Image d'archives. © ReutersChute de la croissance, hausse du chômage. Les prévisions de l'Insee plombent un peu plus le climat social en France. Pour preuve, les pertes d'emplois devraient être massives en 2009, plus importantes qu'en 1993, lors de la dernière phase de récession.
S'agissant de la croissance, l'Insee est extrêmement pessimiste. Elle prévoit une contraction de 1,5% du PIB au premier trimestre, puis -0,6% au deuxième. L'acquis de croissance en juin devrait être de -2,9%. Conséquence inéluctable, le chômage va "nettement" remonter et atteindre 8,8% en métropole - voire 9,2% avec les départements d'Outre-mer - dès la fin du premier semestre 2009, selon la nouvelle note de conjoncture de l'Insee parue vendredi, qui prévoit le double de pertes d'emplois par rapport à début 1993. Ces nouvelles prévisions vont au-delà du pronostic déjà alarmant de l'assurance-chômage, car selon l'Insee, les destructions nettes d'emploi atteindraient, rien qu'au 1er semestre, 387.000 dans le secteur marchand.
330 000 postes supprimés au premier semestre
Sauf en cas d'amélioration au second semestre, les scénarios examinés par l'Unedic mercredi dernier seraient donc en dessous de la réalité, puisqu'ils anticipent 354.000 à 436.000 destructions d'emplois salariés sur toute l'année. La prévision gouvernementale serait aussi dépassée puisque le collectif budgétaire de début mars table sur 350.000 destructions nettes en 2009. "Le rythme de pertes d'emplois est plus rapide qu'en 1993", année de forte récession, "où les pertes d'emplois avaient atteint 170.000 au 1er semestre". Certes, des créations sont attendues dans le secteur non-marchand, le gouvernement ayant rouvert les vannes des contrats aidés dans le monde associatif notamment (+47.000) après "une baisse", mais cela ne compensera pas l'hémorragie du privé. Au total, l'économie perdrait donc plus de 330.000 postes sur les six premiers mois de 2009, après une perte de 90.000 en 2008.
(D'après agence)
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