Sarkozy sermonne SUD-rail... et les patrons

Par , le 15 janvier 2009 à 14h15 , mis à jour le 22 janvier 2009 à 14h57

Lors de ses voeux, le président de la République est revenu sur la fermeture de la gare Saint-Lazare, pointant SUD-Rail, et la polémique sur les parachutes dorés.

Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy, lors de ses voeux aux forces économiques, le 15 janvier 2009 © TF1-LCI

 
Sarkozy s'en prend à Sud-Rail

Nicolas Sarkozy s'est défendu de trop lire les journaux "pour garder le moral", mais ses vœux aux forces économiques jeudi à Vesoul ont eu parfois des airs de revue de presse. Musclée. Au sujet du conflit à la SNCF qui a paralysé la gare Saint-Lazare, il a ainsi qualifié Sud-rail d'organisation syndicale "irresponsable" à quatre reprises affirmant que le syndicat  "casse le service public".  "La loi s'applique à tout le monde, y compris ceux qui appartiennent à Sud", a déclaré le chef de l'Etat se déclarant "choqué de voir les images de gens qui n'y étaient pour rien pris en otage" par la grève mardi.

"Il est surprenant et je dirais même scandaleux qu'un président de la République puisse tenir des propos qui sont calomnieux vis-à-vis de notre organisation", a estimé Alain Cambi, responsable Sud Rail. "Que ce soit François Chérèque (secrétaire général de la CFDT), que ce soit Guillaume Pepy (président de la SNCF), le président de la République ou une bonne partie de la presse, on sent une campagne de diffamation qui cherche à donner une image de nous qui n'est absolument pas la nôtre". "On a le sentiment que Sud Rail est une organisation syndicale dont le seul objectif serait de faire grève, ce qui n'est bien sûr pas du tout le cas", a encore affirmé alain Cambi.

Le Parti socialiste considère de son côté Nicolas Sarkozy et le gouvernement "comme premiers responsables de la tension et de la dégradation du dialogue social" à la SNCF. Razzy Hammadi, secrétaire national du PS aux services publics, juge, que Nicolas Sarkozy a choisi "la défiance comme voix de réforme, l'unique rapport de force comme mode de négociation et la remise en cause des droits syndicaux notamment par l'instauration du service minimum comme cadre du dialogue social".

 
Ultimatum aux patrons
  
Auc cours de ses voeux, le président de la République avait également élevé la voix contre les patrons alors que la polémique sur les parachutes dorés est repartie ces derniers jours, une étude révélant que les grandes entreprises n'avaient pas changé leurs pratiques.

"Je demande aux banques de prendre de nouvelles initiatives" et de "suspendre en 2009 la part variable des rémunérations de leurs dirigeants sur les résultats de 2008", a lancé Nicolas Sarkozy lors d'un discours de voeux aux "forces économiques", estimant que "c'est bien la moindre des choses". Le président a annoncé qu'il avait chargé sa ministre de l'Economie, Christine Lagarde, "d'étudier les conditions" d'une nouvelle "intervention de l'Etat" pour soutenir les banques françaises. Une "intervention assortie de trois nouvelles contreparties", sur le financement de projets précis, sur les dividendes versés aux actionnaires et en matière de rémunérations des dirigeants. Le chef de l'Etat a ainsi menacé de légiférer si les recommandations du Medef et de l'Association française des entreprises privées (Afep) encadrant les rémunérations des patrons n'étaient pas appliquées "à la fin du premier trimestre".
 
Constant que la fourniture de volumes de financements suffisants à l'économie "reste un problème", il a annoncé en outre qu'Oseo serait doté de moyens supplémentaires pour porter de 70% à 90% sa garantie sur les prêts aux PME.
 
"Beaucoup d'argent" pour l'automobile
 
L'Etat "va mobiliser beaucoup d'argent" pour le secteur automobile, mais veut que les constructeurs "localisent les emplois en France", avait déclaré plus tôt Nicolas Sarkozy. "Les constructeurs automobiles ne sont pas seuls, l'Etat est totalement  derrière eux. On vous aidera de toutes nos forces, mais on se battra aussi pour  que des sites qui représentent l'identité française soient préservés", a-t-il dit lors d'une allocution devant des salariés d'une usine PSA à Vesoul. "Après les états généraux (de l'automobile qui se tiennent mardi prochain) on annoncera très rapidement des mesures structurelles pour garder nos usines", a-t-il précisé lors d'un entretien avec des syndicats du site.
 
"Qu'on délocalise pour gagner un nouveau marché au Brésil (...) je le comprends parfaitement mais qu'on fasse fabriquer ailleurs qu'en France des voitures qu'on vend ensuite en France, c'est plus difficile à accepter", a-t-il lancé en regardant Christian Streiff, président du groupe PSA. "On va avoir des discussions", a ajouté le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy était accompagné lors de ce déplacement par les ministres de l'Economie Christine Lagarde, de la Relance Patrick Devedjian, du Budget Eric Woerth et le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel.

