François Fillon et les ministres de l'Economie et du Travail le 30 mars © TF1La reprise est à la mode. En tout cas, il est de bon ton de l'évoquer, à condition que ce soit avec prudence. C'est ce qu'a fait François Fillon lundi à Ljubljana. Après avoir fait état "d'éléments de reprise dans l'économie internationale", reprise qui se fera "par paliers", le Premier ministre français a affirmé devant les journalistes : "nous sommes attentifs à ne pas prendre de décisions qui puissent contrarier cette reprise timide".
François Fillon, qui effectue une visite officielle d'une journée en Slovénie, n'a cependant pas évoqué de cas précis de décisions. Il répondait à des questions des journalistes sur les propos de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, sur "des mauvais chiffres de croissance au premier trimestre 2009" qui doivent être annoncés vendredi. Dans un entretien au Monde elle a rappelé que le gouvernement table encore officiellement sur une baisse de 1,5% du Produit intérieur brut (PIB) cette année. Mais "le Premier ministre avait évoqué le chiffre de -2,5%", a-t-elle souligné citant par ailleurs l'hypothèse de travail de certaines organisations internationales d'une baisse pouvant aller "jusqu'à 3%". La ministre a également indiqué qu'elle croyait, elle aussi, à une "reprise graduelle" malgré les mauvais chiffres de la production industrielle française.
'Un point d'inflexion"
La baisse du Produit intérieur brut mondial "ralentit", a abondé de son côté lundi le porte-parole des dix grandes banques centrales mondiales (G-10) Jean-Claude Trichet lors d'une conférence de presse à Bâle. "Nous nous approchons, en ce qui concerne la croissance, d'un point d'inflexion", a précisé le Français., à l'issue de la réunion bimestrielle du G-10 au siège de la Banque des règlements internationaux (BRI), la "banque centrale des banques centrales".
Il a souligné que "dans certains cas, nous voyons déjà une reprise (et) dans d'autres cas nous voyons que (la chute) se poursuit, mais à un rythme plus lent". Celui qui est également le président de la Banque centrale européenne (BCE), a cependant averti qu'il fallait demeurer "vigilant".
| Les chiffres de l'industrie inquiètent encore les économistes |
De mauvais augure. La production industrielle a de nouveau reculé en mars, signe qu'une sévère baisse du PIB au premier trimestre semble désormais inéluctable."Alors qu'on pensait que la production manufacturière s'était stabilisée en février, en vérité il n'en était rien", a noté Alexander Law, économiste chez Xerfi. Après avoir reculé de 0,9% en février en un mois, la production industrielle française a en effet de nouveau décroché de 1,4% en mars, a indiqué lundi l'Insee. Cela porte la baisse trimestrielle à près de 7% par rapport au trimestre précédent. En mars, la production a diminué dans presque tous les secteurs. "La crise se transmet, tel un effet domino, à travers le ralentissement global de la demande", souligne Karine Berger, économiste chez Euler-Hermes SFAC. |
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