Sarkozy "pas élu pour augmenter les impôts"

le 17 mars 2009 à 13h38 , mis à jour le 17 mars 2009 à 22h53

Le président de la République refuse de suspendre le bouclier fiscal comme le lui demandent le PS et des voix dans la majorité.

nicolas sarkozyNicolas Sarkozy le 17 mars 2009 © TF1/LCI

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La déclaration de Sarkozy en vidéo

Non, Nicolas Sarkozy ne compte pas revenir sur le bouclier fiscal. Lors d'une allocution devant les ouvriers de l'usine Alstom d'Ornans, dans le Doubs, le chef de l'Etat a en effet a affirmé qu'il "n'avait pas été élu pour augmenter les impôts", répondant ainsi à ceux qui, dans la majorité, réclament la suspension de la mesure qui a bénéficié à 14.000 foyers fiscaux en 2008. "Si on veut augmenter les impôts dans notre pays, il y a tellement de candidats pour les augmenter, vous aurez l'embarras du choix aux prochaines élections ! Moi, j'ai été élu pour réconcilier la France avec l'entreprise et avec l'usine", a-t-il lancé.

"S'il y en a que ça démange d'augmenter les impôts, ils oublient qu'on est dans une compétition. Mon but, c'est de faire venir en France, faire investir en France des gens qui ont de l'argent dans nos usines et dans nos entreprises, ce n'est pas de les faire partir", a-t-il poursuivi. "Je ne veux pas enrichir Monaco, moi. Je ne veux pas enrichir la Suisse, je ne veux pas enrichir l'Autriche. Je veux que les gens viennent dépenser leur argent en France et investir en France", a insisté le chef de l'Etat.

"Faire participer les très hauts revenus à l'effort national"

Ces déclarations interviennent alors que le bilan du bouclier fiscal a été rendu public mardi par Les Echos et Le Figaro. Ainsi, en 2008, 14.000 foyers fiscaux ont bénéficié de la mesure qui limite l'impôt à 50% des revenus (contre 60% avant). Le gain moyen a bondi à 33.000 euros par foyer l'an dernier, contre 16.000 euros en 2007, selon les deux quotidiens. Le coût total de la mesure s'élève donc à 458 millions d'euros, moins que l'estimation faite en 2007, quand Christine Lagarde tablait sur un coût total de 625 millions d'euros. Assez en tout cas pour que des voix s'élèvent, y compris au sein de la majorité, contre le dispositif.

Certains députés ainsi que l'ancien Premier ministre UMP Dominique de Villepin  vont même jusqu'à demander sa suspension. "C'est devenu une sorte de symbole d'inéquité fiscale. Au moment où nous voulons redonner confiance dans le plan de relance, il me paraît opportun de faire ce geste symbolique pour accroître la confiance", a expliqué le député-maire de Saint-Malo, René Couanau.

Aubry se réjouit, Copé tance Méhaignerie 

Et le PS relance son offensive. Sa première secrétaire Martine Aubry s'est "réjouie" mardi que de Villepin ait "rallié" son parti sur ce point. "Nous nous étions opposés au bouclier fiscal. Nous en demandons incessamment depuis des mois l'annulation, voire même la mise entre parenthèses si le président de la République ne veut pas se déjuger", a ajouté Martine Aubry dont le groupe à l'Assemblée - elle-même n'est pas députée - devrait de nouveau défendre cette position mercredi lors du collectif budgétaire."Nous savons très bien que la baisse d'impôts des plus riches n'a pas entraîné inventivité ou efficacité mais a permis à certains d'avoir un peu plus", a-t-elle dit au sujet de cette mesure qui limite l'impôt à 50% des revenus d'un contribuable.

Le groupe PS du Sénat a de son côté annoncé mardi qu'il allait déposer un amendement dit "amendement Obama", instituant une "surimposition de solidarité" sur les revenus de plus de 380.O00 euros. Cet amendement sera déposé par Nicole Bricq, vice-présidente PS de la commission des Finances du Sénat, sur la proposition de loi des sénateurs communistes visant à abroger le bouclier fiscal, qui sera examinée mercredi en commission et le 26 mars en séance publique.

