Un accord se dessine

le 02 avril 2009 à 06h29 , mis à jour le 02 avril 2009 à 15h37

Les dirigeants du G20 s'approchent d'un accord malgré la question des paradis fiscaux qui les a longtemps divisés.

[Expiré] Nicolas Sarkozy et Angela merkel le 2 avril 2009 © Reuters

 

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Tout se décide en ce moment. Après les déclarations d'intention, les 20 grands dirigeants mondiaux doivent se mettre d'accord sur un texte final déclarant la fin du capitalisme débridé et amorçant un début de réforme du système financier, pour prévenir une répétition de ce qui constitue la crise la plus grave depuis les années 30. Jeudi après-midi, ils s'approchaient d'un accord alors que la question des paradis fiscaux les a longtemps divisés.

 

Ils auraient finalement approuvé la publication "de façon imminente" par l'OCDE d'une liste des paradis fiscaux, déclinée en trois niveaux, a indiqué un diplomate européen. "Il y aura une liste blanche, une grise et une noire", a-t-il ajouté. Plusieurs places financières, dont la Suisse, ont annoncé ces dernières semaines qu'elles s'efforceraient de respecter les critères de l'Organisation pour la coopération et le développement économique concernant le secret bancaire et l'évasion fiscale.
 

5 minutes chacun

 

Les dirigeants du G20 ont entamé vers 11 heures 30, heure de Paris, leur session plénière, Gordon Brown demandant à chacun de ne pas parler plus de cinq minutes à chaque intervention. Barack Obama et les 18 autres dirigeants avaient été accueillis jeudi matin par le premier ministre anglais au centre ExCel à Londres, où se tient le sommet. Assistent également à cette réunion, les dirigeants de l'Union européenne, les dirigeants des grandes  organisations financières internationales comme le FMI ou la Banque mondiale,  ainsi que le directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce Pascal  Lamy. Les Pays-Bas et l'Espagne ont également été invités.

 

La France et l'Allemagne font front uni (lire notre article) et ont demandé des décisions concrètes à partir des principes adoptés lors du précédent sommet du G20 en novembre à Washington, à savoir qu'aucun établissement financier ou acteur de marché n'échappe à une régulation. "Sans une nouvelle régulation, il n'y aura pas de confiance et sans confiance il n'y aura pas de reprise", a déclaré mercredi Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel.

 

 

"Il n'y a aucune divergence" 
 
Selon un projet de communiqué, les dirigeants devraient s'engagent à réguler les grands fonds spéculatifs et à davantage de régulation via un nouvel organisme et un Fonds monétaire international aux pouvoirs accrus. Les chefs d'Etat et de gouvernement s'engagent aussi à faire les efforts "nécessaires pour restaurer la croissance" sans prendre aucun engagement chiffré au-delà des milliards de dollars qui ont été dépensés pour stabiliser les banques, soutenir la demande et limiter les pertes d'emplois. Reste à savoir si la demande de la France d'établissement d'une liste des paradis fiscaux qui ne respectent pas les normes de transparence de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) empêchera ou pas qu'un message d'unité ressorte du sommet. Le projet de communiqué prévoit que les paradis fiscaux seront identifiés et que des sanctions puissent être prises. "L'ère du secret bancaire est révolue", peut-on y lire. 
 
Barack Obama s'est employé mercredi à minimiser les divergences avec la France et l'Allemagne. Le président des Etats-Unis, qui s'exprimait à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre britannique Gordon Brown, a reconnu qu'il serait difficile aux pays du G20 de se mettre d'accord sur tous les points. Mais il a assuré que le sommet n'était pas condamné à l'échec en raison de divisions entre les partisans d'un renforcement des plans de relance et ceux pour qui la régulation est une priorité. Pour le président américain, "il n'y a aucune divergence" sur la notion de base qui est que les gouvernements doivent prendre des mesures pour lutter contre la récession et promouvoir la croissance. De nouvelles manifestations devraient accompagner jeudi la tenue de ce sommet dont les représentants constituent plus de 80% de la production économique mondiale.

 

Un nouvel organisme de supervision
 
L'économie mondiale pourrait se contracter de 0,5% à 1% cette année, selon le Fonds monétaire international. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), la crise pourrait se traduire par la suppression de 50 millions d'emplois. Les dirigeants du G20 se préparent à fortement augmenter les ressources disponibles via le FMI. Certains évoquent un triplement pour atteindre les 750 milliards de dollars. Selon le projet de communiqué, les dirigeants du G20 acceptent que leurs économies et leur secteur financier soient surveillés par le FMI de façon "équitable et indépendante". Le texte prévoit aussi la mise en place d'un nouvel organisme de supervision du système financier mondial. Le Forum de stabilité financière, créé en 1999 à l'initiative du G7 dans la foulée de la crise financière asiatique, est remplacé par un nouveau Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board). Il travaillera avec le FMI pour identifier les risques économiques et financiers et les mesures nécessaires pour y faire face.
 
Les dirigeants du G20 espèrent que les 2.000 milliards de dollars que les Etats ont injectés dans l'économie en réduction d'impôts, projets de construction et investissements écologiques, selon les chiffres fournis par Gordon Brown, limiteront la durée de la récession et permettront peut-être de créer une vingtaine de millions d'emplois. Au total, le communiqué prend cinq engagements : restaurer la croissance et l'emploi, remettre sur pied les banques et l'activité de prêt, renforcer les institutions financières mondiales pour leur permettre de s'attaquer à la crise et d'empêcher que d'autres ne se produisent, promouvoir le commerce international et se garder du protectionnisme.
 
D'après agence

le 02 avril 2009 à 06:29
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