Un emprunt d'Etat... pour financer quoi ?

le 28 juin 2009 à 05h50 , mis à jour le 28 juin 2009 à 22h03

Une réunion s'est tenue à Matignon sur les priorités du futur emprunt d'Etat. Un emprunt qui servira, a promis François Fillon à l'issue de ce séminaire, à "des dépenses porteuses de croissance".

François Fillon à Matignon (28 juin 2009)François Fillon à Matignon (28 juin 2009) © TF1/LCI

Le gouvernement a lancé ce dimanche la réflexion sur les secteurs d'investissement prioritaires que le futur emprunt national annoncé par Nicolas Sarkozy sera appelé à financer à l'aune d'un "nouveau modèle de croissance". François Fillon a réuni ses ministres à Matignon pendant pour un séminaire d'un peu moins de 3 heures. Un séminaire à l'issue duquel il a fait une brève déclaration traçant les grands axes des dépenses auxquelles sera consacré ce futur emprunt. S'il n'a guère été précis sur leur objet, le chef du gouvernement a assuré que toutes les ressources de cet emprunt public "devront être affectées à des dépenses porteuses de croissance" pour "dessiner la France de l'après-crise". Pas question de financer les déficits publics, pas question de rénover des bâtiments publics... Mais cet emprunt ne financera pas davantage un "deuxième plan de relance" - au risque de décevoir ceux qui, à gauche, comme Pierre Moscovici, se disaient ouverts à cet appel aux finances des Français... à condition, précisément, qu'il finance un plan de relance. Seule précision annoncée ce dimanche à Matignon : l'emprunt national sera lancé "début 2010".

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    Publié le 16/04/2010 Subprime: Goldman poursuivi pour fraude, un Français au coeur de l'enquête
Plus d'infos

Cette réunion n'était que le début du processus. La prochaine étape est annoncée mercredi : les partenaires sociaux seront alors sollicités lors d'une réunion à l'Elysée destinée à faire le point de mesures déjà mises en oeuvre face à la crise.  En ce qui concerne les modalités et le montant de l'emprunt, ils ne seront annoncés qu'à l'automne ("dans la première quinzaine de novembre", a annoncé dimanche François Fillon), au terme de trois mois d'un débat national auquel seront associés le Parlement, les partenaires sociaux, les responsables économiques, les acteurs du monde de la culture, de la recherche et de l'éducation. La réunion de ce dimanche portait en fait surtout sur l'organisation et le calendrier du débat et la méthode présidant à la définition des priorités d'investissement.

Non à "une logique de saupoudrage"

L'emprunt sera vraisemblablement mixte - une part auprès des particuliers, une part auprès des marchés - et servira à financer les "priorités stratégiques" et les "bons investissements", selon les termes du chef de l'Etat le 22 juin devant le Congrès. Le chef de l'Etat et le Premier ministre, qui engagent un pari politique avec cette initiative, ont d'ores et déjà ouvert des pistes. Nicolas Sarkozy a cité au nombre des secteurs prioritaires l'aménagement du territoire, l'éducation, la formation professionnelle, la recherche, la santé, l'innovation. Vendredi, François Fillon a mis l'accent sur le numérique, les logiciels et les nanotechnologies (technologies de l'infiniment petit); les biotechnologies, pour répondre notamment à l'augmentation des dépenses de santé; les écotechnologies pour faire face au défi du réchauffement climatique; la voiture du futur.

L'exécutif s'oppose par avance à "une logique de saupoudrage" et se prépare à freiner les ambitions financières des ministres qui vont plaider pour une rallonge en période de rigueur budgétaire. Le secrétaire d'Etat à la Justice nouvellement nommé, Jean-Marie Bockel, a ouvert le ban samedi en estimant sur Europe 1 que le futur emprunt devait contribuer au financement des nouveaux centres de détention que Nicolas Sarkozy a promis.

Des Français sceptiques

Le précédent grand emprunt a été lancé en juillet 1993 par le Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était ministre du Budget, face, déjà, à une récession. Près d'un million et demi d'épargnants avaient alors souscrit cet emprunt à 6% et ont récupéré leur mise quatre ans plus tard - quelque 90 milliards de francs (13,7 milliards d'euros). Pour le futur emprunt, qui paraît pour l'heure ne pas susciter l'engouement, le gouvernement se refuse actuellement à communiquer une estimation. Selon un sondage OpinionWay réalisé en ligne auprès de 988 personnes âgées de plus de 18 ans les 25 et 26 juin, pour Le Figaro et LCI, 56% des Français sont plutôt ou tout à fait opposés à un emprunt. Quarante deux pour cent s'y déclarent favorables. Ils sont 82% à déclarer qu'ils ne souscriront pas cet emprunt dans un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche et M6 mené les 25 et 26 juin auprès de 880 personnes âgées de 18 ans et plus.

