Nicolas Sarkozy entouré de Hans-Gert Poettering, le président en exercice de l'UE, le premier ministre belge Herman Van Rompuy et le premier ministre polonais Donald Tusk, le 1e mars à Bruxelles © REUTERSSuivez à partir de 16 h, en direct sur LCI et LCI.fr, le discours de Nicolas Sarkozy
La crise, et comment y faire face en évitant les tensions : tel est en gros le sujet unique des discussions des Vingt-Sept, qui sont réunis ce dimanche à Bruxelles en sommet extraordinaire, alors que la Commission européenne s'est efforcée d'apaiser le débat sur le protectionnisme engagé par les mesures françaises de soutien à l'automobile. Les Etats membres de l'UE devraient ainsi s'engager à ce que leurs plans de relance sectoriels respectent les règles du marché unique. Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent discuter également du traitement des actifs toxiques encore détenus par les banques et de la solidarité à l'encontre des pays d'Europe centrale et orientale, mais aucune décision concrète n'est attendue.
Dans un projet de communiqué, il est ainsi indiqué que les Etats doivent "tirer le plus possible parti du marché intérieur, qui doit servir de moteur à la relance et soutenir la croissance et l'emploi". Alors que la Commission européenne a donné samedi son feu vert au plan français de soutien à l'automobile, Paris continue de faire valoir que les constructeurs recevant des aides ont un engagement moral et Nicolas Sarkozy a dit qu'il appellerait lors de la réunion à de nouvelles initiatives de soutien au secteur. Plusieurs diplomates européens indiquent cependant que les déclarations du président français étaient avant tout destinées à accroître la pression sur l'exécutif européen dans la perspective du sommet et à montrer son engagement en faveur de l'industrie française à l'opinion publique française.
Des marges budgétaires de plus en plus étroites
De son côté, la République tchèque, l'un des pays ayant le plus fermement dénoncé le caractère "protectionniste" des 6 milliards d'euros de prêts octroyés par l'Etat français à Peugeot et Renault à la condition de ne pas fermer d'usines en France pendant cinq ans, a adressé un message de rassemblement à l'approche du sommet. "Ce sommet doit montrer que l'Europe ne doit pas être divisée entre nouvelle et vieille Europe, Nord et Sud, Est et Ouest", a déclaré le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, à son arrivée à Bruxelles. A la tête de la présidence tournante de l'UE, ce dernier a estimé que les efforts et les mesures pour combattre la crise économique au sein du bloc communautaire devaient également respecter le principe de solidarité.
Des diplomates européens proches de l'organisation du sommet ont en revanche estimé ces derniers jours que l'appel hongrois pour un plan de relance de 180 milliards d'euros à destination des pays d'Europe centrale et orientale ne devrait pas faire l'objet d'une décision ce dimanche. Les marges budgétaires des Vingt-Sept étant de plus en plus étroites, Budapest devrait dès lors devoir se contenter d'un soutien moral à son initiative.
A son arrivée à Bruxelles, le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a par ailleurs rappelé la volonté de son pays "d'accélérer" sa marche vers l'euro. "Si nous remplissons tous les critères, nous ne devons pas attendre pour entrer dans la zone euro", a-t-il expliqué, estimant par ailleurs que l'Europe ne pouvait pas se permettre d'avoir de nouveaux rideaux de fer. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a immédiatement réagi et a fait savoir qu'il ne pensait pas qu'une modification des critères d'accession à la zone euro soit "faisable" du jour au lendemain.
D'après agence
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