Nicolas Sarkozy © LCI| > Solidarité réaffirmée face à la crise > Protectionnisme ? Quel protectionnisme ? |
Ils sont l'un des plus puissants facteurs déclencheurs et aggravants de la crise financière, née aux Etats-Unis avant de se propager à toute la planète et de gangréner tous les secteurs de l'économie réelle. Ils plombent encore aujourd'hui les bilans des établissements bancaires. Ils sont jugés responsables de la paralysie persistante du crédit. Qui sont-ils ? Les actifs toxiques bien sûr. Réunis en sommet extraordinaires ce dimanche à Bruxelles, les Vingt-sept ont décidé de s'y attaquer. Même si l'ampleur de la manoeuvre et les moyens qui lui sont alloués ne font pas nécessairement consensus chez les dirigeants européens.
Volontariste comme à son habitude, Nicolas Sarkozy, lors d'un point presse en marge du sommet, a assuré que "la réunion a permis d'arriver à un accord sur le traitement des actifs toxiques". Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'il a parlé de son côté d'un "accord global", il a aussi souligné qu'il faudrait attendre, pour avoir une décision finale des Européens sur ce thème, le prochain sommet des dirigeants européens les 19 et 20 mars.
Les "bad banks", c'est mal
Nicolas Sarkozy a d'emblée souligné les avantages de cet accord, qui laisse à chaque Etat une "grande flexibilité sur la détermination des actifs éligibles" tout en procurant un "cadre européen de façon à assurer le bon fonctionnement du marché intérieur". Et il a répété que pour résoudre ce problème persistant des actifs toxiques, la France n'aurait pas recours à des structures de défaisance pour ses propres établissements bancaires. L'hostilité du chef de l'Etat à une telle structure en France est connue, en raison de l'expérience du Crédit Lyonnais. "Est-ce que cela veut dire que nous allons faire une bad bank ? Non !", a-t-il martelé. "Nous préférons encourager les banques à prêter aux entreprises et aux ménages plutôt qu'en transférant sur le budget de l'Etat des pertes liées à des investissements passés dans des actifs américains douteux".
Sur un autre thème crucial abordé lors de ce sommet, celui des aides à l'automobile, le président français a estimé par ailleurs que les propositions de la Commission européenne étaient intéressantes... mais qu'il fallait aller plus loin. Précisément, le plan français à sa propre industrie automobile avait servi de déclencheur à une polémique à base d'accusations de protectionnisme envers le gouvernement français. Polémique close in extremis, à quelques heures à peine du sommet, avec l'annonce par la Commission européenne que la France avait finalement satisfait à toutes les demandes d'éclaircissement et que le plan d'aide français ne comportait aucune obligation de localisation envers les entreprises bénéficiaires. Les dirigeants européens, dans leur texte commun, ont d'ailleurs tenu à affirmer haut et fort dimanche leur refus de tout recours à des mesures protectionnistes pour affronter la crise, tentant de tirer un trait sur la controverse. Ils ont au contraire affirmé leur volonté de faire "une utilisation maximale du marché unique" européen, qui garantit la libre circulation des marchandises, services, personnes et capitaux, "pour soutenir la croissance et l'emploi".
Autre problématique, moins attendue celle-là, mais qui s'est invitée dans les questions à l'issue de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy : celle des paradis fiscaux. Réunis la semaine dernière à Berlin, les pays européens du G20 se sont mis d'accord pour préparer une "liste noire" de ces Etats en vue du sommet prévu début avril à Londres pour réformer la réglementation du système financier. Et la Suisse pourrait bien se retrouver visée. "Ça dépendra de ses réponses", a dit le président français en réponse à une question sur le sujet. Avant de poursuivre, plus explicite : "En l'état actuel des choses et sur la base de (la nomenclature) de l'OCDE (l'Organisation pour le développement et la coopération économique), la réponse est plutôt oui, mais on verra ce qu'il en sera". Et le chef de l'Etat français de condamner une nouvelle fois cette pratique : "J'ai dit qu'il n'était pas admissible qu'on laisse s'établir des places financières qui ne déclarent pas l'origine de l'argent et la direction de l'argent".
| Pas de "plan Marshall européen" pour l'Est |
L'Union européenne soutiendra au cas par cas les pays d'Europe de l'Est, qui seraient confrontés à de graves difficultés financières, mais un grand plan d'aide généralisé est exclu en l'état. "Il est tout à fait clair que l'Union européenne ne laissera personne sur le bord de la route", a déclaré à la presse le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'UE, à l'issue du sommet des dirigeants européens sur la crise économique. Au cours de ce sommet, les chefs d'Etat et de gouvernements ont dit "que tous les pays membres (de l'UE) recevraient l'assistance nécessaire dans les cas appropriés", a-t-il ajouté. Mais dans le même temps, un plan spécifique de l'UE pour les pays d'Europe de l'Est, comme le souhaite la Hongrie, particulièrement affectée par la crise financière et économique, n'a pas été accepté en l'état : "Cette idée de diviser l'Europe entre anciens pays membres et nouveaux pays membres, entre Est et Ouest (...) est une approche que nous avons clairement rejetée". |
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