Seul contre tous, Paris défend son plan auto

Par Olivier LEVARD avec agences, le 12 février 2009 à 16h08 , mis à jour le 12 février 2009 à 16h53

Comme Nicolas Sarkozy, François Fillon a assuré jeudi que le plan pour l'automobile, attaqué de toutes parts, était "compatible avec les règles de la concurrence".

Le président Français Nicolas Sarkozy avec le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek et la chancelière allemande Angela Merkel lors du sommet européen de Bruxelles du 11 décembre 2008.Le président Français Nicolas Sarkozy avec le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek et la chancelière allemande Angela Merkel lors du sommet européen de Bruxelles du 11 décembre 2008. © REUTERS/Thierry Roge

 

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Fillon défend le plan auto

Qui veut la peau du plan automobile français ? A part le Royaume-Uni, a peu près toute l'Europe, à en croire la succession de déclarations de nos partenaires, les Tchèques ayant pris la tête d'une fronde qui compte le poids lourd allemand ou encore les Belges. L'engagement à ne pas délocaliser et à garder l'emploi en France martelé ces derniers jours par Nicolas Sarkozy est au centre des critiques.
 
La parole est maintenant à la défense. De Koweït où il était en visite, le président français a rejeté les critiques. Il n'est "absolument pas anormal que nous souhaitions, avec l'ensemble des contribuables, faire fabriquer les nouveaux moteurs dans les usines en France. Il n'y a là rien de protectionniste du tout", a-t-il dit. François Fillon a assuré à son tour jeudi que le plan prévu en France était "compatible avec les règles de la concurrence" européenne, lors d'une visite à Bruxelles. "Les mesures que nous venons de prendre sont des mesures qui s'inscrivent parfaitement dans le cadre des traités" européens, a souligné le Premier ministre français lors d'une conférence de presse avec son homologue belge, Herman Van Rompuy. Dans une critique larvée du plan français, ce dernier a déclaré pour sa part appartenir "à ceux qui sont soucieux de l'application des règles de la saine concurrence, de la concurrence loyale dans le marché intérieur européen".
 
"Il n'y a pas d'autres industries automobiles en Europe qui soient aussi développées sur le territoire européen" que l'industrie française, lui a répliqué son homologue français. "Les constructeurs français fabriquent des voitures en Tchéquie, en Slovénie, en Slovaquie, en Espagne, au Portugal, en Grande-Bretagne. C'est assez difficile dans ces conditions de considérer que la France est un pays protectionniste", a dit François Fillon pour justifier les 7,8 milliards d'euros, dont des prêts de 3 milliards chacun aux constructeurs PSA Peugeot Citroën et Renault, à condition qu'ils maintiennent leurs usines en France.
 
Fillon répond à Merkel
 
"Je pense que quand les collectivités locales, en particulier en Allemagne, aident les constructeurs automobiles, elles y mettent quelques conditions de maintien de l'emploi sur le territoire national", a encore lancé François Fillon comme pour répondre cette fois à Angela Merkel. La veille, la chancelière allemande avait ciblé, l'air de rien, la France. "Nous avons tous des inquiétudes quant à notre industrie automobile (...) nous devons tous examiner quelles mesures nous prenons, et la Commission est le gardien qui doit veiller à ce que cela se fasse de manière juste et équitable", avait-elle estimé ajoutant que la question serait "certainement" abordée lors du sommet extraordinaire de l'Union européenne le 1er mars.
 
La présidence tchèque de l'UE a annoncé mercredi la tenue de ce sommet européen extraordinaire sur la crise économique qui menace de tourner au grand déballage tant les tensions sont grandes sur la question du retour du protectionnisme. La Commission européenne avait aussi  indiqué mardi avoir "certaines préoccupations" et demandé des détails aux autorités françaises. L'obligation de garder une unité de production en France "rendrait ces aides illégales" par rapport au droit communautaire, avait prévenu la Commission européenne.
 
Et tout en affirmant vouloir calmer le jeu après les vifs échanges des derniers jours avec Paris, le Premier ministre tchèque a clairement signifié qu'il voulait faire du sommet à Bruxelles une plateforme contre le protectionnisme. Avec la France en ligne de mire : "Le 1er mars, nous allons inviter les chefs d'Etat pour tenter de trouver un équilibre entre ceux qui pensent qu'il est possible de violer les règles (européennes) et ceux qui ne le pensent pas, et dont je fais partie", a prévenu Mirek Topolanek lors d'une conférence de presse. Ambiance...
 

Par Olivier LEVARD avec agences le 12 février 2009 à 16:08
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