Eric Woerth, ministre du Budget et des Comptes, à l'Assemblée nationale le 15 juillet 2008 © TF1/LCIC'est bien au-delà des 3% imposés par l'UE. Le déficit public est dans le rouge, on le savait. Mais cela va empirer. Il "dépassera forcément 4,4% du produit intérieur brut en 2009", taux prévu initialement par le gouvernement (qui correspondait à 86 milliards d'euros), a indiqué mardi le ministre du Budget Eric Woerth dans un entretien sur le site de Capital. En 2008, le déficit avait déjà atteint 3,2% du PI, bondissant à plus de 56 milliards d'euros, contre 34,7 milliards fin 2007 (38,4 milliards hors participations financières de l'Etat).
La prévision d'un déficit à 4,4% reposait sur l'hypothèse d'une croissance de l'économie française comprise entre 0,2% et 0,5% cette année. Compte tenu de la contraction du PIB de 1,2% au 4e trimestre 2008, le gouvernement a admis que le recul de l'économie française ne pouvait qu'être supérieur à 1% en 2009 et a renvoyé au début mars l'annonce de ses nouvelles prévisions d'activité et de déficit. La Commission européenne anticipe pour sa part une contraction de 1,8% du PIB de la France en 2009 et un déficit public de 5,4 points de PIB.
Pas de 2e plan de relance
Autre indicateur dans le rouge foncé : le déficit de la Sécurité sociale. Il "frôlera les 15 milliards d'euros en 2009" en raison de "la dégradation de la conjoncture", a ajouté Eric Woerth. Une prévision là encore révisée à la hausse, alors que dans le projet de loi de Finances de la sécurité sociale (PLFSS) 2009, il était fait état dans un premier temps d'une impasse de 11,4 milliards portées en janvier à 12,6 milliards d'euros.
Après ces noires perspectives et à la veille de la rencontre entre le chef de l'Etat et les partenaires sociaux, le ministre a déclaré que des mesures concrètes seraient annoncées mais s'est refusé à évoquer un 2e plan de relance après le train de mesures de 26 milliards d'euros déjà annoncé.
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