Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux aux forces économiques, le 15 janvier 2009 © TF1-LCINicolas Sarkozy s'est défendu de trop lire les journaux "pour garder le moral", mais ses vœux aux forces économiques jeudi à Vesoul ont eu parfois des airs de revue de presse. Musclée. Au sujet du conflit à la SNCF qui a paralysé la gare Saint-Lazare, il a ainsi qualifié Sud-rail d'organisation syndicale "irresponsable" à quatre reprises affirmant que le syndicat "casse le service public". "La loi s'applique à tout le monde, y compris ceux qui appartiennent à Sud", a déclaré le chef de l'Etat se déclarant "choqué de voir les images de gens qui n'y étaient pour rien pris en otage" par la grève mardi.
"Il est surprenant et je dirais même scandaleux qu'un président de la République puisse tenir des propos qui sont calomnieux vis-à-vis de notre organisation", a estimé Alain Cambi, responsable Sud Rail. "Que ce soit François Chérèque (secrétaire général de la CFDT), que ce soit Guillaume Pepy (président de la SNCF), le président de la République ou une bonne partie de la presse, on sent une campagne de diffamation qui cherche à donner une image de nous qui n'est absolument pas la nôtre". "On a le sentiment que Sud Rail est une organisation syndicale dont le seul objectif serait de faire grève, ce qui n'est bien sûr pas du tout le cas", a encore affirmé alain Cambi.
Le Parti socialiste considère de son côté Nicolas Sarkozy et le gouvernement "comme premiers responsables de la tension et de la dégradation du dialogue social" à la SNCF. Razzy Hammadi, secrétaire national du PS aux services publics, juge, que Nicolas Sarkozy a choisi "la défiance comme voix de réforme, l'unique rapport de force comme mode de négociation et la remise en cause des droits syndicaux notamment par l'instauration du service minimum comme cadre du dialogue social".
Ultimatum aux patrons
Auc cours de ses voeux, le président de la République avait également élevé la voix contre les patrons alors que la polémique sur les parachutes dorés est repartie ces derniers jours, une étude révélant que les grandes entreprises n'avaient pas changé leurs pratiques.
"Je demande aux banques de prendre de nouvelles initiatives" et de "suspendre en 2009 la part variable des rémunérations de leurs dirigeants sur les résultats de 2008", a lancé Nicolas Sarkozy lors d'un discours de voeux aux "forces économiques", estimant que "c'est bien la moindre des choses". Le président a annoncé qu'il avait chargé sa ministre de l'Economie, Christine Lagarde, "d'étudier les conditions" d'une nouvelle "intervention de l'Etat" pour soutenir les banques françaises. Une "intervention assortie de trois nouvelles contreparties", sur le financement de projets précis, sur les dividendes versés aux actionnaires et en matière de rémunérations des dirigeants. Le chef de l'Etat a ainsi menacé de légiférer si les recommandations du Medef et de l'Association française des entreprises privées (Afep) encadrant les rémunérations des patrons n'étaient pas appliquées "à la fin du premier trimestre".
Constant que la fourniture de volumes de financements suffisants à l'économie "reste un problème", il a annoncé en outre qu'Oseo serait doté de moyens supplémentaires pour porter de 70% à 90% sa garantie sur les prêts aux PME.
"Beaucoup d'argent" pour l'automobile
L'Etat "va mobiliser beaucoup d'argent" pour le secteur automobile, mais veut que les constructeurs "localisent les emplois en France", avait déclaré plus tôt Nicolas Sarkozy. "Les constructeurs automobiles ne sont pas seuls, l'Etat est totalement derrière eux. On vous aidera de toutes nos forces, mais on se battra aussi pour que des sites qui représentent l'identité française soient préservés", a-t-il dit lors d'une allocution devant des salariés d'une usine PSA à Vesoul. "Après les états généraux (de l'automobile qui se tiennent mardi prochain) on annoncera très rapidement des mesures structurelles pour garder nos usines", a-t-il précisé lors d'un entretien avec des syndicats du site.
"Qu'on délocalise pour gagner un nouveau marché au Brésil (...) je le comprends parfaitement mais qu'on fasse fabriquer ailleurs qu'en France des voitures qu'on vend ensuite en France, c'est plus difficile à accepter", a-t-il lancé en regardant Christian Streiff, président du groupe PSA. "On va avoir des discussions", a ajouté le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy était accompagné lors de ce déplacement par les ministres de l'Economie Christine Lagarde, de la Relance Patrick Devedjian, du Budget Eric Woerth et le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel.
| Saint-Lazare : finalement ce sera - 40% |
Au lendemain de la mise au point de son patron (lire notre article) et de la promesse d'une indemnisation allant de 30 à 50 euros, la SNCF a annoncé jeudi qu'elle allait réduire en février de 40% le prix des abonnements pour les voyageurs des lignes L, A (partie SNCF) et J, étendant ainsi les mesures de dédommagements qu'elle avait initialement proposé aux usagers pénalisés par les mouvements de grèves à Saint-Lazare depuis un mois. Cette réduction sera pratiquée sur le prix des abonnements mensuels achetés dans les gares des lignes concernées à partir de la zone 3 (à l'exception des gares de La Défense et Nanterre U, cogérées avec la RATP), précise la SNCF, ajoutant qu'elle sera aussi appliquée pour les abonnements annuels Intégrale et imagine R étudiants achetés avant la mi-janvier. Le prix du forfait Orange, qui va de 72,9 euros pour 3 zones à 122,1 euros pour 6 zones, sera ainsi réduit de 30 à 50 euros selon les zones, fait valoir le groupe. En revanche, les voyageurs des zones 1 et 2, et ceux qui n'ont pas d'abonnement, ne bénéficient pas de ces mesures. |
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