Conduite de gaz naturel © TF1/LCIL'Europe risque-t-elle de manquer de gaz ?
Gaz : l'UE veut parler d'une seule voix face à la Russie
Face à des pays fournisseurs qui jouent volontiers sur les divisions européennes, les pays de l'UE négocient jusqu'à présent leurs gros contrats énergétiques chacun de leur côté. Bruxelles veut y mettre bon ordre. Au risque de poser problème à beaucoup d'Etats membres.
Publié le 07/09/2011
Pas de modification des tarifs de gaz en octobre
GDF Suez, détenu à 35% par l'Etat, a fait savoir mardi qu'il ne demanderait pas d'évolution des tarifs au 1er octobre et annoncé la mise en place d'un nouveau mode de calcul des tarifs qui devrait être appliqué à partir du 1er janvier 2011.
Publié le 31/08/2010
De l'eau dans le gaz pour les consommateurs
La hausse confirmée du prix du gaz en juillet fait bondit les associations de consommateurs, alors que le nombre de ménages modestes et victimes de coupures de gaz faute de pouvoir payer a décuplé.
Publié le 25/06/2010
La Biélorussie coupe le gaz à l'Europe
Tout comme dans le cas de l'Ukraine, le différend gazier qui oppose la Biélorussie au géant Gazprom menace de toucher les Européens : la Biélorussie a décidé d'interrompre le transit de gaz russe à destination de l'Europe.
Publié le 22/06/2010
5% en plus sur votre facture de gaz ?
Alors que les tarifs ont augmenté de près de 10% en avril, une nouvelle augmentation pourrait avoir lieu en juillet. GDF reste discret.
Publié le 28/05/2010
Vers une hausse du prix du gaz ?
Selon Le Figaro, le gaz devrait augmenter de 9,5% dès le 1er avril. La dernière hausse remonte à 2008.
Publié le 24/03/2010
Les vannes se ferment pour l'Europe
Alors que Gazprom a cessé d'approvisionner l'Ukraine pour cause de mésentente persistante sur le prix du gaz, la pression dans les gazoducs de pays européens est en baisse.
Publié le 02/01/2009
Succès pour Poutine dans sa diplomatie du gaz
Un accord a été conclu entre EDF et le géant Gazprom pour l'entrée du groupe énergétique public français dans le projet russe de gazoduc South Stream.
Publié le 27/11/2009
Poutine, ambassadeur du gaz russe à Paris
Gros contrats en perspective pour la visite du Premier ministre russe : EDF devrait notamment signer un accord avec Gazprom pour entrer dans le projet de gazoduc South Stream.
Publié le 27/11/2009
Personne n'y a intérêt. Ni la Russie, qui veut tout de même se présenter vis-à-vis des Européens comme un partenaire fiable. Ni l'Ukraine, qui regarde plus vers l'Ouest que vers Moscou et se méfie beaucoup de son encombrant voisin. Ni bien sûr l'Europe. Si la crise était purement commerciale et se limitait à des questions de prix et de capacités d'approvisionnement, elle serait déjà réglée depuis longtemps. Mais, quoi qu'en dise la Russie, c'est avant tout une crise politique, faite surtout de gesticulations et d'intimidation. La Russie y trouve le moyen d'afficher son emprise sur une Ukraine qui lui échappe depuis la Révolution orange, et au-delà, de rappeler aux Européens qu'elle doit être considérée comme un partenaire à ne pas négliger et qu'il vaut mieux ne pas froisser. Cette diplomatie du gaz a besoin d'effets visibles et immédiats. D'où le choix de brusquer les discussions avec l'Ukraine en plein mois de décembre. D'où la baisse de pression déjà perceptible dans certains gazoducs européens. Cette baisse est purement technique, puisqu'elle provient d'un litige mineur dans la guerre du gaz entre Kiev et Moscou, portant sur le gaz excédentaire destiné à maintenir la pression dans les tuyaux, et qui n'est pas concrètement livré.
Quelle est la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie ?
L'Europe importe moins des deux-cinquièmes de son gaz de Russie, environ un tiers de l'Algérie, un quart de Norvège, et une faible part provient du Moyen-Orient. Les gisements de la mer du Nord et des Pays-Bas ne produisent qu'une part marginale et décroissante. Une manière de se prémunir des aléas de la conjoncture est de signer des accords longs : les contrats courent facilement sur 20 à 25 ans. Pour les fournisseurs comme le russe Gazprom ou l'algérien Sonatrach, ces accords sont une assurance de retour sur investissement (la construction et l'entretien des infrastructures gazières étant particulièrement coûteux). Pour les acheteurs européens, c'est une assurance d'être livrés sur le long terme. A condition que ces accords soient respectés.
