Le grand emprunt de Sarkozy ne fait pas recette

le 27 juin 2009 à 11h58 , mis à jour le 03 novembre 2009 à 16h03

Dossier : Grand Emprunt

56% des Français se disent opposés à un grand emprunt national. Et 82% ne comptent pas souscrire.

Nicolas Sarkozy devant le Congrès (22 juin 2009)Nicolas Sarkozy devant le Congrès (22 juin 2009) © TF1/LCI

C'était l'une des grandes annonces, et l'une des plus attendues, du discours de Nicolas Sarkozy lors du Congrès de Versailles. L'idée d'un grand emprunt pour financer les priorités du gouvernement en ces temps de crise ne semble pourtant pas enthousiasmer les Français. Une nette majorité d'entre eux (soit 56%) sont même opposés au lancement d'un tel emprunt, contre 42% qui y sont favorables, selon un sondage Opinionway pour le Figaro et LCI (1). 34% se disent "opposés" à cette perspective et 22% "tout à fait opposés". A l'inverse, sur les 42% qui sont pour, 33% y sont "favorables" et 9% "tout à fait favorables". Seuls 2% ne se prononcent pas.

  • Sarkozy frôle le plancher

    Un nouveau sondage de l'Ifop fait le point sur la baisse mensuelle de la popularité du chef de l'Etat : 2 points de moins qu'en octobre, soit à peine 36% d'opinions favorables. Fillon s'érode mais reste à 48%.

    Publié le 21/11/2009 Sarkozy frôle le plancher
Plus d'infos

Plus révélateur encore : un autre sondage, réalisé par l'Ifop pour le Journal du Dimanche et M6 (2), révèle qu'une majorité encore plus large des Français, 82%, assure ne pas avoir l'intention de souscrire à cet emprunt national. 61% des personnes interrogées disent n'avoir "pas du tout" l'intention de souscrire à un tel emprunt et 21% "plutôt pas", contre 12% ayant "plutôt" l'intention de le faire et 5% "tout à fait" l'intention d'y souscrire. A noter que cette méfiance est très prononcée quelle que soit la tendance politique : ainsi chez les sympathisants de droite, 70% n'ont pas l'intention de souscrire (48% "pas du tout", 22% "plutôt pas") pour 30% qui en ont l'intention (19% "oui plutôt" et 11% "oui tout à fait").

Le refus d'opter pour la rigueur

L'ouverture aux ménages devrait permettre de soulager les marchés, mais cela aura néanmoins un coût, car pour attirer les investisseurs, l'Etat devra y mettre le prix, et en plus rémunérer les intermédiaires tels que les banques. Les Français ne sont donc pas les seuls à s'interroger sur les bénéfices d'une telle opération : des stratégistes sont dans le même cas de figure.

La crainte, pour René Defossez, stratégiste chez Natixis, est que la France s'isole de ses partenaires européens. Avec un emprunt d'Etat, la France fait le choix de "marcher en solitaire", en refusant d'opter pour la rigueur, estime-t-il. "La voie est extrêmement étroite entre ne pas contrarier les signaux de reprise et la volonté de ne pas trop dégrader les finances publiques", ajoute-t-il. "En principe, tous les pays européens essaient de rester sur ce chemin, c'est dommage qu'on se distingue de cette manière". Un propos nuancé par un analyste parisien qui souligne que certes, la dette de la France s'accroît mais à un rythme moindre que d'autres pays. "L'Etat n'est pas voué à n'avoir pas de dettes. Un Etat qui n'a pas de dettes est un Etat qui n'investit pas", explique-t-il.

Les Français souscriront-ils malgré tout ?

Le risque principal est que l'on "ait durablement une croissance au ras des pâquerettes", explique René Defossez, ce qui alourdirait d'autant plus le fardeau de la dette et menacerait éventuellement la note de la France. Le stratégiste rappelle que d'autres pays européens sont plus en danger, comme le Royaume-Uni, placé sous surveillance négative par Standard and Poor's, ou l'Irlande dont la note a déjà été abaissée à deux reprises par la même agence de notation.

Paradoxalement, malgré les réserves exprimées dans l'opinion sur le bien-fondé d'un tel emprunt, les stratégistes pensent qu'il n'en rencontrera pas moins un certain succès. Ils mettent en avant le succès de l'emprunt EDF auprès des ménages. L'Etat apporterait à ce titre une garantie supplémentaire auprès du public, puisque son risque de faillite, contrairement à celui d'une entreprise, est extrêmement faible. Le montant devrait rester toutefois bien inférieur à ce que la France émet chaque année, à l'image de l'emprunt Balladur en 1993 qui s'était élevé à un peu plus de 15 milliards d'euros actuels. "Je n'imagine pas un montant de 100 milliards d'euros. Personne n'a des projets d'investissement de cette ampleur", explique un stratégiste obligataire sous couvert d'anonymat.

(1) sondage réalisé en ligne selon la méthode des quotas auprès de 998 personnes de 18 ans et plus.
(2)  sondage réalisé par téléphone les 25 et 26 juin par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de la population (méthode des quotas) de 880 personnes.

