© TF1-LCIAvec les jeunes, les plus de 55 ans font partie des plus fragiles face au risque de chômage. Or, une étude du ministère du Travail laisse penser que cette tendance est accentuée par le fait que l'Etat finance de moins en moins de dispositifs de préretraites. Depuis dix ans, leur nombre a été divisé par dix. Pendant que, parallèlement, le chômage indemnisé parmi les plus de 55 ans connaissait, surtout à partir de 2002, une envolée.
Ainsi en 2008, 8260 salariés du privé - principalement d'ex-travailleurs exposés aux dangers de l'amiante - sont entrés dans un dispositif de préretraite financé en partie ou en totalité par l'Etat, contre 10.400 en 2007 et 78.780 en 1998, selon le département statistique du ministère (Dares). Fin décembre 2008, la métropole comptait 62.388 préretraités du privé dans un dispositif faisant intervenir l'Etat, contre 237.715 en 1996.
Le coup d'arrêt de 2003
Ces dispositifs de préretraites (Allocation spéciale du Fonds national de l'emploi, AS-FNE) ont été mis en place à partir de 1963 par l'Etat pour limiter l'impact des licenciements. Les bénéficiaires sont surtout des hommes de 57 à 59 ans, et ouvriers. Il était communément admis que cela favoriserait l'embauche de salariés plus jeunes, et devait servir aussi à permettre à des salariés ayant connu des conditions de travail éprouvantes, voire dangereuses, de s'arrêter.
Mais les conditions d'accès aux dispositifs ont ensuite été restreintes, la charge financière étant alourdie d'autant pour les entreprises, avant un coup d'arrêt en 2003. Certaines entreprises, surtout les grandes, continuent d'organiser le départ de salariés âgés en préretraite, sans aucun recours à un financement public (préretraite maison, dispense d'activité, congé de fin de carrière). Elles doivent payer une taxe au Fonds de solidarité vieillesse, augmentée en 2007.
Plusieurs syndicats ont plaidé depuis le début de la crise pour le retour des préretraites sous de nouvelles formes ou appellations, FO puis la CGT, qui mercredi dernier a proposé "un dispositif qui permettrait à 70 à 100.000 anciens de partir plus vite avec du tutorat et d'être remplacé obligatoirement par un jeune". Vendredi, alors que la CFDT a rejeté cette solution des préretraites, son leader François Chérèque a à son tour évoqué "des pré-retraites progressives" ou "l'accompagnement des seniors en sous-activité - chômage partiel par exemple - par des jeunes".
D'après agence
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