'une première tranche de prêts de 10,5 milliards d'euros. Six grandes institutions financières avaient été concernées : Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel, Caisse d'Epargne et Banque Populaire. Et le ministère des Finances a précisé récemment qu'un nouveau prêt de l'Etat de 10,5 milliards d'euros serait disponible d'ici la fin du premier trimestre, ce qui porterait l'aide publique à 21 milliards d'euros. Mais, a déjà promis jeudi le chef de l'Etat, "des contreparties" seront demandées aux banques qui voudront en bénéficier. A Bercy, on assure que ces engagements figureront noir sur blanc dans la convention qui sera signée au moment du versement. Et les dirigeants sont invités à donner l'exemple...

"Il y a une question de morale"

Dès vendredi dernier, les dirigeants de BNP Paribas, Michel Pébereau et Beaudouin Prot, ont fait part de leur décision de renoncer à leur bonus au conseil d'administration de la banque. A l'inverse, les dirigeants du Crédit agricole et de la Société générale ont laissé entendre ce week-end qu'ils ne renonceraient pas à leur rémunération variable de 2008. Tollé à l'UMP et au gouvernement : Christine Lagarde a notamment invité les banques à comprendre que "nous avons changé d'époque".

Dans un entretien aux Echos, la ministre de l'Economie a souligné que "le président de la République a été très clair : pour bénéficier d'un nouvel apport de fonds propres, les établissements devront prendre des engagements précis". Priée de dire ce qu'il adviendrait si les banques ne changeaient pas d'attitude, elle a asséné un sec : "Elles devront trouver un autre guichet. Mais je n'en connais pas d'autre. Je suis persuadée qu'elles joueront le jeu". Pour Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, l'exemple donné par BNP Paribas est le bon : "Il y a une question de morale", a-t-il souligné sur LCI. Et même s'il "n'y a pas de moyens législatifs de les contraindre", le porte-parole de l'UMP a menacé de "désigner à l'opinion publique" les dirigeants récalcitrants qui doivent, selon lui, "prendre la responsabilité de rendre des comptes".

Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, a d'ores et déjà tenté d'apaiser la controverse en s'exprimant dans les colonnes du Monde : les conseils d'administration des banques, auxquels il revient de définir les fameux "bonus", prendront des décisions "équilibrées" afin de ne pas aggraver la fracture avec le reste de l'économie, a-t-il assuré.

D'après agence

le 20 janvier 2009 à 05:45
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3 Commentaires

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  • Albert, le 20/01/2009 à 10h45

    Ce qui est incompréhensible, c'est que des patrons de banque qui ont perdu de l'argent (notre argent), puissent encore se voir attribuer des primes colossales. En gros quels que soient les résultats, un patron de grand groupe a son avenir tout tracé...gagner toujours plus.

  • Alain, le 20/01/2009 à 07h56

    Et l'état va pourtant les gaver une deuxième fois ! Grave erreur ! les banques ne relanceront pas la machine. Il faut doper la consommation en donnant les moyens aux consommateurs

  • Jean Louis, le 20/01/2009 à 06h50

    On attend du Gouvernement que, lui aussi, prenne des décisions "equilibrées" vis à vis des banquiers.

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