
L'industrie de la défense peut-elle servir d'arme contre la crise ? Le gouvernement français va en tout cas doubler cette année le montant de ses commandes, essentiellement à des acteurs français et européens, en cette période de crise économique. La Délégation générale pour l'Armement (DGA), maître d'ouvrage des programmes d'armement et responsable de la conception, de l'acquisition et de l'évaluation des systèmes qui équipent les forces armées, a annoncé qu'elle notifiera pour plus de 20 milliards d'euros de commandes en 2009.
"C'est deux fois plus que les années précédentes", a indiqué un porte-parole, rappelant qu'en 2008, elle s'élevaient à 9,3 milliards d'euros. Il a souligné que, pour la première fois, la DGA passait des commandes globales, c'est-à-dire s'engageant sur plusieurs années. "Le niveau très élevé de commandes à l'industrie est en cohérence avec la première annuité de la loi de programmation militaire et la mise en oeuvre du plan de relance", explique la DGA. La loi de programmation militaire pour les années 2009-2014 (LPM), déclinaison législative du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale publié en juin 2008 et de la Révision générale des politiques publiques, doit en traduire dans le détail les grandes orientations comme la priorité donnée au renseignement ou la suppression de 54.000 des 320.000 postes de la Défense dans les 6 ou 7 prochaines années.
Elément de relance
Sur les 26 milliards d'euros du plan de relance de l'économie présenté par le président Nicolas Sarkozy en décembre dernier, 1,4 milliard d'euros est consacré à la Défense, si l'on y inclut la recherche. Parmi les commandes comptabilisées cette année, on compte de grands programmes, tels celui de l'avion de combat français Rafale, l'hélicoptère de combat Tigre, les frégates multi-missions FREMME, a rappelé le porte-parole de la DGA.
En revanche, la France n'exclut pas de réduire le nombre d'avions de transport militaire A400M commandés, dont le programme a au moins pris quatre ans de retard, a déclaré mardi le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon. A la question de savoir si les pays commanditaires de l'A400M pourraient réduire leur commande, il a répondu: "cela fait partie des mesures examinées". Les réductions de commandes "ne devront pas excéder un certain seuil, sinon le programme ne vaudra plus le coup pour EADS. Il faut en discuter avec EADS", a-t-il ajouté. La France a commandé 50 A400M au groupe européen de défense et d'aéronautique EADS.
L'an passé, l'industrie de Défense française et européenne a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de 9,363 milliards d'euros sur le marché intérieur (contre 9,165 milliards d'euros en 2007), grâce aux commandes de la DGA.
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