L'Europe s'attaque aux actifs toxiques

le 01 mars 2009 à 17h41 , mis à jour le 01 mars 2009 à 19h13

Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche, depuis Bruxelles, un accord européen sur la manière de gérer ces actifs, qui ont une lourde responsabilité dans la crise et plombent les bilans des banques.

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Ils sont l'un des plus puissants facteurs déclencheurs et aggravants de la crise financière, née aux Etats-Unis avant de se propager à toute la planète et de gangréner tous les secteurs de l'économie réelle. Ils plombent encore aujourd'hui les bilans des établissements bancaires. Ils sont jugés responsables de la paralysie persistante du crédit. Qui sont-ils ? Les actifs toxiques bien sûr. Réunis en sommet extraordinaires ce dimanche à  Bruxelles, les Vingt-sept ont décidé de s'y attaquer. Même si l'ampleur de la manoeuvre et les moyens qui lui sont alloués ne font pas nécessairement consensus chez les dirigeants européens.

Volontariste comme à son habitude, Nicolas Sarkozy, lors d'un point presse en marge du sommet, a assuré que "la réunion a permis d'arriver à un accord sur le traitement des actifs  toxiques".   Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'il a parlé de  son côté d'un "accord global", il a aussi souligné qu'il faudrait attendre, pour avoir une décision  finale des Européens sur ce thème, le prochain sommet des dirigeants européens les 19 et 20  mars.

Les "bad banks", c'est mal

Nicolas Sarkozy a d'emblée souligné les avantages de cet accord, qui laisse à chaque Etat une "grande flexibilité sur la détermination des  actifs éligibles" tout en procurant un "cadre européen de façon à assurer le bon  fonctionnement du marché intérieur". Et il  a répété que pour résoudre ce problème persistant des actifs toxiques, la France n'aurait pas recours à des structures de défaisance pour ses propres établissements bancaires. L'hostilité du chef de l'Etat à une telle structure en France est connue, en raison de l'expérience du Crédit  Lyonnais. "Est-ce que cela veut dire que nous allons faire une bad bank ?  Non !", a-t-il martelé. "Nous préférons encourager les banques à prêter aux entreprises et aux ménages plutôt qu'en transférant sur le budget de l'Etat des pertes liées à des investissements passés dans des actifs américains douteux".

Sur un autre thème crucial abordé lors de ce sommet, celui des aides à l'automobile, le président français a estimé par ailleurs que les propositions de la Commission européenne étaient intéressantes... mais qu'il fallait aller plus loin. Précisément, le plan français à sa propre industrie automobile avait servi de déclencheur à une polémique à base d'accusations de protectionnisme envers le gouvernement français. Polémique close in extremis, à quelques heures à peine du sommet, avec l'annonce par la Commission européenne que la France avait finalement satisfait à toutes les demandes d'éclaircissement et que le plan d'aide français ne comportait aucune obligation de localisation envers les entreprises bénéficiaires. Les dirigeants européens, dans leur texte commun, ont d'ailleurs tenu à affirmer haut et fort dimanche leur refus de tout recours à des mesures protectionnistes pour affronter la crise, tentant de tirer un trait sur la controverse. Ils ont au contraire affirmé leur volonté de faire "une utilisation maximale du marché unique" européen, qui garantit la libre circulation des marchandises,  services, personnes et capitaux, "pour soutenir la croissance et l'emploi".

Autre problématique, moins attendue celle-là, mais qui s'est invitée dans les questions à l'issue de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy : celle des paradis fiscaux. Réunis la semaine dernière à Berlin, les pays européens du G20 se sont mis d'accord pour préparer une "liste noire" de ces Etats en vue du sommet prévu début avril à Londres pour réformer la réglementation du système financier. Et la Suisse pourrait bien se retrouver visée. "Ça dépendra de ses réponses", a dit le président français en réponse à une question sur le sujet. Avant de poursuivre, plus explicite : "En l'état actuel des choses et sur la base de (la nomenclature) de l'OCDE (l'Organisation pour le développement et la coopération économique), la réponse est plutôt oui, mais on verra ce qu'il en sera". Et le chef de l'Etat français de condamner une nouvelle fois cette pratique : "J'ai dit qu'il n'était pas admissible qu'on laisse s'établir des places financières qui ne déclarent pas l'origine de l'argent et la direction de l'argent".

