Fillon : la "vieille France" a "son mot à dire"

le 24 mars 2009 à 06h23 , mis à jour le 24 mars 2009 à 07h23

Avant le G20, le Premier ministre est à Washington pour tenter de convaincre les Etats-Unis de la nécessité d'une forte régulation financière.

[Expiré] François Fillon © REUTERS

A dix jours du sommet du G20 à Londres, François Fillon s'est employé lundi, au premier jour de son déplacement express aux Etats-Unis, à convaincre les Etats-Unis du besoin d'une régulation financière plus forte pour sortir durablement de la crise. La question, selon le Premier ministre, n'est plus à l'ampleur des plans de relance. L'Europe a fait le maximum en la matière, a-t-il soutenu, rappelant que les dispositifs mis en oeuvre par les 27 représentent 400 milliards d'euros, soit  3,3% du PIB global, notamment via les prestations sociales (indemnités  chômage...) qui n'existent pas ou peu aux Etats-Unis.
 
Une manière pour François Fillon de répondre à nouveau par une fin de non recevoir aux Américains et au Fonds monétaire international qui poussent les Européens à doper leurs mesures de soutien de l'économie. "Nous n'avons pas intérêt à créer une bulle de dette publique", a-t-il  martelé, fidèle à une ligne d'orthodoxie budgétaire, alors qu'en 2009 le déficit public atteindra en France un record avec 100 milliards d'euros, notamment du  fait des 26 milliards débloqués en décembre pour l'investissement.
 
"L'émergence d'un consensus" 
 
Une "totale harmonie" règne sur ce point entre l'Elysée et Matignon, selon une source gouvernementale, qui dément ainsi des informations faisant état de  divergences entre les deux têtes de l'exécutif. C'est dans la transformation de l'architecture du système financier mondial  que les grands pays industrialisés mais aussi émergents trouveront leur salut  pour "éteindre l'incendie", a jugé le chef du gouvernement. "La responsabilité des gouvernants vis-à-vis d'une opinion publique mondiale  légitimement angoissée est grande", a encore déclaré le chef du gouvernement  français qui a tenu une nouvelle fois à rappeler que la récession serait "modeste" en France comparée à ses voisins européens.
 
Au nom d'une "vieille France" qui a "son mot à dire dans la réflexion  actuelle", il a plaidé pour que le sommet du G20 de Londres le 2 avril aboutisse  "à des réponses concrètes". Selon lui, quatre piliers sont essentiels: "la réforme de la régulation  financière internationale, le soutien à la croissance, le sauvetage des banques  et le soutien aux pays les plus menacés". "Si un seul de ces piliers manque, il n'y aura pas de reprise durable ni de  confiance réelle dans le système", a-t-il mis en garde devant la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un des plus importants clubs de réflexion  outre-Atlantique.
 
Le chef du gouvernement, qui a rencontré à New York des acteurs américains de la régulation financière, a affiché son optimisme. "Je crois que nos chances  de succès sont grandes", a-t-il dit avant de se rendre à la Maison Blanche pour  y rencontrer le vice-président américain Joe Biden, en compagnie de Christine Lagarde. Selon François Fillon, si "des avancées importantes" ont été actées lors du  sommet du G20 finances près de Londres il y a huit jours, "l'émergence d'un consensus" est "lente" sur la mise au ban des paradis fiscaux et la  modernisation des normes comptables internationales, deux sujets auxquels les 27 pays de l'UE sont très attachés. Nicolas Sarkozy tentera certainement d'en  persuader son homologue Barack Obama avec qui il doit s'entretenir au téléphone  mercredi, comme l'a indiqué lundi l'Elysée.

Obama appelle à stimuler l'économie

Le président américain Barack Obama appelle mardi ses homologues du G20 à s'accorder sur un plan d'action immédiat de relance de l'économie mondiale lors du sommet de la semaine prochaine à Londres. Dans une tribune publiée par le quotidien allemand Die Welt, il estime que les pays du G20 doivent prendre des mesures pour stimuler l'économie jusqu'à ce que la demande retrouve ses niveaux d'avant la crise. "Ces efforts devraient être solides et soutenus jusqu'au rétablissement de la demande", écrit-il. Obama ajoute que les Etats-Unis sont prêts à ouvrir la voie. "Si le sommet de Londres contribue au lancement immédiat de mesures conjointes, nous pourrons aplanir les difficultés pour garantir une reprise et éviter des crises futures", dit-il. Ses propos illustrent les divergences entre les Etats-Unis et l'Europe sur la nécessité de nouveaux plans de relance qui s'ajouteraient aux différentes initiatives déjà annoncées par les gouvernements de la planète. Une partie des dirigeants européens estiment en effet qu'il n'est pas nécessaire d'adopter des plans de relance supplémentaires et veulent en revanche que le sommet du 2 avril mette l'accent sur un resserrement de la régulation et du contrôle des marchés financiers.

D'après agence

le 24 mars 2009 à 06:23
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2 Commentaires

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  • Uter, le 24/03/2009 à 09h07

    Bravo à notre premier ministre François Fillon de réaffirmer la voix de la France dans le concert des nations et particulièrement durant cette période très chahutée à l'échelle mondiale.Comme je le rappelais dans une précédente réaction, la France a toujours une place à part et cela depuis des siècles quant à sa vision de la liberté du monde .Les peuples l'écoutent et souvent se calquent sur les messages qu'elle délivre.Elle a parfois gêné certaines grandes puissances mondiales en rappelant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et que la " gestion du monde" ne devait pas être un domaine réservé à certains....en introduisant dans son discours ces rappels par " son mot à dire " mr Fillon a continué la ligne tracée par le général de Gaulle voilà presque 60 ans...c'est à dire que la France a un poids dans l'histoire et qu'elle entend veiller à un juste équilibre des forces dans le monde- sur tous les plans et aujourd'hui , plus que jamais, en matière d'économie mondiale. Le seul petit reproche que je fais à mr le premier Ministre c'est que le terme " vieille France" me chagrine... la France n'est pas vieille, elle est éternelle....comme l'Europe d'ailleurs ....( dit-on vieille Chine, vieux Japon, vieille Grèce ...) Cessons d'utiliser ce terme à l'encontre de la France et de l'Europe qui a une certaine connotation péjorative....à ce train là , bientôt le nouveau monde va s'appeler: " très ,très, très jeune Amérique " avec tout ce qu'on entend dans cette expression : inexpérience, précipitation, irrésponsabilitée,inculture ...pour tout ce qui est des affaires du monde....alors appuyons nous sur l'expérience et sur la jeunesse , c'est le bon coktail...

  • THIERRY, le 24/03/2009 à 07h47

    "prestations sociales"... en voilà une belle invention qui va faire mourir de rire les Ricains!!!

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