Sarkozy veut revoir le partage du profit

Par O. L. avec agences, le 05 février 2009 à 20h04 , mis à jour le 05 février 2009 à 23h16

Le président de la République va proposer aux syndicats une suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu et une discussion sur le partage des profits.

Nicolas Sarkozy dans "Face à la crise"Nicolas Sarkozy dans "Face à la crise", le 5 février 2009 © TF1/LCI

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LES MOMENTS FORTS EN VIDEO

- "Les prêts ne coûteront pas un centime aux Français"

- "Il faut revoir le partage des profits"

- "Je ne suis pas un homme à lâcher les autres"

- "Pas laisser de dettes à nos enfants"

THEME PAR THEME, TOUTES LES DECLARATIONS :

Les inquiétudes  : écouter aussi "ceux qui n'ont pas manifesté"

Le chef de l'Etat était interrogé en début d'émission par Laurence Ferrari sur les inquiétudes des Français. "Que les Français soient inquiets, c'est normal", a débuté Nicolas Sarkozy, "Je le comprends, je l'entends". "C'est une crise qui est sans précédent car elle financière, de confiance, d'une brutalité totale, [...] mon devoir est d'écouter ceux qui manifestent et ceux qui n'ont pas manifesté et qui, aussi, souffrent". "C'est la crise du siècle", "elle est sans précédent", a pointé Nicolas Sarkozy. "Je dois en tenir compte et faire en sorte que la France rentre le plus tard possible dans la crise et sorte le plus tôt de la crise". "Je dois en plus protéger au maximum ceux qui déjà dans la croissance mondiale étaient exclus", a-t-il ajouté. "Le service minimum, ça marche et je veux remercier les Français qui l'ont fait marcher", s'est réjoui plus tard Nicolas Sarkozy taclant au passage Bertrand Delanoë qui ne l'a pas organisé à Paris.

L'argent donné aux banques

"Les prêts aux banques ne coûteront pas un centime aux Français". "J'utiliserai l'argent que rapporteront ces prêts" pour les Français, a promis Nicolas Sarkozy. Nous " le consacrerons à la politique sociale".

Les réformes, le lycée : "je continuerai au même rythme".  

"Le partage du travail a été une erreur économique et sociale historique". "La rupture n'est pas un objectif, tout juste un moyen", a assuré Nicolas Sarkozy, "je continuerai les réformes au même rythme". "Elle aura lieu", a affirmé par ailleurs le chef de l'Etat au sujet de la réforme des lycées. "Des manifestations en France il y en a très souvent. Si on doit arrêter chaque réforme lorsqu'il y a une manifestation alors mieux vaut ne pas faire de réforme".

Emploi  : "tous les moyens possibles"

"Il faut mobiliser tous les moyens possibles pour conserver les emplois", a répondu Nicolas Sarkozy à Guy Lagache qui l'interroge sur le sujet. "Cela fait quatre mois que nous gagnons entre 40.000 et 50.000 chômeurs par mois, nous avons avec François Fillon mobilisé tous les investissements qui dormaient dans les cartons de l'Etat pour donner du travail aux entreprises en anticipant ces dépenses", a affirmé Nicolas Sarkozy qui donne l'exemple des lignes SNCF, des canaux, ou du "nouvel EPR". "Je ne sais pas" combien d'emplois cela va créer, a reconnu Nicolas Sarkozy assurant que "personne ne sait exactement ce que ça va sauver comme emplois mais ce qu'on sait c'est que ça donne du travail" et espérant "que l'économie va repartir en 2010". "Je vais recevoir toutes les organisations patronales et syndicales le 18 février prochain", annonce le président.

Pouvoir d'achat et impôts : "supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu" ?

"Nous nous préoccupons des classes moyennes inférieures", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Comment lutter contre la crise pour protéger ceux qui sont les plus exposés ?", "comment aider les classes moyennes ?", s'est interrogé le chef de l'Etat. Il a suggéré de "supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu" parmi "d'autres pistes" qu'il proposera aux syndicats comme des chèques emploi-servcies donnés aux personnes âgées par l'Etat. Autre piste : une "augmentation des allocations familiales".

Partage des profits : "Le compte n'y est pas"

"Je veux que le 18 février nous discutions d'un sujet essentiel en France qui est le partage du profit", a annoncé le chef de l'Etat évoquant le "sentiment d'injustice majeur" suscité dans cette crise par "le comportement d'un certain nombre de dirigeants d'institutions bancaires". "Le compte n'y est pas", a estimé Nicolas Sarkozy . "Comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l'argent avec les entreprises et la demande des salariés d'être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse ?".

"Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 pour les salariés, 33 pour les actionnaires et 33 pour que l'entreprise investisse", pense le chef de l'Etat qui suggère en même temps de faire "preuve de souplesse". "C'est pas forcé qu'on (ait) les mêmes règles dans chaque secteur, dans chaque branche. Ça pose également le problème des salariés qui sont dans des secteurs très difficiles, où les marges sont très faibles", a-t-il dit

Industrie et banques : taxe professionnelle supprimée en 2010

Nicolas Sarkozy a souhaité jeudi "qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise" dans l'industrie automobile, et réaffirmé qu'il demanderait "un engagement" sur "des contreparties" en échange du soutien public. "Qu'on crée une usine Renault en Inde pour vendre des Renault aux Indiens est justifié, mais qu'on crée une usine en Tchéquie pour vendre des voitures en France, ce n'est pas justifié", a-t-il affirmé. Nicolas Sarkozy veut "aller plus loin" sur l'indemnisation du chômage partiel, déjà passée en décembre de 50 à 60% du salaire brut à la suite d'un accord entre partenaires sociaux

Le chef de l'Etat a annoncé que "l'on supprimera la taxe professionnnelle en 2010 parce que je veux que l'on garde des usines en France". La mesure sera générale: "On ne peut pas dire on va supprimer pour l'industrie automobile mais pas pour l'industrie sidérurgique ou textile", a-t-il ajouté. "Je ne peux pas dire aux actionnaires pour le coup: ne délocalisez plus, relocalisez, et en même temps leur laisser des charges et des contraintes qui font qu'ils ne s'en sortiront plus", selon le chef de l'Etat.

Le chef de l'Etat a chiffré le coût de la mesure à "huit milliards" d'euros. "Je vais engager un ensemble de discussions avec des associations d'élus locaux. Il y a des possibilités autour de la taxe carbone notamment. Nous verrons", a-t-il déclaré, interrogé sur les manières de compenser le manque à gagner lié à la suppression de la taxe professionnelle. "On ne peut plus avoir tout notre système de fiscalisation basée sur la production si on veut garder des emplois en France". 

Banques, finance et G20 : "Il faut refonder le capitalisme"

Nicolas Sarkozy va demander au président de la Cour des comptes Philippe Seguin de "conduire un certain nombre d'enquêtes" sur la bonne utilisation des fonds accordés aux banques pour faire face à la crise.

"Je suis plus que choqué par le système de rémunération des traders [...] comme au loto, on gagnait même quand on avait fait des bêtises", s'indigne Nicolas Sarkozy. "J'ai vu ce que M. (Barack) Obama a décidé, je suis en train d'y réfléchir, moi je ne suis pas trop pour une règle générale", a-t-il ajouté.  Mais "mettre tout le monde sous la toise (NDLR : plafonner les salaires comme Obama), je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure formule".

"Il faut refonder le capitalisme, le moderniser", a-t-il assuré affirmant souhaiter voir l'Europe "arriver [au G20] avec une position commune". Le chef de l'Etat a aussi souhaité revoir les relations de la France avec Andorre et Monaco en évoquant la question des paradis fiscaux

Dépenses publiques et fonctionnaires : le "non-remplacement" continuera

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il n'engagerait "pas de dépenses publiques supplémentaires", et qu'il s'en tiendrait à la "règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux", jeudi, lors de son intervention radio-télévisée sur la crise. "Je n'engagerai pas de dépenses publiques supplémentaires, notamment sur la  règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux", a affirmé le président  de la République. Selon lui, on reviendra ainsi "au même nombre de fonctionnaires qu'en 1992", quand François Mitterrand était président. "Je n'ai pas le souvenir que la France était alors sous-administrée", a-t-il argué.

TVA  : "Il faut aller plus loin"

"C'est parfaitement anormal que quand on achète une voiture propre, on paie plus cher que quand on achète une voiture qui pollue, et ça vaut aussi pour les bâtiments construits en haute qualité environnementale", a dit le chef de l'Etat, souhaitant "un système de TVA réduite pour tous les produits propres". "Je pense également que sur les produits culturels, il faut aller plus loin", a ajouté M. Sarkozy. "Pourquoi la TVA sur le livre est-elle à 5,5 (%), et la TVA sur le disque à 19,6 (%), comme la TVA sur la vidéo? Il faut mettre cette TVA à 5,5", a-t-il déclaré. "J'honorerai la promesse qu'avait faite mon prédécesseur (NDLR: Jacques Chirac) pour la TVA dans la restauration", a-t-il également affirmé.

