Image d'archives © Abacapress.comLe produit intérieur brut de la France s'est contracté de 1,2% au quatrième trimestre par rapport aux trois mois précédents. Soit la plus mauvaise performance de l'économie française depuis la baisse de 1,6% constatée au quatrième trimestre 1974 après le premier choc pétrolier. Par rapport au troisième trimestre 2008, dont la croissance se trouve confirmée à +0,1%, la chute est donc brutale. Sur l'ensemble de l'année, la croissance s'établit à un maigre +0,7%.
Dans le détail, la consommation des ménages a augmenté de 0,5% au quatrième trimestre, après une hausse de 0,1% au troisième, et celle des administrations publiques a progressé de 0,1%. Mais l'investissement a flanché de 1,1%, avec des reculs de 1,5% pour les investissements des entreprises non financières et de 0,3% pour ceux des ménages, essentiellement en logement. Les variations de stocks ont pesé à hauteur de 0,9 point sur le PIB. Avec une baisse de 3,7% des exportations et un recul de 2,2% des importations, le commerce extérieur a contribué négativement à hauteur de 0,3 point.
Controverse entre la ministre et les statisticiens
Cette mauvaise nouvelle sur le front de la croissance se double d'une polémique. Ces premiers résultats des comptes nationaux établis par l'Insee ont été diffusés jeudi, à la veille de leur publication officielle, par le "Comité de défense de la statistique publique" qui regroupe des agents de l'Insee en colère contre le projet de délocalisation d'une partie des services statistiques à Metz, en Lorraine. Dans un communiqué, les agents protestataires accusent la ministre de l'Economie d'avoir rompu l'embargo sur la statistique mercredi en laissant prévoir, sur le plateau de Canal+, une contraction de l'ordre de 1,2% du PIB, et en conséquence ils disent vouloir "rétablir l'équilibre de l'information".
Christine Lagarde a aussitôt déploré "le non-respect par certains statisticiens des dates d'embargo des chiffres du PIB". Et elle a tenté d'avancer des prévisions pour 2009. Selon elle, l'activité en France en 2009 devrait se traduire par une croissance négative de -1%, alors que Bercy tablait jusqu'ici sur une croissance comprise "entre 0,2% et 0,5%". Mais cette prévision, a souligné la ministre, tient compte d'un acquis de croissance de -0,9% au dernier trimestre 2008. "Ces chiffres reflètent de façon mécanique le repli au quatrième trimestre et ne signifient pas que la situation va continuer à s'aggraver", a-t-elle souligné. La ministre a indiqué qu'elle présenterait début mars le scénario des nouvelles prévisions actualisées pour 2009. Pendant que dans son entourage, certains semblaient déjà redouter une contraction plus sévère pour 2009 : "Ça peut être -1%, -1,1%, -1,2%..."
D'après agences
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