Pas de "plan Marshall européen" pour l'Est

L'Union européenne soutiendra au cas par cas les pays d'Europe de l'Est, qui seraient confrontés à de graves difficultés financières, mais un grand plan d'aide généralisé est exclu en l'état. "Il est tout à fait clair que l'Union européenne ne laissera personne sur le bord de la route", a déclaré à la presse le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'UE, à l'issue du sommet des dirigeants européens sur la crise économique. Au cours de ce sommet, les chefs d'Etat et de gouvernements ont dit "que tous les pays membres (de l'UE) recevraient l'assistance nécessaire dans les cas appropriés", a-t-il ajouté. Mais dans le même temps, un plan spécifique de l'UE pour les pays d'Europe de l'Est, comme le souhaite la Hongrie, particulièrement affectée par la crise financière et économique, n'a pas été accepté en l'état : "Cette idée de diviser l'Europe entre anciens pays membres et nouveaux pays membres, entre Est et Ouest (...) est une approche que nous avons clairement rejetée".

le 01 mars 2009 à 17:41
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12 Commentaires

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  • Jean Louis, le 02/03/2009 à 06h34

    La réactivité de l'Europe est impressionnante ! La crise sera passée quand ils auront, enfin, trouvé une solution.

  • Alain, le 02/03/2009 à 00h08

    L'Europe s'attaque à SARKO ?

  • ACA, le 02/03/2009 à 00h00

    Les actifs toxiques, cela a une couleur de déjà vu. Le Crédit Lyonnais. Les contribuables ent du payer la perte de 5 milliards d'euro. Le Crédit Lyonnais, filiale du Crédit Agricole et cela recommence. Qu'en est il de la responsabilité des dirigeants des banques ? Les contribuables seront ils toujours les dindons de la farce ?

  • JW, le 01/03/2009 à 22h54

    Une liste noire, ça veut dire quoi et ça mène ou?? Les pays qui défendent leur souveraineté en matière fiscale plutôt que de s'accoquiner avec les autres pour spolier les avoirs des administrés ne sont pas des paradis fiscaux. Qu'on se le demande : qu'est-ce qui limiterait l'appétit insatiable du cartel fiscal européen si la crainte de chasser le contribuable chez un concurrent n'existait plus?

  • POULAIN, le 01/03/2009 à 22h22

    Mr Sarkozy a finalement raté sa carrière. Il aurait fait un très bon pdg de pme...

  • Danton, le 01/03/2009 à 22h18

    Des actifs toxiques j'en connais quelques uns a commencer par tous ceux qui cumulent les emplois "président ceci deputé cela conseller general d'ailleurs membre d'une commission qui permet de partir au soleil pour un voyage d'etudes sur la gastronomie locale vice president d'un quelconque organisme qui ne sert pas a grand chose mais qui permet de prendre de la tune quand ce n'est pas des ventes d'armes pour que des multinationales puissent occuper le terrain après plusieurs centaines de milliers de morts si vraiment Sarko veut faire un peut de menage il vat lui falloir changer pas mal de choses

  • Michel, le 01/03/2009 à 21h58

    MDR !!!

  • Tisne 01, le 01/03/2009 à 21h28

    Une liste noire des paradis fiscaux ,voilá une tres bonne idée monsieur Sarkosy , mais comment réagira le coprince de la principauté d´Andorre?

  • Lloulou 33, le 01/03/2009 à 19h40

    Je le repetes toujours: la faute principale a cette crise est la faute des banques US, francaises et autres) leurs dirigeants ont voulu amasser le plus possible d'argent, en faisant des prets a tous va et en voulant gagn er plus en augmentant les %. la reponse: commencons par mettre ces grands patronsa en prisons, saisir leurs comptes et voir avec chaque client leur problemes, NE PAS PRETER DE L ARGEN T AUX BANQUES MAIS AUX PARTICULIERS QUI REMBOURSERONT LEURS BANQUES .CELA EVITERA LES ABUS, ET APRES CHAQUE BANQUE SERA SOUS LE CONTROLE DE L'ETAT PUISQUÍLS SONT INCAPABLES DE GERER EUX-MEMES

  • Belette, le 01/03/2009 à 19h23

    Si gouverner c'est prévoir cela fait un bail que le système bancaire et monétaire n'ont plus de gouvernail.

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