D'après agence

le 27 juin 2009 à 11:58
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

66 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Turbillon, le 02/07/2009 à 00h38

    Il est très simple de redresser la barre de l'état suppression des avantages en nature logement de fonction pour les gens les télé politique banque sur paris qui ont droit au meilleur quartier payer par l'état , vente des véhicule de tout les ministère sous préfecture et préfecture qui sont en sur nombres vue le nombre de chauffeur par service et secteur vendre les avions officiel qui servent aussi pour les déplacement de nos cher vedettes et artiste divers contrôler les dépense publique et les diffuser en comptant bien sur les travaux des sois disant résidence d'état ou cela sont réaliser a des fin prive les trois quart du temps, vendre les bien immobilier non utiliser ou les louer, supprime les frais de gala est de cérémonie le nombre de ministre regroupe tout les ministère en un seul lieu cela éviteras des dépense en chauffeur voiture et bureau contrôle les dépense et abus en papeteries administrative pour tout les services caf pôle emploie secu et autre, valoriser les petites entreprises, les travailleur, revoir le statue des invalides a la hausse car incohérence entre cotorep et invalide sécurité sociale, supprime les avantage des maires des grand pôle, supprime les salaire des ministre et président une fois plus dans leurs poste est ce dessuite, il ne suffit pas de nous taxer pour faire des économies il faut en faire en haute sfere aussi pas toujours les mêmes j'en appelle a une révolution publique tout stopper toutes l'economie pendant une semaine on verras qui fait tourner le pays ainsi supprime les frais bancaires

  • Ploupy, le 29/06/2009 à 20h43

    C'est l"é quivalent d'une réduction de l'impot sur le revenu deguisé pour les personnes consernés.

  • Ploupy, le 29/06/2009 à 20h32

    Qui est pour ?

  • JGH, le 29/06/2009 à 16h57

    Penser que de réduire massivement le nombtre de fonctionnaires, comme le suggère NicolaB de Neuilly-sur--Seine, engendrerait une baisse des dépenses de l'état est une leurre ... En effet nombre d'entre eux exercent une mission nécessaire au fonctionnement de l'état, voir du pays ( policiers, militaires, juges, agents hospitaliers ou pénitentiaies Etc ..) .Du coup, ces missions sont délégués au privé qui les continue pour le compte et aux frais de l'état .Et comme le privé se doit de faire du bénéfice ( et rénumérer ses dirigeants et actionnaires) ce qui n'est pas le cas dans la fonction publique, les coûts ,au final, sont, parfos même supérieurs pour la poche du contribuable.....

  • NicolasB, le 29/06/2009 à 14h28

    La France cumule les déficits depuis 25 ans, ce qui porte la dette publique à 1400 milliards d'euros fin 2009 avec 140 milliards de déficits cette année auxquels il faut rajouter les 20 milliards de déficits de la sécurité sociale. Cerise sur le gateau l'impôt sur le revenu (et je sais de quoi je parle) couvre à peine les intérêts de la dette. La france compte 6 millions de fonctionnaires et assimilés auxquels il faut ajouter les 4 millions de fonctionnaires à la retraite soit 10 millions au total ! Pas mal pour un pays de 60 millions de personnes. Les frais de fonctionnement de la fonction publique représentent 1000 milliards d'euros par an dont plus de 60% servent aux "frais de fonctionnement" et non pas aux investissements. Il y a 4 façons de réduire les déficits : 1/ Plus de croissance pour plus de recettes : à oublier pour quelques années avec cette fichue crise 2/ Plus d'impôts : nos taux de prélèvements obligatoires sont parmis les plus élevés donc nous avons peu de marge de manoeuvre de ce côté là si nous voulons devenir compétitif 3/ Plus d'inflation : Les prix ont doublé depuis le passage à l'euro (immobilier, café, pains...) et le pouvoir d'achat des ménages modestes a beaucoup trop souffert. 4/ On s'attaque enfin aux dépenses publiques et au coeur du problème : le nombre de fonctionnaires ! Nicolas Sarkozy a annoncé 34 000 postes non remplacés en fin d'année, ce qui est déjà une belle prouesse en France. Un nouvel emprunt ? OK mais à condition qu'il serve à réduire d'un million le nombre de fonctionnaires en accordant des primes exceptionnelles de départ ! Avec 1 million de fonctionnaires en moins on réduit les dépenses de l'Etat et donc les impôts ce qui permet de relancer l'activité du pays ! J'espère donc que cet emprunt ne servira pas à juste empiler de la dette supplémentaire car comment vérifier à quoi servira cet argent lorsqu'il sera injecté dans les circuits de dépenses courantes de l'état ? Bien cordialement.

  • JGH, le 29/06/2009 à 12h29

    C'est bien ( facile) de critiquer la dette laissée par les précédeurs..Ce serait nettement plus intelligent de pas en créer de nouvelle ...Hélas avec cet emprunt le gouvernement met tout en oeuvre pour en rajouter une couche !!!!

  • Bern, le 29/06/2009 à 10h10

    Je suis contre une nouvelle une dette je pense à mes enfants et petits enfants . Un emprunt pour nourrir les banques .

  • Michel, le 29/06/2009 à 09h13

    De toutes les façons, les Français sont contre tout, surtout quand la paternité de ce projet, vient du chef de l'état en place. La mentalité franchouillarde a encore de beaux jours devant elle.

  • Polo, le 29/06/2009 à 09h06

    Mais faudrait peut ètre que notre très cher président restraint son train de vie, car qu'en on voie le budget de l'année que ça nous coute c'est vraiment indécent et je pèse mes mots, car de ce coté là on ne ce prive pas ....

  • Papa, le 29/06/2009 à 08h14

    Quand je pense que vous êtes toujours à critiquer notre Président qui fait tout pour couvrir la France de nouvelles taxe, de nouveaux impôts de nouveaux emprunts de nouvelles dettes ; en deux mots la ruiner . Comment voulez-vous qu'il y arrive si nous ne le soutenons pas .

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience