Sarkozy et Merkel défient Obama

Par O. L. avec agences, le 01 avril 2009 à 18h36 , mis à jour le 01 avril 2009 à 20h08

Le président français et la chancelière allemande font front uni pour rappeler ses promesses au président américain dans la dernière ligne droite avant le sommet.

[Expiré] Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avec Christine Lagarde avant le sommet du G20 le 1er avril 2009 © Reuters

Dans la dernière ligne droite avant le G20, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont fait front commun mercredi pour rappeler au président américain ses promesses et n'ont pas hésité à montrer les muscles. L'adoption par le sommet de Londres d'une "nouvelle régulation" du système financier international est "non négociable" pour la France et l'Allemagne, ont martelé à Londres le président français et la chancelière allemande lors d'une conférence de presse commune.

 

Citant le fameux "yes we can" d'Obama, Nicolas Sarkozy a dénoncé à mots couverts un double langage de l'administration américaine : un dans les journaux et un autre à la table des négociations. Il a toutefois assuré qu'il avait "confiance" en Barack Obama sur le front de la régulation. "Je suis sûr qu'il va nous aider, je suis sûr qu'il nous comprend (...) mais après demain il sera trop tard, les décisions on les prend aujourd'hui et demain". Avant sa première rencontre avec Obama qu'il retrouvera au sommet de l'Otan vendredi et samedi, Nicolas Sarkozy s'est défini comme un "ami des Etats-Unis", mais "un ami debout", "un ami indépendant".

 

 

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LA VIDEO : Nicolas Sarkozy rappelle à Obama ses promesses

 

 

"Nous voyons que ça progresse"


 

Parmi les "lignes rouges" fixées par Paris et Berlin, le chef de l'Etat français a d'abord cité les paradis fiscaux. "Les 20 chefs d'Etat et chefs de gouvernement devront le dire au monde entier: sont-ils pour la fin des paradis fiscaux ou sont-ils pour leur continuation ? (...) c'est très clair, il faut une liste, et la marge de négociation c'est de savoir si la liste est publiée tout de suite, ou dans quelques jours", a-t-il lancé, faisant pression sur les Etats-Unis et la Chine.

 

 "Nous voulons que les +hedge funds+ (fonds spéculatifs) soient enregistrés et qu'ils soient contrôlés. Le principe, c'est aucune institution financière sans contrôle", a poursuivi Nicolas Sarkozy. Il a enfin estimé qu'il fallait que "les choses changent" sur les agences de notation financière et sur la rémunération des traders. Sur tous ces points, le président français a jugé que "beaucoup de progrès ont été accomplis, heureusement, mais le compte n'y est pas encore". "Je comprends parfaitement que certains veuillent parler de la relance, nous aussi. Mais nous, on ne se contente pas d'en parler, on la fait", a-t-il lancé en évoquant les demandes répétées des Etats-Unis pour un nouvel effort budgétaire des Européens pour relancer l'économie.

 

Interrogé sur ses menaces de claquer la porte du sommet faute de résultats suffisants, Nicolas Sarkozy a répondu par une pirouette, affirmant que "c'est embêtant pour moi de partir alors que je viens d'arriver". "Nous voyons que ça progresse", a-t-il ajouté, "simplement nous avons voulu tous les deux signifier que c'était historique et que devant l'histoire, on ne peut pas biaiser". 

 

Finis les accrochages


Depuis plusieurs semaines, Paris et Berlin ont multiplié, à chacune de leurs réunions bilatérales ou à Bruxelles, les initiatives pour rallier les pays de l'Union européenne (UE) à la nécessité d'une "refondation", selon le mot de Nicolas Sarkozy, du système financier international. Si elles peuvent aujourd'hui donner l'impression d'une "lune de miel", les relations franco-allemandes ont toutefois essuyé depuis un an et demi de sérieux coups de tabac. Depuis son élection en mai 2007, les accrochages entre Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel se sont multipliés, de la gouvernance économique européenne au projet français d'Union pour la Méditerranée.


Au début de la tourmente financière, la chancelière allemande avait même refusé au président français de financer un plan de relance européen, avant d'être contrainte elle aussi d'ouvrir son porte-monnaie pour voler au secours de ses banques et de ses constructeurs automobiles.

Par O. L. avec agences le 01 avril 2009 à 18:36
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16 Commentaires

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  • Xavier, le 01/04/2009 à 20h12

    Je ne suis pas vraiment la politique...j'ai 45ans... je me suis toujours "senti" à gauche (ou trop à droite )...mais sarkosy , c'est le premier qui donne l'impression de bosser ... moi ce que j'en dis .....

  • Vix, le 01/04/2009 à 20h10

    CE G20 a été convoqué à l'initiative de Sarkozy. Mais Obama est en train de lacher du lest devant son administration. Tiens bon Nicolas..!

  • Dédé, le 01/04/2009 à 19h55

    En quoi vont-ils le défié Obama? ont-ils un plan plus adéquat à proposer? et pourquoi la france a t'elle besoin de s'allier à l'allemagne pour défié les états-uinis? et s'il claque la porte ceci changerait quoi ?ceci afficherait une image hautaine du leader de notre pâys ; tout le monde est victime de cette crise le mieux serait d'arranger les choses et travailler ensemble.

  • Berny, le 01/04/2009 à 19h54

    Encore une fois, Sarkosy y va de ses "rotomontades" et essaie de redorer son blason par un de ses nouvelle colère d'enfant gâté ! Un peu de sérieux et qu'il arrête son perpétuel cinéma, la france en a ras le bol !!!

  • Jack, le 01/04/2009 à 19h50

    Tout a fait juste rémy !!

  • Killmonster, le 01/04/2009 à 19h47

    Honnêtement , les États Unis , n'ont aucunement à avoir de leçons des Européens , d'abord le problème de l'Europe c'est l'unissons c'est pas juste l'Allemagne et la France , il y a des pays en Europe qui sont de três bon amis des USA et qui seront d'accord avec leurs politique , et pour finir tous le monde le sait bien que dans le milieu des finances et monétaire , les USA tienne le haut du palmarès , et puis il n'y a pas seulement l'Europe , mais la Chine , le Japon , le Canada le brésil , l'inde l'Angleterre .Les propos de Sarko de quitter la table du G20 très peut de pays ont réagit à sa demande , ces pays n'ont pas d'autre d'autre choix que de suivre les directives des USA .

  • Guillaume, le 01/04/2009 à 19h40

    Rémy l'expression usuelle, c'est l'hôpital qui se fout de la charité et non de l'infirmerie... Y en a qui ont la critique facile... Attendez donc de voir ce qui va en sortir de ce G20 avant de déjà tout critiquer sans rien proposer...

  • Patatras, le 01/04/2009 à 19h32

    Message pour Rémy , Saint Nicolas, l'expression c'est "l'hôpital qui se fout de la Charité". Révisez vos classiques

  • Tipoussy, le 01/04/2009 à 19h29

    Sarkosy et ses effets de manches... Quand on en entend aux infos que le communiqué final de la réunion du G20 est déjà prêt alors qu'il n'a même pas commencé, on se demande pourquoi encore 1 fois gaspillier des centaines de milliers d'Euros voir des millions pour un tel sommet alors qu'apparamment tout s'est joué avant le sommet. C'est clair que pour le faste et les apparences, y'a plus de crise....

  • Claude, le 01/04/2009 à 19h27

    Pour les scandales financiers on n'est pas mal non plus ! Comme si l' Amérique avait quelque chose à craindre de nous , on a toujours été tributaire d'eux sans qu'ils le demandent et ils font bien sans nous . Si nous subissons les effets de leur propre gestion c'est que nous dépendons plus d'eux que eux de nous , et ce n'est pas nouveau , on a l'impression que cela a toujours été.

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