Image d'archives. © ReutersSix mois seulement après son lancement, le Pôle emploi, issu de la fusion de l'ANPE et des Assedic, est en train de perdre le nord. Les agents sont remontés. Ils croulent littéralement sous les dossiers. Le Pôle est au bord de l'asphyxie, Il semble surtout que tout le monde ait été pris de court par la brusque flambée du chômage. D'où la grogne de trois syndicats (Snu-FSU, CGT, Sud Emploi), qui appellent à une journée de grève contre la désorganisation des services et le manque de moyens.
Dans le contexte actuel, ils exigent aussi l'arrêt des convocations impératives de chômeurs et "autres formes de pression pour orienter les demandeurs d'emploi vers les métiers en tension, précaires et mal payés". Le communiqué est très clair : "Alors que les économistes annoncent que (l') augmentation du chômage est d'une ampleur sans précédent depuis plus de trente ans, alors que nous savons qu'elle aura des effets profonds et durables sur l'emploi, le gouvernement et la direction de Pôle emploi n'ont d'autre objectif que de mettre à disposition du patronat de la main d'œuvre à moindre coût, en agissant de façon coercitive sur les travailleurs avec ou sans emploi."
Bref, les syndicats s'opposent frontalement "à toutes les directives" qui "transforment le personnel en auxiliaires de police", "aux convocations impératives des demandeurs d'emploi sous peine de radiation (...) et aux diverses formes de pression pour orienter les demandeurs d'emploi vers les métiers en tension, précaires et mal payés". Concernant la cuisine interne, le constat est également sans appel : "le nombre de demandeurs d'emploi suivi par conseiller est trois fois plus élevé qu'il ne le devrait, et la croissance du nombre de dossiers d'indemnisation provoque des embouteillages". Pas d'autre solution, dans ce contexte, que d'augmenter les effectifs, concluent les syndicats.
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