Fromage de Roquefort © TF1/LCIJeudi dernier, le département américain du Commerce annonçait sa décision de tripler les droits de douane sur le roquefort à partir du 23 mars. Une décision prise en représailles au refus persistant de l'Union européenne d'importer du boeuf américain aux hormones. Washington a en outre porté plainte contre l'Union européenne devant l'OMC pour obtenir l'autorisation de la commercialisation de sa volaille désinfectée au chlore sur le marché européen. La mesure visant le roquefort est avant tout symbolique, puisque les exportations vers les Etats-Unis représentent 400 tonnes, soit 2% à peine de la production. Elle n'en risque pas moins de fragiliser la filière, selon les producteurs et les industriels.
Désormais, la contre-offensive s'organise en France. Paris va "introduire avec la Commission européenne un contentieux devant l'Organisation mondiale du commerce", a déclaré mardi le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, devant l'Assemblée nationale. "L'Europe tient à son modèle alimentaire (...) fondé sur une exigence de sécurité sanitaire totalement rigoureuse vis-à-vis des consommateurs". Il a aussi annoncé qu'il rencontrerait le 9 février prochain son nouvel homologue américain, Tom Vilsack. Au cours de la cérémonie des voeux qui s'était tenue un peu plus tôt dans l'après-midi au ministère de l'Agriculture, il avait assuré que la décision américaine ne modifierait pas non plus la position européenne sur son refus d'importer les poulets américains désinfectés au chlore.
Symbole contre symbole
Au-delà de ces mesures de représailles attendues, d'autres propositions émergent, plus originales. Le député Nouveau Centre du Tarn, Philippe Folliot, a ainsi proposé de répliquer... sur le thème du Coca-Cola. "Je trouve particulièrement choquant que l'administration Bush, à la veille de la passation des pouvoirs, prenne une telle mesure qui prend en otage une fois de plus le roquefort, en représailles au maintien par l'Union européenne de l'interdiction du boeuf aux hormones produit aux Etats-Unis", a-t-il lancé mardi à l'Assemblée. "Symbole contre symbole, puisque les Etats-Unis ont décidé de surtaxer une des plus anciennes AOC, je pense que le gouvernement français, avec l'Union européenne, doivent réfléchir par exemple à une forte taxation spécifique sur l'importation des concentrés de Coca-Cola produits aux Etats-Unis".
Le député du Tarn a adressé une lettre en ce sens à Barack Obama. "Député d'une partie du territoire où est produit le roquefort, je vous demande de revenir sur cette mesure qui stigmatise inutilement une filière de production très fragile", a-t-il écrit au président des Etats-Unis. Vendredi déjà, le président PS de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, avait envoyé au président américain un coffret prestige de roquefort en cadeau pour son investiture.
Mais le roquefort n'est pas le seul concerné par les sanctions américaines. Les Etats-Unis ont annoncé de manière plus générale leur décision de durcir une liste des produits de l'UE sujets à des droits de douanes supplémentaires. La liste mise à jour recense toutes sortes de denrées dont les droits de douane s'élèveront désormais à 100%: des viandes, des fruits et légumes, des champignons, des céréales, des chewing-gums, du chocolat, des châtaignes, des jus de fruits, des eaux minérales et des graisses.
D'après agence
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