Le président de la commission des Affaires sociales, l'UMP Pierre Méhaignerie, pourrait lui aussi défendre mercredi un amendement pour "faire participer les très hauts revenus à l'effort national". Mais pour le patron des députés UMP, Jean-François Copé, la proposition de Pierre Méhaignerie est "une mauvaise réponse à la crise que nous devons affronter". Elle "n'aura aucun effet sur l'investissement et l'emploi", a-t-il  déclaré, et pourrait au contraire "porter atteinte à notre compétitivité et encourager les délocalisations".

le 17 mars 2009 à 13:38
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31 Commentaires

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  • Jemag44, le 03/11/2009 à 14h27

    Dur dur . . .Mais c'est sûr qu'en privilégiant les nantis , dont il fait partie , il aura 14000 voix pour lui aux prochaines élections ! Une vingtaine de taxes déguisées en deux ans . . . et il est fier ! De quoi , de s'être copieusement augmenté et d'avoir fait faire des millions d'économie à sa caste ! Coluche se serait bien amusé avec ce guignol !

  • Gg, le 17/03/2009 à 16h49

    Il n'a pas été élu pour augmenter les impôts, ni pour augmenter le chômage, ni la précarité, ni les suicides dans les prisons, ni les prix des loyers, ni celui des produits de première nécessité, et pourtant... A part son salaire de 150%....non, je ne vois pas....

  • Reinrub, le 17/03/2009 à 16h28

    Quand est-ce que l'on comprendra dans ce pays que l'argent que l'on fait économiser aux uns ou aux autres ne disparait pas dans un coffre sur lequel les bénéficiaires veillent mais sert à autre chose, ces personnes peuvent dépenser plus en biens de consommation en investissements et donner du travail à d'autres sans que ceux-ci soient assistés

  • ALLISON, le 17/03/2009 à 16h24

    Donner à l'Etat la moitié de TOUS ses revenus (imposables à l'irpp, au taux forfaitaire, non imposables) n''est- il pas suffisant. Veux -t-on exporter systématiquement les français riches et et importer massivement les étrangers pauvres ? Qui les logera, qui les nourrira et leur donnera du travail ? Avec l'augmentation du chomage on verra la vilolence et finalement le fascisme. L'enfer est pavé des meilleures intentions ALLISON

  • Dany, le 17/03/2009 à 16h21

    Puisqu'il à peur que les haut revenu partent à l'étranger ! moi revenu moyen , j'ai décidé que dorénavant , tout ce que j'acheterai sera à l'étranger , manière de répondre à mr sarkosi !!!

  • Helen, le 17/03/2009 à 16h19

    Heureusemenq due Sarko ne se dédie pas et je ne fais pas partie des millionnaires, mais je trouve que dans ce pays , on déteste trop les riches et sans l'argent que feraient les plus démunis , le RMI, les allocations , les aides , d'ou vient ce sale argent si ce n'est des contribuables, qu'on y réfléchisse et stop à la haine

  • Picsou, le 17/03/2009 à 15h48

    VOTEZ PICSOU EN 2012 !

  • Nanie, le 17/03/2009 à 15h45

    Pas élu pour augmenter les impôts, mais pas non plus élu pour baisser les impots des plus nantis. Ils en ont déjà bénéficié 2 ans; A nous aussi on avait fait des promesses (augmentation du pouvoir d'achat) mais la CRISE a bon dos pour ne pas les tenir. Même en payant 60 % de leurs revenus en impôts on voit la vie de luxe qu'ils mènent avec ce qu'il leur reste. Merci de me publier pour une fois

  • Franky, le 17/03/2009 à 15h44

    Tout le monde le sait : ce sont les pauvres qui sont responsables de la crise...Ce sont donc eux qui doivent payer. Pathetique.

  • LIBERTE, le 17/03/2009 à 15h41

    Bon courage Monsieur le president ! Entierement d'accord avec vous ! C'est pour cette raison que nous avons voter pour vous.

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