© Reuters
Le G20 a conclu un accord. Les dirigeants des vingt grands pays industriels et en développement de la planète étaient réunis pour "faire face au plus grand défi auquel fait face l'économie mondiale dans les temps modernes", selon les termes de leur communiqué final, beaucoup plus agressif et concret que dans la plupart des réunions de ce genre. Ils s'engagent notamment à davantage de régulation et à renforcer le Fonds monétaire international. L'ensemble des mesures prises par le G20 devraientt permettre d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010, selon Gordon Brown.
C'est "un compromis historique pour une crise exceptionnelle" a estimé Angela Merkel. Selon la chancelière allemande, les négociations entre les dirigeants ont été "dures", notamment en raison des divergences entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon d'un côté et la France et l'Allemagne de l'autre sur une augmentation de la relance budgétaire, favorisée par les premiers et rejetée par les seconds. Mais elles ont également été marquées par "un désir de compromis" et "un véritable esprit de camaraderie".
"Un tournant pour relancer l'économie mondiale"
Sitôt la réunion terminée, Nicolas Sarkozy l'a également commentée lors d'une conférence de presse. Tout sourire, il s'est dit "heureux" des décisions du sommet, "au-delà de ce que nous pouvions imaginer", évoquant un axe franco-allemand qui a "fonctionné". Un "nouvel ordre mondial" émerge de la crise économique, a estimé de son côté Gordon Brown. Les Etats-Unis ont salué de leur côté les engagements "remarquables" pris par les dirigeants du sommet.
"Nous venons d'achever un sommet très fructueux qui représentera, je pense, un tournant dans nos efforts pour relancer l'économie mondiale", a pour sa part estimé Barack Obama. "Après des semaines de préparatifs, nous sommes convenus d'une série de mesures sans précédent pour rétablir la croissance et empêcher qu'une crise de ce genre se reproduise", a-t-il résumé. "Le G20, a souligné le président américain, a rejeté toute mesure protectionniste, susceptible selon lui d'aggraver la crise actuelle. Et en dépit de la franchise des échanges qui ont eu lieu à Londres, les divergences entre participants ne sont pas insurmontables", a-t-il continué. Concernant les pays les plus pauvres, il a ajouté que les Etats-Unis allaient doubler leur aide alimentaire à plus d'un milliard de dollars, notamment sous la forme d'une aide au développement agricole.
Des paradis surveillés
Le G20 a demandé à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de dresser dans les heures qui viennent une liste des paradis fiscaux. Les ministres des Finances ont reçu pour mandat de mettre en oeuvre des sanctions contre ces territoires ou pays qui ne respectent pas les règles et d'en rendre compte lors du prochain sommet du G20, a expliqué le président français. Vous verrez que "le temps du secret bancaire est révolu" a annoncé, pas peu fier, Nicolas Sarkozy expliquant qu'un accord sur ce point avait été négocié jusque dans les dernière minutes. "Nous sommes convenus de mettre un terme aux paradis fiscaux qui ne transfèrent pas les informations requises", a déclaré de son côté Brown.
C'était un des sujets les plus difficiles. Les dirigeants du G20 ont approuvé la publication d'une liste déclinée en trois niveaux,. "Le G20 a accepté que l'OCDE soit chargée de publier cette liste de façon imminente", a détaillé un diplomate participant au sommet. "Il y aura une liste blanche, une grise et une noire". Plusieurs places financières, dont la Suisse, ont annoncé ces dernières semaines qu'elles s'efforceraient de respecter les critères de l'Organisation pour la coopération et le développement économique concernant le secret bancaire et l'évasion fiscale.
Plus de régulation
Les pays du G20 se sont mis d'accord pour mettre en oeuvre de "nouvelles règles" sur les salaires et les bonus au niveau mondial. Le débat entre tenants de la relance et tenants de la régulation s'est totalement apaisé. La nécessité d'une réforme de la régulation, comprenant les fonds spéculatifs, les agences de notation, la rémunération des courtiers, les normes comptables ou la titrisation, va faire l'objet d'une déclaration séparée pour en marquer l'importance. "Les agences de notation seront contraintes à la transparence", s'est réjoui le président français.
Un FMI plus musclé
Les dirigeants mondiaux réunis au sommet du G20 de Londres se sont mis d'accord jeudi pour octroyer mille milliards de dollars supplémentaires aux institutions financières internationales. Le sommet a notamment décidé un triplement des ressources du Fonds monétaire international (FMI), de 250 à 750 milliards de dollars, a annoncé Gordon Brown à l'issue de la réunion. Nicolas Sarkozy s'en est réjoui. Ces fonds seront constitués par de "l'argent nouveau" et par des droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI, a-t-il précisé. Le Fonds va également pouvoir vendre de l'or pour financer son aide aux pays les plus pauvres. Le Premier ministre britannique a également indiqué que 250 milliards de dollars seront consacrés à aider le financement du commerce pour relancer les échanges mondiaux. Pour son président, Dominique Strauss-Kahn, c'est "le plus grand plan de relance coordonné jamais décidé".
Rien sur le dollar
La Russie souhaite que la proposition d'une nouvelle monnaie de réserve internationale soit approfondie dans le futur, même si elle n'a pas été discutée au cours du sommet , a indiqué un conseiller du Kremlin. La Chine soutient également l'idée d'une nouvelle monnaie internationale, qui pourrait à terme remplacer le dollar en tant que monnaie de réserve."La discussion sur une nouvelle monnaie de réserve internationale n'a pas eu lieu au niveau des dirigeants mondiaux", a indiqué le principal conseiller économique du Kremlin à des journalistes. "Il y a eu des discussions isolées dans un format bilatéral sur ce sujet. Et je pense que c'est un sujet qui fera l'objet d'un futur approfondissement dans les mois prochains", a-t-il relevé, soulignant que Moscou souhaitait que la question soit abordée dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI).
Les uns et les autres
"Le président Obama a aidé à trouver le consensus" "Il m'a aidé", a affirmé Nicolas Sarkozy qui avait critiqué la veille à mots couverts le président américain lui reprochant un manque de cohérence. "C'est un homme extrêmement ouvert". Il a également loué Gordon Brown dans sa tâche de président du G20 suggérant qu'il n'avait pas agi uniquement en "anglo-saxon" et avait "joué le jeu".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




