Image d'archives © TF1/LCIIl s'en est fallu d'un cheveu, mais l'assemblée générale des actionnaires de Fortis a dit non à la BNP. A une très courte majorité, 50,26%, les actionnaires se sont prononcés contre la cession à l'Etat belge et le plan de sauvetage décidé en octobre, préalable à la vente de 75% la banque française. Ce refus douche au moins temporairement les espoirs de la banque française de devenir la première banque de dépôt de la zone euro.
L'assemblée de 5000 actionnaires s'est tenue dans un climat plutôt tendu. De nombreux actionnaires ont crié "vendu, vendu" et copieusement hué le conseil d'administration, ce qui a perturbé le bon déroulement de l'assemblée appelée pour approuver le plan de sauvetage de la banque. "Voter non, c'est uniquement faire l'usage d'un droit octroyé par la justice belge aux actionnaires floués par la gestion désastreuse du gouvernement", a déclaré le représentant d'une association de consommateurs acclamé par la foule des petits porteurs. L'assureur chinois Ping An, qui détient près de 5% des actions avait récemment rejoint le camp de nombreux petits investisseurs opposant la transaction, ce qui avait rendu un vote positif improbable selon de nombreux analystes.
Fuite des épargnants de la banque ?
"D'un côté BNP va se retrouver dégagée de la contrainte de financer Fortis et de reprendre ses actifs illiquides. Mais industriellement ça avait beaucoup de sens. Si ça ne se fait pas, je continue à penser que c'est dommage", observe un analyste. "Ce n'est pas complètement fini, mais il faudrait reprendre le processus à zéro. On saura très vite si BNP veut le faire", poursuit-il. Le ministre des Finances belge Didier Reynders avait fait part de ses craintes mardi pour les finances publiques belges, déjà mises à mal par la crise financière, si les actionnaires rejetaient le plan de sauvetage de la banque. Un certain nombre d'observateurs en Belgique craignent aussi que ce vote négatif n'entraîne une fuite des épargnants et clients de Fortis et ne force l'Etat à recourir à un nouveau plan de sauvetage.
L'Etat néerlandais avait décidé le 3 octobre de nationaliser l'essentiel des activités néerlandaises de Fortis pour 16,8 milliards d'euros, donnant le coup d'envoi au démantèlement du groupe. Deux jours plus tard, après un week-end de négociations, l'Etat belge avait annoncé que BNP allait prendre le contrôle des activités en Belgique, et nationalisé en attendant la filiale Fortis Banque, première banque du royaume. Au total 20,32% du capital étaient représentés à l'assemblée générale de Fortis, l'un des premiers établissements financiers du Benelux.
D'après agences
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