Gandrange : Sarkozy dément avoir trahi sa "promesse"

"Quand on dit que je n'ai pas tenu promesse, c'est faux ! C'est un mensonge !", a-t-il lancé au sujet de l'usine gandrange.  Interrogé sur l'avenir du site lorrain, Nicolas Sarkozy a souligné que "d'abord, le site n'est pas fermé", ajoutant qu'il devait tenir compte du fait que "la production d'acier dans le monde est divisée en deux". Il a ensuite décliné "trois engagements scrupuleusement respectés", "30 millions d'euros" injectés dans l'usine, la création d'une école de formation, et l'engagement de Mittal de donner "10 millions d'euros de sa poche" pour revitaliser le site. "Il reste à décider de l'installation d'un site de captage et de stockage de CO2", a poursuivi M. Sarkozy. Il est "possible", a-t-il dit, que ce soit à Gandrange, ajoutant que la France était "en concurrence avec l'Allemagne" sur ce projet. La décision n'a "pas encore été prise".

Mutation du préfet de la Manche

Nicolas Sarkozy a justifié la mutation du préfet du département de la Manche consécutive à des incidents lors de sa visite à Saint-Lô, en affirmant que ce haut fonctionnaire n'avait "pas pris les mesures pour que l'ordre public soit respecté". "Il y a une erreur qui a été faite par le préfet, et le responsable de la police. Le ministre de l'Intérieur m'a proposé de le déplacer et il a eu raison". Le préfet de la Manche "avait tous les effectifs qui étaient à sa disposition et il n'a pas pris les mesures pour que l'ordre public soit respecté", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Comme les mesures préalables n'avaient pas été prises, cela a déclenché des brutalités, et je ne veux pas de brutalité."

Les sujets politiques

Bernard Kouchner : "confiance totale"

"Oui, totalement", a répondu Nicolas Sarkozy à Alain Duhamel qui lui demandait s'il maintenait sa confiance à bernard Kouchner après la publication du livre de Pierre Péan. "C'est un homme pour qui j'ai beaucoup d'amitié, en qui j'ai grande confiance", a-t-il déclaré ajoutant que le ministre n'avait de problèmes ni avec la police, ni avec la justice.  "Le Nouvel Observateur, c'est le journal qui était sûr que j'avais envoyé un SMS ?", a ironisé Nicolas Sarkozy au sujet de l'hebdomadaire qui évoque des fuites sur Bernard Kouchner provenant de son entourage, selon Alain Duhamel.

"Confiance" à Rachida, pas de "rancune" contre Rama  

Nicolas Sarkozy a exprimé jeudi sa "confiance" à Rachida Dati, assurant qu'elle reviendrait "un jour au gouvernement". "Elle va conduire avec Michel Barnier la liste d'une grande formation politique de la droite républicaine et du centre pour les élections européennes. Pour une sanction dites-moi, c'est une drôle de sanction!", s'est-il exclamé.

"Amertume, rancune, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire", a-t-il par ailleurs affirmé à propos de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade. "Je trouvais que c'était dommage qu'elle ne joue pas cette carte et cette chance", a-t-il dit à propos du refus de cette "jeune femme de la diversité" de se présenter aux Européennes.

Candidat en 2012 ? "Des doutes"

Comme on lui demandait s'il lui restait "des doutes" quant à se représenter, le chef de l'Etat a
répondu : "Oh que oui ! Pourquoi ? Parce que mon métier est très difficile, il faut beaucoup d'énergie, beaucoup de force pour le faire et je consacre toutes mes forces à le faire le mieux possible", a-t-il argumenté."Il y a encore trois ans et demi", a observé le président. "Aucun engagement, ni dans un sens ni dans un autre", a-t-il lancé. "On fait un deuxième mandat parce qu'on a la force de porter un nouveau rêve et que les gens nous font confiance", selon lui.


 

 

Par O. L. avec agences le 05 février 2009 à 20:04
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77 Commentaires

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  • Alice, le 06/02/2009 à 09h25

    Bonjour, Je suis antillaise (de la guadeloupe), et je regrette que Monsieur le Président n'ai pas évoqué la situation en guadeloupe, bloquée depuis 17 jours. Notre guadeloupe est bien trop loin de ses préoccupations.

