Le scénario cauchemar des économistes français

Par O. L. avec agences, le 20 avril 2009 à 16h12 , mis à jour le 20 avril 2009 à 16h38

L'économie française devrait perdre quelque 800.000 emplois en deux ans avec un taux de chômage qui atteindrait 10,7% fin 2010, selon l'OFCE.

Demandeurs d'emploi attendant à un guichet. En surimpression : le logo du Pôle Emploi (montage)Demandeurs d'emploi attendant à un guichet. En surimpression : le logo du Pôle Emploi (montage) © TF1/LCI

Le tableau est très noir. Trop ? Selon des prévisions présentées lundi par l'OFCE, l'économie française devrait perdre quelque 800.000 emplois en 2009 et 2010,  du jamais vu depuis 25 ans, avec un taux de chômage qui atteindrait 10,7% à la fin de l'année prochaine. L'Observatoire français des conjonctures économiques prévoit une récession de 2,3% cette année, à comparer à une croissance de 0,7% en 2008, et table sur une nouvelle contraction mais de moindre ampleur, de 0,2%, du produit intérieur brut en 2010. Autant dire que la reprise n'est pas pour tout de suite...
 
"Il faut s'attendre à un ajustement plus fort de l'emploi par rapport à l'activité", a expliqué Eric Heyer, économiste à l'OFCE, lors d'une conférence de presse. Dans le secteur privé, l'OFCE voit l'emploi reculer de 646.000 en 2009 en glissement de fin d'année, puis de 296.000 en 2010. L'emploi total baisserait de 607.000 et 256.000 respectivement, ce qui se traduirait par une hausse du chômage de 545.000 à fin 2009 puis de 251.000 à fin 2010. Le taux de chômage, qui était à 7,8% fin 2008, passerait ainsi à 9,9% à la fin 2009 puis à 10,7% fin 2010. L'OFCE, rattaché à Sciences-Po, prévoit une croissance négative tout au long de l'année avec des reculs de 0,7% du PIB au premier trimestre, de 0,8% au deuxième, de 0,2% au troisième et de 0,1% au quatrième.
   
Scénario japonais
 
"Même si on revient sur des taux positifs en 2010, il faudrait une croissance de 1,5% pour recommencer à créer des emplois, si bien que le chômage continuera d'augmenter tout au long de 2010," a souligné Eric Heyer, pour qui il serait bien prématuré alors de parler de reprise. Celle-ci sera d'autant plus faible que le gouvernement n'aura plus les moyens d'engager de nouvelles mesures de relance en 2010, a-t-il ajouté. L'OFCE chiffre l'impact des mesures de relance à 0,8% du PIB en 2009 mais s'attend à une impulsion budgétaire neutre l'année prochaine afin de limiter la dérive des finances publiques, alors que le déficit budgétaire dépasserait les 7% du PIB. Pour autant, a noté l'économiste, la France paraît mieux armée que ses principaux partenaires européens pour affronter la crise, grâce à sa moindre exposition au commerce extérieur, à son modèle social plus développé et son marché du travail moins précaire, et au moindre endettement de ses ménages.
 
Cela devrait permettre à la consommation de continuer à contribuer positivement à la croissance en 2009  - de 0,3 point - contrairement à la moyenne européenne (-0,4 point). Au total, l'OFCE voit la croissance de la zone euro se replier de 3,3% cette année et anticipe un recul de 1,5% de la croissance mondiale.  "Les signes avant-coureurs d'une inversion du mécanisme récessif sont loin d'être évidents" a noté Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE, pour qui le risque est réel de voir cette crise sans précédent depuis les années 1930 déboucher sur un marasme de longue durée avec déflation. "On attend plutôt une reprise en 'L' et le scénario qu'on a en tête c'est le Japon des années 1990," a-t-il conclu. Soit des années de croissance molle....

