François Fillon, le 2 février 2009 © TF1-LCI |
> Fillon : "des crédits nouveaux" |
"Ce serait irresponsable de mener une autre politique", a attaqué François Fillon au début de son court discours de présentation du plan de relance de son gouvernement, taclant par cette sentence celui, totalement opposé, présenté par le parti socialiste. "Certains regrettent que nous n'ayons pas fait le choix d'une relance par la consommation, mais l'urgence est de faire tourner la machine économique de la France", a justifié le Premier ministre avant de détailler les grandes lignes de son plan.
Des lignes "très claires" selon François Fillon qui a expliqué que les 26 milliards annoncés par son gouvernement se répartissaient ainsi : "11 milliards de soutien aux entreprises, 11 milliards de dépenses publiques nouvelles, 4 milliards de dépenses des entreprises publiques". "C'est une mobilisation nationale urgente et concrète pour faire face à la crise qui est engagée. Au nom de cette mobilisation, j'invite tous les Français à se serrer les coudes et à croire en leurs capacités de rebond", a souligné François Fillon.
870 millions d'euros pour les transports
"Notre plan de relance entre dans sa phase concrète. Après le temps des annonces, après le temps des décisions, voilà que s'ouvre le temps de l'action", a ajouté le Premier ministre à l'issue d'un comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT) qui réunissait à Lyon les deux tiers du gouvernement. A la gauche de François Fillon, une brochette de ministres en rang serré - dont Xavier Darcos (Education), Jean-Louis Borloo (Ecologie), Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Christine Lagarde (Economie), ou Michel Barnier (Agriculture) - l'écoutait studieusement, comme le ministre chargé du plan de relance, Patrick Devedjian.
Parmi les détails donné par François Fillon, le lancement de 149 projets et au total 870 millions d'euros pour les transports (400 millions pour la routes, 300 pour le rail, 170 pour le fluvial), 731 millions pour l'enseignement supérieur et le logement étudiant, 620 millions pour le patrimoine et, c'est la plus grosse enveloppe, 10,5 milliards d'euros pour l'investissement (prêts sur fond d'épargne, compensation de TVA). Le Premier ministre a par ailleurs rappelé le "soutien aux territoires touchés par les restructurations" dont les mesures de meilleure indemnisation du chômage partiel. Le Premier ministre a promis "des projets ciblés, à fort impact économique et social, aux effets rapides, et sur l'ensemble du territoire national"
Aubry : "sous-dimensionné et inadapté"
Pas de quoi satisfaire le Parti socialiste : sa nouvelle Première secrétaire a profité de l'occasion pour épingler le gouvernement. "Il est plus que jamais nécessaire que des mesures soient prises pour endiguer ce tsunami social qui déferle sur notre pays, face auquel Nicolas Sarkozy est gravement défaillant avec son plan de relance sous-dimensionné et inadapté", a pointé Martine Aubry, rappelant que le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté d'environ 45.000 en décembre. "A ce rythme-là, le taux de chômage pourrait franchir la barre des 10% dès 2009".
Parmi les autres réactions, le parti communiste a estimé que le "train de la relance" du Premier ministre, "c'est le service minimum". "Aux participants de l'immense journée de mobilisation professionnelle du 29 janvier, le Premier ministre oppose une fin de non-recevoir en se contentant d'une vague invitation à se serrer les coudes", estime encore le PCF. La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a de son côté profité de l'occasion pour lancer une charge contre le chef de l'Etat : "Nicolas Sarkozy qui s'enorgueillissait d'incarner le rôle du président du plein emploi, est aujourd'hui, et ce malgré son agitation permanente et la multiplication de plans dérisoires, le président du chômage de masse ! ".
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