© TF1Quatrième projet de loi de finances rectificatives depuis septembre, une nouvelle version rectifiée du budget va être présentée mercredi en Conseil des ministres pour tenir compte de l'impact de la crise sur les finances de l'Etat. Ce "collectif budgétaire" va intégrer un recul de 1,5% du Produit intérieur brut (PIB) français cette année, selon les dernières prévisions de Bercy. A l'instar de ses voisins, la France va donc officiellement plonger dans la récession pour la première fois depuis 1993.
Quant au déficit de l'Etat, il pourrait dépasser le chiffre record de 100 milliards d'euros, le double de ce que prévoyait initialement le budget 2009 (52 milliards), selon le ministère du Budget. A cela s'ajouteront les déficits de la Sécurité sociale, attendus autour de 15 milliards d'euros, et des collectivités locales, creusant encore le déficit public qui devrait flirter avec 5,5% du PIB.
"L'horizon de l'équilibre s'éloigne"
Cette aggravation s'explique par "20 milliards d'euros qui correspondent à des recettes en moins, c'est-à-dire des impôts qui ne rentrent pas du fait de la crise et 30 milliards d'euros qui correspondent aux dépenses de relance", a détaillé mardi le Premier ministre François Fillon.
Le déficit est creusé par le plan de relance de 26 milliards d'euros et par les mesures sociales annoncées en février, comme la suppression des deux tiers provisionnels de l'impôt sur le revenu pour 6 millions de foyers, financée en partie par les intérêts versés par les banques, le reste par l'Etat et la Sécurité sociale. S'y ajoutent les 6,5 milliards de prêts au secteur automobile, ainsi que les aides à la filière bois et à la presse, étalées sur deux ans.
"L'horizon de l'équilibre budgétaire s'éloigne", a reconnu François Fillon, alors que la France a été épinglée par Bruxelles la semaine dernière pour le dérapage de ses comptes au-delà de la limite de 3% du PIB tolérée par le Pacte de stabilité européen. La France a renoncé depuis six mois déjà à son engagement de revenir à un déficit zéro au plus tard en 2012. Désormais, François Fillon souhaite ramener le déficit en dessous de 3% pour cette échéance.
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