Véhicule Opel au Salon de l'Automobile (image d'archives) © TF1/LCIL'Allemagne réfléchit depuis des semaines aux moyens à utiliser pour aider Opel, qui emploie près de 26.000 personnes dans le pays et 50.000 en Europe environ. Mais elle craint que son aide ne parte aux Etats-Unis renflouer la maison mère, General Motors. La question divise les politiques allemands, dont certains affirment haut et fort la nécessité d'aider le constructeur, pendant que d'autres évoquent un recours à la loi sur le dépôt de bilan. En plein milieu de ce débat qui devrait durer des semaines, l'annonce d'Opel sonne comme une mise en garde : le constructeur automobile en difficulté a fait savoir qu'il pourrait fermer trois sites en Europe - deux en Allemagne, un en Belgique - et supprimer un cinquième de ses 55.000 emplois.
Les trois sites visés sont, en Allemagne, Bochum et Eisenach, et en Belgique, Anvers. Et leur fermeture est évoquée, s'il faut en croire le magazine allemand Der Spiegel, dans le plan de sauvetage présenté vendredi par la direction d'Opel au gouvernement allemand. Le but : économiser 1,2 milliard de dollars (soit 949 millions d'euros) en frais de personnel. L'alternative étant, toujours selon Der Spiegel, de ne supprimer que 3500 emplois mais d'imposer une baisse des salaires.
Un plan qui doit encore être "amélioré", selon Merkel
Ce remède de cheval en forme de purge drastique évoqué dans le plan de sauvetage d'Opel est à mettre en parallèle avec ce que réclame le constructeur : d'après le magazine Focus, Opel demande 4 milliards d'euros d'aides à l'Etat allemand. Mais ces aides peuvent être allouées de manière indirecte, sous forme de garanties ou de crédits. Or, souligne l'hebdomadaire, Opel, filiale de General Motors, n'a jusqu'ici "jamais versé un seul centime d'impôts à l'Allemagne", les bénéfices ayant été transférés aux Etats-Unis.
Les discussions sont en tout cas loin de se conclure. Jusqu'à présent, un soutien allemand de 3,3 milliards d'euros avait été évoqué, loin des 4 milliards réclamés par Opel. Mais il y a quelques jours, le Leipziger Volkszeitung, citant des sources proches du gouvernement, avait évoqué le chiffre encore plus astronomique de 5 milliards d'euros que l'Etat allemand serait en fait prêt à accorder au constructeur automobile. Une aide qui ne serait pas seulement directe, mais qui pourrait aussi prendre la forme de garanties publiques et de crédits, et en recours ultime d'une participation "temporaire" allant jusqu'à 20% du capital par le biais des quatre Etats régionaux où sont localisées des usines Opel. Quoi qu'il en soit, dans son allocution vidéo hebdomadaire, la chancelière Angela Merkel a estimé que le plan présenté cette semaine par le constructeur devait encore être "amélioré".
D'après agence
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