5 milliards pour renflouer les réservoirs d'Opel ?

le 28 février 2009 à 14h21 , mis à jour le 28 février 2009 à 14h26

L'Etat allemand serait prêt à accorder jusqu'à 5 milliards d'euros à Opel dans le cadre d'un plan de sauvetage solide, assure le Leipziger Volkszeitung.

Véhicule Opel au Salon de l'Automobile (image d'archives)Véhicule Opel au Salon de l'Automobile (image d'archives) © TF1/LCI

Qu'est prêt à faire l'Etat allemand pour sauver Opel ? S'il faut en croire le Leipziger Volkszeitung, qui cite des sources proches du gouvernement, il serait disposé à apporter jusqu'à 5 milliards d'euros au constructeur automobile. Cette aide pourrait prendre la forme de garanties publiques et de crédits, et en recours ultime d'une participation "temporaire" allant jusqu'à 20% du capital par le biais des quatre Etats régionaux où sont localisées des usines Opel. A la condition toutefois qu'un plan de sauvetage solide soit mis sur les rails. Or celui présenté vendredi par General Motors est jugé non viable par Berlin qui n'entend pas "agir sur cette base", affirme le journal.

Selon un membre du gouvernement cité anonymement par le Leipziger Volkszeitung, le plan de GM est "une plaisanterie grâce à laquelle General Motors espère décrocher de l'argent public" et "il n'y aura en aucun cas un sauvetage par l'Etat à tout prix". Un commentaire qui semble sans appel du projet de sauvetage dont General Motors a présenté vendredi les grands axes. GM prévoit une autonomie accrue pour Opel, qui emploie près de 26.000 personnes en Allemagne et a besoin, pour survivre, de 3,3 milliards d'euros des pouvoirs publics, de 3 milliards de GM et de réaliser seul environ 1 milliard d'économies.

Bruxelles ne versera "pas un euro" pour l'automobile européenne

"Nous nous réjouirions tous qu'Opel reste sur le marché" mais la question n'est pas "de s'accrocher à un concept romantique par pure nostalgie" : il faut voir "si nous trouvons une structure d'entreprise solide", a déclaré le ministre de l'Economie Karl-Theodor zu Guttenberg au journal Bild am Sonntag. Le commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen a pour sa part mis en garde contre l'octroi d'aides publiques à l'automobile, dans le quotidien Tagesspiegel : "des responsables politiques de tous bords en Allemagne se complaisent dans le rôle du chevalier blanc avec l'argent du contribuable. Ils doivent pourtant savoir que face à la situation financière, ils peuvent très vite devenir de très pauvres chevaliers".

Dans le Hannoversche Allegemeine Zeitung, le même Günter Verheugen a souligné que la chute d'un groupe industriel, contrairement à celle d'un groupe bancaire "ne peut pas déclencher de réaction en chaîne catastrophique". Aussi, "en ce sens, Opel n'est pas pertinent pour le système, ni Porsche, ni Daimler. Et pas même Volkswagen". Des propos durs pour l'industrie automobile allemande, frappée de plein fouet par la crise et dont des pans entiers menacent de sombrer, entraînant des milliers d'emplois dans leur chute. Précisément, signal d'alarme pour le moins évocateur, Volkswagen compte supprimer d'ici la fin 2009 tous ses emplois intérimaires, qui étaient au nombre de 16.500 fin 2008, a annoncé ce week-end son PDG Martin Winterkorn dans une interview au magazine Der Spiegel.

Mais même s'il y a le feu dans le secteur automobile, non seulement en Allemagne, mais partout en Europe, pour Günter Verheugen, la Commission européenne n'a "pas un euro" à mettre dans un plan européen sur l'automobile. "Si le président Sarkozy pouvait me dire où il voit des moyens disponibles dans le budget communautaire que nous pourrions injecter dans l'industrie automobile, je lui en serais très reconnaissant".

D'après agences

le 28 février 2009 à 14:21
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