  • Pénélope, le 06/02/2009 à 09h07

    Nous devons nous estimer heureux d'avoir Monsieur Sarkozy comme Président, tout ce qu'il nous a expliqué hier soir sur la crise nous l'avons très bien compris et nous lui accordons notre entière confiance afin qu'il continue à gèrer les problèmes de la France. C'est une personne juste, sa tâche est accomplie avec sérieux, le Président semble prudent et ne fait pas n'importe quoi , cela nous rassure, même par ces temps difficiles. Il ailme son peuple et fait des gestes pour la pauvreté, espérons que Syndicats et opposition ne mettent pas leur "mauvais brins de sel". Merci Monsieur le Président.

  • Danilo nice, le 06/02/2009 à 07h48

    Les prêts banques gratuits aux consommateur.... je n'y crois pas mais alors pas du tout ! Information : même, si vous même vous placez un peu de votre argent dans une banque " qui va rapporter à la-dite banque " .... il y a des frais de gestion à votre charge : !

  • Moi, le 06/02/2009 à 07h11

    100% d'accord avec vous Monsieur Sarkozy !!!!!!!!! Continuez!! La France n'a jamais été aussi bien menée depuis longtemps!!! Le PS fera ses habituellements déclarations plus débiles les unes que les autres... Mais on en a l'habitude!! et j'espère fortement que vous ferez un autre mandat !!!!!!!!!

  • Fafa, le 06/02/2009 à 07h09

    Pas trés convaincan ! monsieur sarkosy il faudrais qu'il fasse en premier l'emplois pour redonner du pouvoire d'achat.fabrice

  • Jean Louis, le 06/02/2009 à 06h35

    L'Etat fait un effort, important, structurant. Il serait temps, maintenant, que les Départements, les Régions en fassent autant. Rationalisation des effectifs, révision totale des impôts locaux, responsabilisation dans l'investissement des aides, crédits, argent du contribuable.

  • Chrdesp, le 06/02/2009 à 06h01

    Reduire les depenses de fonctionnement consiste à ne pas remplacer un retraite sur deux. Pas seulement : Disparition des postes existants, contrats non renouvelés pour les agents non titulaires, et pas de remplacement de depart en retraite, meme a 50% dans certain cas.Ce qui nous mene a des conditions de travail ingerable. on tape toujours sur les petits salariés. Pourquoi ne pas reduire les depenses faramineuses de fonctionnement de monsieur sarkozy et des representants de l'etat, dont le avantages sont bien superieurs à ce que l'on peut imaginer. Augmenter le smic et baisser la tva ne contribuent pas à l'augmentation du pouvoir d'achat , ben va falloir trouver des solutions car en ce qui nous concerne, Smicard et petits salaires , nos poches sont vides, voire trouées à force de gratter au fond...

  • Nathalie, le 06/02/2009 à 05h28

    Vous voulez du travail? venez travailler dans les maisons de retraite , la, il y a du travail !!! mais surtout pas d'argent pour vous payer! le travail , c'est pas ça qui manque aupres de nos ainés mr Sarkosy,mais visiblement l'etat a d'autres priorités...

  • Bbr, le 06/02/2009 à 04h14

    Il est temps d'agir , ce n'est plus la campagne électorale. On réforme beaucoup mais rien n'avance, de plus en plus de chomage, des riches toujours plus riches, des services publics de plus en plus laminés, des augmentations de prix partout, des bénéfices des entreprises à n'en plus finir, des aides pour ceux qui nous ont mis dans cette impasse alors que ces mêmes banques font elles aussi de très juteux bénéfices depuis des dizaines d'années. Et notre président de la république qui semble découvrir tout ça alors qu'il était déjà depuis de nombreuses années dans les gouvernements de droite sous M.Chirac. On croit vraiment rêver.

  • Jean claude, le 06/02/2009 à 04h10

    Après les banques, le gouvernement a laché des aides aux grosses entreprises (aéro., automobiles) prétendant la relance des entreprises de sous-traitance .1- y-at-il des garanties pour que l'argent soit bien utilisé ?. 2- Pourquoi a-t-on lancé des lignes de productions de grosses voitures qui s'avèrent être des fiascos et qui coûtent chers; il faut voir la compétence de certains PDG?). 3- Plafonner les hauts salaires est une NECESSITE de justice économique et sociale; la responsabilité est loin de justifier de si hauts salaires.

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