Nicolas Sarkozy s'assoit aux commandes du train à grande vitesse AGV lors d'une visite à l'usine Alstom de La Rochelle le 5 février 2008 © ReutersEn 2016, Bordeaux sera-t-il à deux heures de Paris ? Alain Juppé, maire de Bordeaux, va en tout cas demander jeudi au président Sarkozy d'intervenir sur le dossier de la ligne à grande vitesse (LGV) en Aquitaine. "Je suis inquiet pour l'ensemble du projet" et "si on veut tenir la date de 2016 pour Paris-Bordeaux en deux heures, il faut décider maintenant", a affirmé Alain Juppé à la presse. "J'espère que le président pourra donner les impulsions nécessaires".
Le chef de l'Etat participait jeudi au 39e congrès de la Mutualité française, à Bordeaux. Selon l'ancien Premier ministre, il faut qu'une "décision" soit prise dans un "délai de deux mois". "Une des pistes est qu'on arrive à se focaliser sur Tours-Bordeaux, quitte à alléger le projet. Toute une série de dessertes étaient prévues autour de Poitiers, autour d'Angoulême. Si les collectivités de Poitou-Charentes n'en veulent pas, revenons à une liaison directe Tours-Bordeaux, ça fera des économies", a ajouté Alain Juppé.
"Coup de poignard"
Alain Juppé, tout comme Alain Rousset, le président (PS) du Conseil régional d'Aquitaine, s'inquiètent d'un récent courrier de Michèle Alliot-Marie au préfet des Pyrénées-Atlantiques et au préfet de région pour demander l'arrêt des études pour un nouveau tracé ferroviaire entre Bayonne et l'Espagne. "Le TGV va passer, mais il va passer sur la ligne actuelle sans qu'il soit nécessaire de créer une nouvelle ligne", avait affirmé la ministre de l'Intérieur, également adjointe au maire de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), samedi au micro de France Bleu Pays Basque. La section concernée appartient au projet LGV-Sud-Europe Aquitaine (LGV-SEA), plus important projet ferroviaire en cours en France, qui doit irriguer le Sud-Ouest de la France (Tours-Bordeaux en 2016, puis Bordeaux-Toulouse et Bordeaux Espagne en 2018-2020. Il s'agit d'un projet de 14 milliards d'euros qui doit mettre Bordeaux à deux heures de Paris, à une heure de Toulouse et quatre heures de Madrid.
Alain Juppé s'est déclaré, jeudi dans le quotidien Sud-Ouest, "très surpris et très peiné" par la demande de Michèle Alliot-Marie. Alain Rousset, qui estime que "ce coup de poignard risque de bloquer le dossier dans son ensemble", a envoyé une lettre ouverte au président de la République, selon Sud-Ouest. Réagissant à son tour, Michèle Alliot-Marie a jugé jeudi "erroné" de prétendre que le projet soit en péril. Selon elle, il ne s'agit que de "renoncer à des études prématurées" sur la création d'une nouvelle voie sur le tronçon Bayonne-Hendaye, celle en service ne devant pas être saturée "d'ici 15 à 20 ans minimum". Et de s'interroger : "En quoi (cette) décision peut-elle gêner la réalisation de Tours-Bordeaux prévue en 2016 ou de Bordeaux-Bayonne d'ici 2010 ?".
La ministre, par ailleurs députée de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, assure en outre avoir "souvent eu la désagréable impression qu'à Bordeaux, on refusait d'écouter les élus et les citoyens de la Côte basque qui soutenaient la LGV, mais demandaient des solutions raisonnables. Si certains, qui n'ont pas voulu manifester d'intérêt pour ces propositions dans les années passées, sont vexés de n'avoir pas été à la table lorsqu'un accord raisonnable a été trouvé, j'en suis navrée pour eux".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