Saint-Lazare : finalement ce sera - 40%

Au lendemain de la mise au point de son patron (lire notre article) et de la promesse d'une indemnisation allant de 30 à 50 euros, la SNCF a annoncé jeudi qu'elle allait réduire en février de 40% le prix des abonnements pour les voyageurs des lignes L, A (partie SNCF) et J, étendant ainsi les mesures de dédommagements qu'elle avait initialement proposé aux usagers pénalisés par les mouvements de grèves à Saint-Lazare depuis un mois. Cette réduction sera pratiquée sur le prix des abonnements mensuels achetés dans les gares des lignes concernées à partir de la zone 3 (à l'exception des gares de La Défense et Nanterre U, cogérées avec la RATP), précise la SNCF, ajoutant qu'elle sera aussi appliquée pour les abonnements annuels Intégrale et imagine R étudiants achetés avant la mi-janvier. Le prix du forfait Orange, qui va de 72,9 euros pour 3 zones à 122,1 euros pour 6 zones, sera ainsi réduit de 30 à 50 euros selon les zones, fait valoir le groupe. En revanche, les voyageurs des zones 1 et 2, et ceux qui n'ont pas d'abonnement, ne bénéficient pas de ces mesures.

Par Olivier Levard le 15 janvier 2009 à 14:15
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8 Commentaires

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  • Jean-Piere, le 15/01/2009 à 16h13

    Au moins le Président dit tout haut ce qu'une majorité de français pense tout bas: -certains syndicats représentant ceux qui , dans des Sociétés Etatisées comme la SNCF, sont les privilégiés de 2009 avec des salaires convenables, un temps de travail hebdomadaire effctif très inférieur aux sacrosaintes 35 heures, ne risquant aucun licenciement même pour faute professionnelle (que d'exemples à citer)et devenus( ces syndicats) des professionnels de la prise d'otages... - Quant aux parachutes dorés et autres boni de fin d'année, il faut légiférer et vite. Il faut que les scandales cessent, en l'occurence des rémunérations et primes honteuses attribuées à des patrons qui n'étant pas actionnaires ne sont que des cadres de luxe qui ne risquent pas une mise de fond et non des entrepreneurs qui se battent journellement pour sauver leur entreprise. - Quant aux délocalisations il faut les soumettre à autorisation administrative, même si Bruxelles bloque. Et puis quelle a été la contribution de Bruxelles justement dans l'effort financier global pou combattre la crise??....

  • Maxime, le 15/01/2009 à 16h09

    Baisser les taxes sur les vehicules neufs, ca fera baisser les prix et les gens qui doivent changer de voiture changeront plus vite. Maintenant faut quand meme pas non plus croire que les gens vont changer de voiture par gout, il y a un faible % de la population qui aime et change regulierement, mais la majorite garde sa voiture le plus longtemps possible, c'est un facteur a prendre en compte quand on voit les dizaines de modele par gamme de voiture qui sort chaque annee. On va pas faire un credit PARCE QUE les societes de voitures sont en crise! De plus faire un pret voiture revient tres cher! Les taux tournent a 5 voir 6 voir sur les sites des constructeurs 8,9%!!!!

  • Gaucho, le 15/01/2009 à 15h58

    Qui casse le service public sinon l'état actionnaire avec son credo de développer la concurrence !! il suffit de voir EDF (tarifs en hausse et disparition des guichets) et les autres qui finissent toujours par se mettre d'accord pour tout augmenter ! Maintenant la SNCF : comment justifier une hausse de 3,5% en pleine crise quand il y a toujours moins de services : pas de flexibilité pour prendre son train, billet non remboursé si vous le ratez, queues infinies pour l'accès aux guichets, catenaires qui lachent, etc, etc.... Aussi un "otage" comme dit ce VRP de SARKO, c'est quelqu'un qui a un pistolet sur la tempe et qui est séquestré. Enfin, jusqu'à preuve du contraire s'il y a un "service public" comme il dit, c'est qu'à un moment il y a des gens qui se sont battus pour perenniser leur profession et avoir la maîtrise de leur métier... C'est comme ça, rien n'est jamais définitivement acquis et il faut sans cesse le rappeler surtout avec un gouvernement de patrons de PME. Et si les gens ne sont pas contents ils n'ont qu'à habiter à côté de leur boulot ou avoir un plan B !! Et s'ils n'ont pas les moyens ils ont qu'à se mettre en grève...

  • Dominique, le 15/01/2009 à 15h52

    Bonjour toujours de l argent pour les patrons,et toujours de l argent ,ça fait des années que ça dure,ce n est pour autant que nous,ouvriers nous en profitons,mon pouvoir d achat va baisser de 20%pour l année 2009,ça peut vous paraitre enorme et pourtant c'est la realite, A QUI PROFITE LA RECETION?????

  • Morin, le 15/01/2009 à 15h44

    Normal qu'il sermonne SUD c'est a l'heure actuelle sans doute le seul syndicat " ouvrier" le seul ou il n'a pas réussi a mettre la main dessus

  • PATRICK, le 15/01/2009 à 15h44

    TOUT se fabrique à l'étranger en matière d'automobile, toutes les marques ont fait ce choix pour plus de bénéfices, qu'on revoit le prix à la baisse et le secteur va rebondir ! plus besoin de l'agent du contribuable pour sauver ce secteur !

  • Papou, le 15/01/2009 à 15h41

    Et blabla et blaba, comme toujours.....comment peut on empécher les délocalisations? Après avoir perçu son enveloppe Renault va t'il réembaucher les 1000 cols blancs dont il vient de se séparer? A surveiller, Mme Lagarde veille, elle qui vient de se reveiller et Monsieur le Président arrêté de donner des leçons et liser la presse d'en bas, ne soyez plus l'otage des grands patrons eux ils resteront vous les électeurs vont vous juger.......représentez tous les français. merci

  • Jhonny, le 15/01/2009 à 15h37

    Eten un ancien chenino si les gouvernnement suscesif navait pa surprimer des centaine de poste a la SNCF LES CHEMINOS IL YAURAI MOIN DE GREVE CAR IL ET INPENSENBLE DE VOIR DANS LES TRANSPORS

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