Rumeurs de plan social chez Continental France

le 28 février 2009 à 14h17 , mis à jour le 28 février 2009 à 19h47

Continental envisagerait de fermer son usine de Clairoix, assurent des sources syndicales citées sur Europe 1.

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Le directeur de l'usine de Clairoix s'explique
 
  • Les "Conti" refusent de travailler plus sans gagner plus

    314 heures de travail en plus par an pour le même salaire, sinon la direction n'investira plus dans l'usine : pour les salariés de l'usine Continental de Sarreguemines, le marché est inacceptable. Ils font grève.

    Publié le 29/11/2009 Les "Conti" refusent de travailler plus sans gagner plus
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L'annonce a été faite samedi par Europe 1, citant des sources syndicales : le fabricant allemand de pneumatiques Continental aurait l'intention de fermer son usine de Clairoix, dans l'Oise, qui emploie 1500 personnes. Si cette fermeture était confirmée lors du comité central d'entreprise extraordinaire du 16 mars, ce serait la plus importante vague de licenciements en France depuis le début de la crise dans le secteur automobile. 

"C'est une éventualité qui doit être prise au sérieux, puisque le niveau de demande de nos clients est très faible par rapport à l'année dernière. L'écart entre la demande et la capacité de production est important", reconnaît le directeur de l'usine, Louis Forzy, selon qui Continental, "comme toute entreprise, doit toujours avoir à l'étude tous les scénarios possibles". Mais s'il admet que "la situation économique aujourd'hui est plutôt à regarder des plans de réduction que des plans d'augmentation", Louis Forzy précise prudemment que l'entreprise répondra aux questions des organisations syndicales le 16 mars, lors d'un comité central d'entreprise à Reims. 

22 milliards d'euros de dettes

La CFDT, avec d'autres syndicats, a lancé une procédure de droit d'alerte et posé une cinquantaine de questions à la direction, notamment sur l'avenir et la viabilité de l'usine. Le syndicat avait déjà exprimé en novembre 2008 ses craintes de voir l'usine fermer courant 2009, hypothèse alors formellement démentie par la direction. L'usine a par ailleurs cessé sa production depuis vendredi après-midi jusqu'au jeudi 5 mars. D'autres périodes de chômage partiel ont été annoncées en comité d'entreprise pour environ 4 à 5 semaines jusqu'à fin septembre, en fonction du niveau de stocks, selon la direction et les syndicats.

Si Louis Forzy souligne qu'il n'y a pas de "volonté de Continental de se désinvestir de la France en termes industriels", il reconnaît que le site de Clairoix, "le plus cher du groupe", est à ce titre "le plus menacé". L'usine, qui produisait en 2008 un peu moins de 7 millions de pneus, a revu son budget de production pour 2009 à la baisse, à 5,15 millions de pneus, selon la direction. Mais au-delà de Clairoix, c'est tout Continental qui se trouve dans une situation extrêmement délicate puisque le groupe est actuellement détenu en bonne partie par le bavarois Schaeffler, spécialisé dans les roulements mécaniques pour machines-outils et pour l'industrie automobile. Or, lors du lancement de son offre sur son compatriote Continental, Schaeffler n'avait pas vraiment l'intention de devenir majoritaire au capital et avait fait une proposition volontairement basse pour ne pas risquer de franchir le seuil des 50% de capital détenu chez Continental, qui lui aurait fait perdre de précieux avantages fiscaux en Allemagne et aux Etats-Unis.

Mais cette offre basse s'était retrouvée soudain beaucoup plus attractive que prévu avec la crise qui avait fait dégringoler l'action Continental, ouvrant devant Schaeffler la perspective d'une prise de contrôle non désirée, et synonyme de gouffre financier. D'où la volonté de se débarrasser d'actions excédentaires auprès de banques, dans un contexte défavorable. Depuis, l'équipementier se débat avec cette situation qui plombe ses comptes, alors que tout le secteur automobile souffre grandement de la crise. A eux deux, Schaeffler et Continental cumulent aujourd'hui 22 milliards d'euros de dettes. Et le groupe Schaeffler, qui avait connu une très forte expansion ces dernières années, a dû récemment quémander l'aide des pouvoirs publics en Allemagne pour éviter la faillite. Une situation dont ne peut que pâtir Continental.

D'après agences

le 28 février 2009 à 14:17
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