© DRCertes, c'est un record, mais on s'en serait bien passé du côté de Bercy. Le déficit du commerce extérieur français a atteint 55,7 milliards d'euros en 2008, battant largement le chiffre déjà plus qu'honorable de 40,6 milliards établi en 2007, sous le double effet de l'alourdissement de la facture énergétique et du ralentissement économique. Et parmi les "coupables" les plus notables de ce très mauvais bilan, on trouve certes l'énergie, avec le niveau record atteint par le prix du baril de brut... mais aussi le marché automobile, une première pour un secteur traditionnellement exportateur.
Avec la crise les Français veulent des voitures moins gourmandes
Une étude publiée mardi montre que la crise a modifié la perception qu'ont les Français de la voiture. Ils montrent notamment un net intérêt pour une utilisation à la demande.
Publié le 17/11/2009
Sur l'année, les exportations ont augmenté à 409,6 milliards d'euros (contre 401,3 en 2007), et les importations encore plus nettement à 465,3 milliards d'euros (contre 442). "Dans une période de crise historique, le déficit est historique", a reconnu Anne-Marie Idrac lors d'une conférence de presse. La secrétaire d'Etat au Commerce extérieur a toutefois voulu relativiser la mauvaise nouvelle dans un entretien au Figaro Economique vendredi, estimant que la "compétitivité de la France a arrêté de se détériorer". Pour elle, "la part de la France dans les exportations de la zone euro s'est stabilisée", ce qu'elle voit comme "la traduction des réformes engagées par le gouvernement".
Les exportations des voitures françaises vers l'UE en repli
Les quatre cinquièmes de cette dégradation sont imputables à la facture énergétique, a précisé Bercy dans un communiqué. La chute du pétrole fin 2008 devrait ainsi "alléger fortement la facture énergétique en 2009", souligne le ministère. C'est aussi l'espoir d'Anne-Marie Idrac : "Le coût du baril a atteint un niveau historique, cela va s'arranger cette année". Un signe encourageant est d'ailleurs le chiffre de décembre : le déficit y a atteint 2,45 milliards d'euros... contre 6 milliards le mois précédent, en données corrigées des variations saisonnières. Une amélioration directement liée "au reflux des prix de l'énergie", mais aussi "au recul de la demande intérieure française", temporise Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès.
Les échanges ont en outre chuté au dernier trimestre sous l'effet de la crise mondiale. Et l'automobile a été particulièrement touchée. Ainsi, un solde excédentaire au cours des dernières années a laissé place à un déficit, a relevé Anne-Marie Idrac. Le ralentissement de l'activité automobile a pesé sur les ventes de biens intermédiaires, en net recul au dernier trimestre, alors que parallèlement les exportations de biens d'équipement ont été soutenues en 2008 par les livraisons aéronautiques, tandis que celles des biens de consommation ont bénéficié de la bonne tenue des ventes pharmaceutiques.
"La chute de la demande chez nos partenaires étrangers" s'est révélée "un phénomène aggravant" de cette contre-performance du marché automobile, a souligné Anne-Marie Idrac, citant l'exemple de 200.000 voitures vendues à l'Espagne en 2008 contre 300.000 en 2007. En forte hausse au premier trimestre, les exportations vers l'Union européenne se sont en effet repliées ensuite. Les importations en provenance de l'UE ont également reculé, pour leur part, à compter du deuxième trimestre. Les exportations françaises ont été mieux orientées vers de nombreuses zones émergentes, comme l'Amérique latine (+18%), l'Asie émergente (+4%) et le Proche et Moyen-Orient (+8%).
D'après agence
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