L'Europe s'est-elle préparée aux cas de crise ?
L'Europe a tenté de longue date de stabiliser ses relations avec la Russie dans le domaine de l'énergie. Notamment par le biais d'accords juridiquement contraignants. Une Charte européenne de l'énergie a ainsi été signée en 1991, visant à promouvoir la coopération industrielle est-ouest en prévoyant des garanties juridiques dans des domaines tels que les investissements, le transit et le commerce. En clair : il s'agissait d'assurer la sécurité de l'approvisionnement européen. La Russie ne l'a jamais ratifiée.
Parallèlement, un objectif européen a été de limiter la dépendance vis-à-vis de la Russie. En accroissant par exemple le recours à d'autres pays producteurs (la part du gaz russe dans les importations européennes a ainsi diminué drastiquement, puisqu'elle était de 75% il y a dix ans), en limitant la hausse de la consommation intérieure, ou en développant le recours aux énergies renouvelables. Mais aussi en accroissant la coopération entre pays européens pour limiter les chocs possibles. Une partie de ces objectifs se retrouvent dans le "paquet énergie-climat", et l'âpreté des discussions pour aboutir à un accord sur des objectifs chiffrés (améliorer l'efficacité énergétique de 20%, porter à 20% la part de renouvelable dans la consommation finale d'énergie) prouve assez que la coopération dans ce domaine est balbutiante. Il n'existe pas non plus de marché européen intégré - les grands groupes gaziers s'y sont notamment montrés hostiles, préférant conserver chacun leur pré carré. Par précaution toutefois, les divers pays européens ont mis en place des stocks de gaz. En France, GDF, seul opérateur de stockage de gaz, est tenu de mettre de côté l'équivalent de 3 mois et demi de consommation et gère 12 sites de stockage.
Où peut-on stocker du gaz en quantité suffisante ?
S'il fallait tout stocker dans des cuves ou des réservoirs, ils seraient gigantesques ! On utilise essentiellement des lieux naturels suffisamment vastes :
- nappes aquifères : il s'agit d'injecter du gaz dans des roches souterraines poreuses, pour fabriquer l'équivalent d'un gisement naturel.
- cavités salines : il s'agit de "lessiver" une couche de roche sédimentaire comportant un fort taux de chlorure de sodium (l'équivalent du sel de table) en y injectant de l'eau. L'eau dissout le sel et crée une caverne souterraine permettant de stocker du gaz.
- anciens gisements : une fois épuisés, ils peuvent être reconvertis en réservoirs naturels.
- gaz naturel liquéfié (GNL) : certains pays producteurs, comme le Royaume-Uni, liquéfient durant l'été une partie de leur production, qui est alors stockée sous forme de GNL en prévision des pics de consommation. A noter aussi que les terminaux méthaniers disposent de cuves de stockage destinées à contenir le GNL qui doit être regazéifié avant utilisation. Ces cuves à usage technique peuvent être comptabilisées comme une annexe des capacités de stockage, dans certains pays où ces capacités sont limitées, comme en Espagne.
Quel est l'état des stocks en Europe ?
Très variable selon les pays. Donc difficile à évaluer sur l'ensemble de l'Europe. Les évaluations les plus pessimistes tablent sur l'équivalent de quelques jours de consommation, les plus optimistes sur quelques semaines. Tout dépend du milieu naturel et de l'état du marché intérieur. La France a des capacités de stockage importantes et qui pourraient être développées le cas échéant. Elle avait en stock en 2006 plus de 22% de sa demande annuelle. Cas similaire pour l'Allemagne, l'Autriche ou encore l'Italie. Mais la plupart des pays européens stockent moins de 5% de leur consommation annuelle. Certains, qui sont également producteurs, peuvent solliciter de manière accrue leurs propres sites de production en cas de besoin, une pratique appelée "swing de production". C'est le cas des Pays-Bas, du Royaume-Uni ou encore du Danemark. Enfin, les pics de consommation diffèrent beaucoup : en France, la consommation est multipliée par 6 l'hiver par rapport à l'été. En Italie, ce rapport est seulement de 1 à 2,5.
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