L'UE donne trois ans de répit à la France

le 24 mars 2009 à 08h29 , mis à jour le 24 mars 2009 à 15h25

La Commission européenne donne à la France jusqu'à 2012 pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du Produit intérieur brut.

Europe © TF1/LCI

"Ouf", doit-on dire à Bercy. La Commission européenne a donné mardi un répit de près de trois ans, jusqu'en 2012, à la France - et l'Espagne - pour ramener son déficit public sous la limite en vigueur dans l'UE de 3% du Produit  intérieur brut. Le gendarme européen en matière de discipline budgétaire a en revanche demandé à la Grèce de revenir dès 2010 sous la barre des 3%. L'Irlande, qui compte parmi les pays européens les plus touchés par la crise, devra le faire seulement en 2013, le Royaume-Uni d'ici avril 2014. Cette décision intervient alors qu'avec la crise économique, les déficits nationaux en Europe s'envolent. Le Pacte de stabilité européen limite en principe à 3% le déficit public annuel des Etats. Mais en vertu d'une réforme réalisée en 2005, la Commission européenne peut prendre en compte des circonstances exceptionnelles, telle qu'une récession, pour accorder un répit aux gouvernements avant de sévir.
 
Selon les dernières prévisions publiées en janvier par la Commission, le  déficit français devrait atteindre 5,4% du PIB cette année, celui de l'Espagne  6,2%, celui de la Grèce 3,7% et celui de l'Irlande le niveau record de 11%. Bruxelles avait déjà enclenché à la mi-février la première étape de  procédures pour déficits excessifs contre ces quatre pays en raison du dérapage important de leurs finances publiques. La grande question était à présent de savoir combien de temps la Commission allait donner aux pays concernés pour revenir dans les clous. Les délais assez  longs fixés, au moins dans le cas de la France, de l'Espagne et de l'Irlande, montrent que l'exécutif européen a voulu éviter l'épreuve de force avec les Etats.
 
Mise en garde "un peu gonflée"
 
Avant la réforme du Pacte en 2005, les gouvernements avaient un an pour  revenir dans les clous. Depuis, le mécanisme est plus souple. Et les délais à présent fixés pourront même être modifiés en cours de route,  si la récession s'avérait plus sévère que prévu, a déjà indiqué le commissaire  européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia. Une procédure pour déficit excessif vise, via des recommandations précises,  à mettre la pression sur les Etats fautifs pour qu'ils ramènent leurs déficits dans la limite maximale tolérée dans l'Union européenne.
 
Elle peut aller jusqu'à l'adoption de sanctions financières contre les pays  concernés dans les cas les plus graves. La France s'était étonnée à la mi-février de la mise en garde de Bruxelles sur ses déficits, jugée inopportune au moment où la crise impose de dépenser plus. Le ministre du Budget français Eric Woerth avait trouvé cette mise en garde "un peu gonflée". Le gouvernement français a indiqué début mars que le déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) du pays allait grimper cette année à  5,6% du PIB et se maintiendrait à 5,2% du PIB en 2010 en raison de l'impact de la crise.
 
D'après agence

le 24 mars 2009 à 08:29
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6 Commentaires

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  • Armand, le 24/03/2009 à 12h55

    Forcément, la totalité des revenu partent en fumée dans les intérêt de la dette. Si les Etats pouvaient récupérer leur dû (les intérêts généré pas la création monétaire), il n'y aurai tout simplement pas de dette ! Alors, à quand la fin de cette mascarade ? A quand la fin de ce vrai FAUX problème ?? ... en tout cas, pas tant que les gens penseront que c'est un problème de dépense (cf les commentaires plus bas), rien ne bougera et nous continuerons à nous appauvrir collectivement pour le compte de quelques nantis. Remarquez, cette arnaque est comme toutes les autres "plus c'est gros, plus ça passe !"

  • Armand, le 24/03/2009 à 10h58

    Quelle mascarade cette dette !!! Si les États récupéraient les intérêts payés sur la création monétaire - ce qui serait la moindre des choses (pour quelle raison des particuliers, les déjà plus riches, devraient-ils s'enrichir à chaque investissement public ???) - on serait carrément en positif ! Et dire qu'une petite signature de rien du tout, et hop, plus aucune dette ! C'est bien ce qu'on appel une arnaque, sauf que l'ampleur est d'une telle importance que "Plus c'est gros, plus ça passe" alors continuez messieurs, le peuple petit dors et s'inquiète de faux problèmes, s'inquiète de la dette, plutôt que du "pourquoi" la dette (le pourquoi c'est les intérêts, tout autre discours est soit mensonger, soit ignorant des faits)

  • Pat, le 24/03/2009 à 10h38

    Un doux rêve. Et si on sortait de l'europe !

  • Remi, le 24/03/2009 à 09h52

    Il serait temps que le gouvernement regarde un peu a la depense, et qu'ils montrerent l exemple sur les depenses de tous les jours meme si c'est negligeable sur le budget global.

  • Ange, le 24/03/2009 à 09h15

    La France avec sa politique d'allocations à tout va pour tout et n'importe qui , est naturellement en déficit.

  • Michel, le 24/03/2009 à 08h50

    3 ans de répit ? 3 mois ou 30 ans, cela ne changera rien. Le pays depuis 1981, est incapable de gérer son patrimoine économique, social et culturel: tout ce qu'il entreprend, aboutit à un désastre financier. Rdv dans 3 ans, le mieux serait que Paris se pose les vraies questions aux vrais problèmes qui font notre déficit, d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

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