La chasse aux bonus continue

Par , le 21 janvier 2009 à 11h14 , mis à jour le 21 janvier 2009 à 13h23

Après les grands dirigeants des banques, ceux de l'automobile sont sommés de renoncer à leur bonus. Le gouvernement poursuit une séquence qui lui profite.

[Expiré] ombres personnages salaires entreprises salariés employés employeurs silhouettes population patrons © sxc.hu

Après la traque des parachutes dorés, la chasse au bonus est en vogue au gouvernement. Après les patrons des banques, ceux de l'automobile reçoivent ce mercredi une attention dont ils se seraient bien passés. Interrogée mercredi sur RTL, Christine Lagarde a jugé "insensé" qu'avec le soutien financier de l'Etat les dirigeants des constructeurs automobiles puissent se verser des "superbonus". "Je pense qu'ils auront un sens suffisant de la responsabilité pour prendre eux-mêmes ces mesures", a ajouté la ministre de l'Economie .
 
La posture a un double avantage. D'abord, elle ne coûte rien à l'Etat, ce qui n'est pas négligeable en temps de flambée du déficit. Ensuite, elle adresse à l'opinion publique le message qu'en temps de crise chacun doit se serrer la ceinture, ce qui est bienvenu en ces temps de moralisation affichée du capitalisme financier.
 
Séquence réussie
 
Christine Lagarde s'est d'ailleurs félicitée que les dirigeants des principales banques françaises aient cédé mardi à l'injonction de Nicolas Sarkozy pour pouvoir bénéficier d'une nouvelle aide publique de l'Etat de 10,5 milliards d'euros. "On leur a demandé de renoncer à leur bonus ce qui nous paraissait parfaitement légitime dans une période où d'autres souffrent", a souligné la ministre de l'économie.
 
Et Nicolas Sarkozy ne s'y est pas trompé. Il s'est lui aussi réjoui mardi soir de l'engagement pris par les dirigeants des principales banques de renoncer à la part variable de leurs rémunérations, pour l'année 2008, à l'issue d'une réunion à l'Elysée avec sept d'entre eux. Le président de la République peut être doublement heureux : la séquence médiatique est réussie. Ce matin, le Parisien affiche en  Une "Sarkozy fait plier les banques" et développe le titre sur ses deux premières pages. De bon ton, alors que l'opinion publique avait tiqué sur le plan de soutien aux établissements financiers.
 
Pour défendre les patrons, il ne reste guère que la présidente du Medef qui ne critique, à demi-mot, que la forme. Laurence Parisot, a jugé mercredi que le renoncement des patrons de banques à leurs bonus après la pression de l'Elysée était un "geste de solidarité", tout en estimant que "le rappel à l'ordre n'était pas forcément nécessaire".
 
Parisot "pas au courant"
 
Interrogée pour savoir si elle jugeait insensé, comme Christine Lagarde, que les patrons de l'automobile puissent se verser des "superbonus", la présidente du Medef a affirmé ne pas être au courant de tels bonus. "Il y a deux choses: le comportement éthique que chacun doit avoir et j'appelle de mes voeux tous les acteurs économiques et sociaux à avoir des comportements responsables et solidaires", a commencé Laurence Parisot.  La "deuxième chose", c'est "que vous pouvez supprimer tous les bonus, ce n'est pas ça qui va résoudre la crise", a-t-elle jugé, "ce qui m'intéresse, c'est comment en restructurant la filière automobile, on va inventer le nouveau véhicule de demain".
 
Interrogée pour savoir si elle comprenait le président de PSA Peugeot Citroën, Christian Streiff, qui a jugé irresponsable de s'engager à ne pas fermer d'usines, Laurence Parisot a estimé qu'il avait "tout à fait raison".  François Fillon avait conditionné mardi l'aide de l'Etat en faveur des constructeurs français Peugeot Citroën et Renault au maintien de l'emploi en France.

Par Olivier Levard le 21 janvier 2009 à 11:14
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15 Commentaires

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  • Pepeal, le 21/01/2009 à 13h28

    A quant une reduction des salaires des politique c'est bien de penser aux autres mais mieux a soit meme

  • Flo95350, le 21/01/2009 à 13h23

    Cela me fait bien rire !!! Car l'aide proposée aux banques et au secteur automobile, ce sont nous (les français) qui allont payé la note !!! C'est dingue de devoir payer pour esperer garder son emploi !! Avant de faire des déclaration sur la solidarité en temps de crise, Mme Lagarde devrait bien réfléchir avant de parler, car selon elle les français doivent être solidaire, donc on doit supprimer certains avvantages (retraite des regimes spéciaux, etc ...) mais par contre la retraite des députés, on y touche pas, travaillé 6 ans en tant que député et avoir une retraite de 1800 euros, c'est vrai que c'est tout a fait normal !!! J'adore la définition de la solidarité donné par Sarkozy et son UMP !!

  • Trodrole, le 21/01/2009 à 13h12

    De toutes façons ils vont récupérés leurs bonus fin 2009 en faisant une petite .frmultiplication par 2 c'est tout simple

  • Fred, le 21/01/2009 à 12h58

    Je comprends ceux qui veulent que Sarkozy baisse son salaire, mais arretez la mauvaise foi. Pour les bonus on parle de millions d'euros...

  • Erwan, le 21/01/2009 à 12h52

    Oui en effet sarkozy devrait donner l'exemple, en commençant par lever le voile voir le mur sur la non transparence des comptes publics! Sans parler des droits assedic,par exemple,des députés simplement hallucinants etc....alors les patrons oui bien sur mais nos dirigeants encore plus....

  • Gilles, le 21/01/2009 à 12h51

    @ Bob ,venir parler du salaire de Sarko est ridicule .à 17.500 euros par mois et il trés en dessous de ce que gagnent les patrons français ; exemple Gosh gagne 3 millions d'euros par an sans compter les bonus .C'est plutot de ce coté là qu'il faut se pencher !

  • JGH, le 21/01/2009 à 12h35

    L'état est en faillite, la bourse en chute libre, le bâtiment et l'industrie automobile sont en crise, les entreprises au bord du gouffre, le chômage en hausse vertigineuse et le pouvoir d'achat des Français en berne et , hélas, l'unique préoccupation du président de la république et du gouvernement reste, actuellement, l'avenir donnée aux primes et rétributions des grands patrons...

  • Alain, le 21/01/2009 à 12h23

    MAIS AU FAIT ..... QUAND LES MINISTRES ET LES PARLEMENTAIRES SURTOUT RENONCERONT-ILS A LEURS AVANTAGES EXHORBITANTS !..... CELA LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE NE LEUR DEMANDE PAS ET POURQUOI ?

  • Bob, le 21/01/2009 à 12h19

    Et si Sarko commençait par donner l'exemple, et restituait l'augmentation de salaire de 175% qu'il s'est auto-accordée???

  • Pharaonik, le 21/01/2009 à 12h14

    Faire la chasse aux bonus c'est une première étape. Il faudrait aussi imposer à ces banquiers et dirigeants du secteur automobile de ne pas délocaliser les emplois. Ensuite à l'ensemble des firmes françaises, il va falloir baisser les prix des produits français pour inciter les gens à consommer. Si nous voulons rentrer dans un cercle vertueux.

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