Par O. L. avec agences le 20 avril 2009 à 16:12
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42 Commentaires

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  • Papyrus, le 06/05/2009 à 11h27

    On sait bien que les économistes ne comprennent absolument rien et ne peuvent rien prévoir. Ce fait a été mille fois confirmé. Alors on verra bien. La seule chose qui compte c'est qu'OBAMA, au travers des Etats Unis retablissent l'ordre économique que les USA ont foutu en l'air...A eux de réparer leur incroyable irresponsabilité. L'Europe suivra et Sarko tient la France en bonne position pour rebondir dès qe la lueur d'espoir arrive. 2010 sera l'année du renouveau dès le premier trimestre et bon dès le second trimestre. POINT BARRE. ce n'est pas de l'économie, c'est de la politique !

  • Seb, le 28/04/2009 à 21h45

    Ecoeurant ce que l'on peut lire et entendre... Tous les jours depuis plusieurs mois, on se bat pour trouver des marchés et décrocher des commandes pour maintenir l'activité, éviter de chomer, des licenciements et la faillitte. A côté de cela, les délégués/les syndicats nous harcèlent sans arrêt pour savoir si la prime de juillet sera versée le 20 ou le 30 et quel sera le % d'augmentation des salaires. Mais mon dieu, ils ne se rendent pas compte que l'on est en train de crever... ?! Il faut qu'ils arrêtent ça, si il n'y a pas d'investissements d'entreprises étrangères en France et si les Entreprises françaises délocalisent à l'étranger, ce n'est pas uniquement à cause du prix du travail, c'est à cause d'eux, qui serait assez fou pour rester ou s'implanter en France avec ces emmerdeurs...

  • Ray-action, le 23/04/2009 à 23h20

    Ok pour boycotter les produits des entreprises qui ferment sans raison économique réelle. Mais attention car à être tous les jours à manifester dans la rue nuit à l'image des travailleurs français et peu nombreuses sont actuellement les entreprises étrangères qui veulent désormais investir et s'installer en france et pourtant on en aurait grand besoin!!!.A l'heure où tous les américains relèvent les manches et se serrent les coudes politiquement de tous bords pour faire face à la crise économique, chez nous les partis s'affrontent pour quelques voix de plus dans les urnes et les syndicats poussent à la révolte.c''est peut-être et pourtant de cette crise-là qu'il serait judicieux de se soucier avant qu'il ne soit trop tard!!!!!!!!

  • Le rebelle 33, le 23/04/2009 à 14h03

    Il faudrait un site qui indique les entreprises qui délocalises afin de savoir qui boycotter.

  • Canut, le 21/04/2009 à 22h05

    800 000 ou 2 000 000 ou 20 000 000 de chomeurs, les politiciens auront toujours du boulot et les riches retront riches .

  • Canut, le 21/04/2009 à 21h59

    Le souci c'est que les étrangers payer à bas salaire ne se plaignent pas et font s'engrossir les patrons. Pendant ce temps la les salaires descendent manque de jobs et les patrons en profitent. Quelle aubaine !!! Que le peuple se révolte !!!!!!

  • Templarii, le 21/04/2009 à 17h49

    Il est urgent de boycotter toutes les entreprises qui délocalisent, licencient à tour de bras alors q'elles font des bénéfices, ferment les usines.

  • Benoit, le 21/04/2009 à 13h51

    Qui a dit que la guerre serait une solution a la crise ?

  • Pierre27, le 21/04/2009 à 13h10

    Qd nous aurons compris que l'Europe liberale est le facteur de notre cerceuil , nous verrons peut-etre le bout du tunnel, il est donc grandement temps de changer de systeme economique, rappelons-nous le dire de Mr Malraux , mort depuis, une europe qui n'a pas de base spirituelle ne peut avoir d'avenir, on ne peut servir deux Maitres en meme temps l'Argent et l'Humain, le liberalisme sert l'Argent et le Pouvoir, bon courage !

  • Regis, le 21/04/2009 à 13h07

    2 millions me semble plus realiste à la vitesse ou les emplois disparaissent en ce moment..... mais surtout ne pas affoler le bon peuple, sinon il risque de se révolter....

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