© TF1-LCIL'Etat français va mobiliser une somme de cinq milliards d'euros pour soutenir les ventes d'Airbus alors que l'aéronautique civile est menacée par la crise du crédit, comme le secteur de l'automobile, a confirmé dimanche soir une source gouvernementale sur une information des Echos. "Il y a bien un projet de prêter 5 milliards d'euros aux banques pour financer les contrats Airbus", selon l'entourage du cabinet du ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Selon Les Echos, l'objectif de ce plan de soutien est de "trouver des crédits relais pour empêcher les compagnies aériennes de se désister en invoquant la difficulté à lever des fonds". En moyenne, précise le journal, 40% du financement d'un avion provient des banques. "Pour aider ses clients à honorer leurs engagements d'achat vis-à-vis d'Airbus, le gouvernement prévoit d'injecter prochainement cinq milliards d'euros dans le circuit bancaire par le canal de la Société de financement de l'économie française (SFEF)", ajoute le quotidien économique. Le journal cite les banques Calyon, la Société Générale ou encore BNP Paribas.
Louis Gallois se félicite, l'UE fronce les sourcils
Cette initiative a d'ores et déjà été jugée "très utile" par Louis Gallois, le président exécutif d'EADS, qui a souhaité que l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne "s'inspirent" de ce plan. Si dans les deux premiers pays, c'est pour l'instant le silence radio, à Madrid, le ministère de l'Industrie s'est déclaré "surpris" de l'initiative française, ajoutant simplement qu'il ne s'était "pas penché sur le sujet". De son côté, Jonathan Todd, porte-parole de la Commission européenne pour les questions de concurrence, a demandé à Paris "des éclaircissements" sur ces mesures de soutien. Celles-ci ne constituent pas une aide directe de l'Etat, a-t-on assuré au secrétariat d'Etat au Commerce extérieur, faisant valoir que le gouvernement "ne donne pas directement d'argent à Airbus".
Annonçant il y a dix jours une nouvelle hausse de ses livraisons en 2008, une performance record, Airbus a reconnu que l'exercice 2009 serait plus difficile avec la perspective d'une diminution des commandes (voir la vidéo) et la gestion complexe du programme militaire A400M. "Nous visons 300 à 400 commandes brutes cette année (contre 900 en 2008, ndlr)", a prédit John Leahy, directeur commercial du constructeur aéronautique.
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