Barack Obama à Ottawa, le 19 février 2009 © REUTERSLe G20, Obama y croit. C'est en tout cas ce que le nouveau président américain martèle dans une tribune publiée par le Herald Tribune et reprise par Le Monde, tribune dans laquelle il appelle les dirigeants des pays membres du G20 à y prendre des "mesures audacieuses, élargies et coordonnées" pour enrayer la crise. "Nous traversons une période de défis économiques mondiaux qui ne peuvent être surmontés par des demi-mesures ou les efforts isolés d'une quelconque nation", écrit Obama qui réclame que ces initiatives ne soient pas seulement une impulsion de reprise, mais lancent "une nouvelle ère d'engagement économique pour empêcher à tout jamais qu'une crise comme celle-ci ne se renouvelle".
Le Président américain le sait. Tous n'abordent pas le sommet du 2 avril à Londres - qui réunit les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes - avec les mêmes intentions. Washington a appelé à augmenter les dépenses pour relancer l'économie alors que les dirigeants européens ont souligné le besoin d'une supervision bancaire plus étroite. Mais Barack Obama a minimisé les désaccords supposés entre les Etats-Unis et l'Europe, notant que d'autres pays ont également adopté des plans de relance et a lancé des appels fermes en faveur d'une supervision accrue du secteur financier. Sa tribune de mardi ne se départit pas de ce ton conciliant même si, pour Obama, c'est bien aux Etats- Unis de donner le ton et de prendre la tête du changement.
Une phrase pour chacun
"Mon message est clair: les Etats-Unis sont prêts à assumer leur leadership, et nous appelons nos partenaires à se joindre à nous, conscients de l'urgence et soucieux de l'objectif commun", lance dans sa tribune le président américain, au risque de déplaire à la vieille Europe qui ne goûte guère de se voir donner le rôle de fidèle partenaire, de suiveur. Mais, habile, Obama joint à cette intention un mea culpa que l'on aime bien entendre en Europe. "Je sais que l'Amérique porte une part de responsabilité dans le gâchis auquel nous sommes tous confrontés. Mais je sais aussi que nous n'avons pas à faire le choix entre un capitalisme chaotique et impitoyable et une économie étatique oppressante. C'est là une fausse alternative qui ne servira ni les Américains ni aucun autre peuple", écrit-il.
Même chose du côté du discours purement économique. Ici, une phrase qui ravira la plupart des altermondialistes : "Nous devons mettre un terme à la spéculation effrénée et à notre tendance à vivre au-dessus de nos moyens; nous devons en finir avec le mauvais crédit, les banques surendettées et l'absence de tout contrôle qui nous condamne à ces bulles qui finissent inévitablement par éclater". Là, une autre que son prédécesseur, George W. Bush, volontiers présenté comme un partisan du libéralisme de tout crin, n'aurait pas reniée: "Nous devons nous engager collectivement à encourager le libre-échange et la liberté des investissements, tout en résistant aux tentations protectionnistes qui ne feraient qu'aggraver la crise".
Apôtre du libre-échange Obama n'en oublie pas la nécessité de réformer les marchés pour éviter une nouvelle catastrophe. "Tous nos établissements financiers - ceux de Wall Street comme ceux du reste du monde - doivent se plier à un contrôle sérieux et obéir à des règles de conduite communes. Tous les marchés devraient être dotés de normes de stabilité et de transparence", pointe-t-il en y ajoutant le devoir de "prendre des mesures énergiques contre les paradis fiscaux et le blanchiment d'argent". "Ensemble, nous pouvons tirer les leçons de cette crise et construire une prospérité sûre et pérenne pour le XXIe siècle", conclut Barack Obama. Qui dira le contraire?
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