Néanmoins, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, s'est dit samedi "certain du succès" de l'emprunt qui "va permettre à la France de prendre un temps d'avance", lors d'une réunion des cadres du parti présidentiel à Paris. Et Patrick Devedjian, ministre de la Relance, a estimé dimanche sur Radio J que si 17% des Français souscrivaient à l'emprunt d'Etat annoncé, alors, son succès était "assuré".

D'après agence

Balladur pour un emprunt destiné "au public seul"

Lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, l'ancien Premier ministre a émis des réserves sur un éventuel emprunt mixte, souscrit à la fois auprès des particuliers et des marchés. Pour lui, "il ne faut pas mélanger les deux" et s'adresser "au public seul" : "L'Etat peut tous les jours se fournir de l'argent sur les marchés mais on fait un emprunt auprès du grand public pour l'associer, dans un acte de confiance qu'on sollicite de lui, aux objectifs de redressement économique que l'on souhaite atteindre", a-t-il expliqué. Edouard Balladur, qui a lancé le précédent grand emprunt national en 1993, a également réclamé que le montant de l'emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy devant le Congrès réuni à Versailles soit "calibré" : "Ce n'est pas la peine de faire un emprunt et de payer des taux d'intérêt pour ne pas s'en servir tout de suite", a-t-il souligné.

 

le 28 juin 2009 à 05:50
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70 Commentaires

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  • Doc_hou, le 29/06/2009 à 21h14

    A Claude. Rouvroy. Il ne s agit pas de filtrer des opinions qui sont differentes des miennes. Il s agit de filtrer des raisonnement completement debiles quand on essaye d'etre honnete intellectuellement. Et je pense qu'il y a beaucoup plus raisonnable que ce que j ai lu pour la grande majorite. Alors oui, SVP essayez de filtrer les commentaires et de donner des avis pour ou contre, mais de grace qu ils aient un certain sens et qu ils ne soient pas de la pure opposition sterile, bete et mechante. Un exemple, le commentaire de Man, Louvenne bien que n allant pas dans mon sens est tout a fait constructif et son point de vue est tout a fait respectable. C est de cela dont je parle. Mais en France manifestement vous faites dire aux gens ce qu ils ne disent pas, a tel point que l'on se surprend a defendre des positions qui parfois ne sont pas les notres.

  • Herve, le 29/06/2009 à 18h54

    A en lire les commentaires deja deposes, bien peu d'entre vous comprennent comment fonctionne un emprunt d'etat... mais cela ne vous empeche pas de donner votre avis ! Comme d'habitude quoi... Tout depend de la fiscalite liee a cet emprunt, de la duree, ainsi que du taux de remuneration. Ainsi, si c'est un pret a fiscalite reduite a 6% d'interet par exemple, alors vous pourrez toujours utiliser les interets pour alleger vos impots... qui augmenteront de toutes facons. Donc vous avez le choix entre payer 100 euros et vous taire, ou payer 100 euros et recuperer 6 euros, ce qui fait un net a payer de 94 euros... Allez les fortiches en maths... qu'est-ce qui est mieux selon vous ?... D'autre part, je presume que la plupart des internautes qui ont repondu sont des fans d'Obama... Je vis aux Etats Unis, ou les impots augmentent de maniere indirecte mais certaine, et ou le deficit devient abyssal... Quand le programme est annonce par Obama le socialo-communiste vous etes pour, et quand c'est Sarko, vous etes contre, meme si c'est le meme programme propose mais en moins pire...

  • Pere, le 29/06/2009 à 15h17

    En 2007 il lui fallait 75 milliards pour morderniser la France ; il n'avait pas dit que c'était par an ?

  • Jean, le 29/06/2009 à 13h47

    Je suis bien d'accord avec franck trop de dépenses pour l'élyssée, presque 50% dans certains domaines ! Le plus grave je pense c'est d'augmenter les salaires des ministres et du president alors que la crise était déjà présente en France en 2007. Il faut aussi voir le budget de l'assemblée nationale "les retraites à vie" dés le premier mandat ! quand on regarde l'hémicycle les jours des assemblées , ça me fait rire! Beaucoup d'incohérences sont à constater comme le prix des carburants qui ne baissent pas avec un baril à 70$ ou 50 Euros , la taxe carbone "retaxe" taxez les textiles , les produits que l'on a en france et que l'on importe du bon du monde , n'a-t-on pas mis des milliers de tonnes de carburant dans ces immenses bateaux ? Alors emprunter de l'argent a une France qui n'en a plus ?! si peut-être les actionnaires , les traideurs ou grands PDG ?

  • STEPH, le 29/06/2009 à 13h45

    Arnaque qu'on sent venir gros comme une maison ! Premier temps = effet d'annonce : je lance un emprunt d'état pour ne pas augmenter vos impôts. Très porteur auprès du public comme technique. Second temps : je suis obligé d'augmenter vos impôts parce que Bruxelles me harcèle avec le déficit de la nation qui est devenu trop élevé. Donc il faut que je rembourse un peu de la dette. Bien entendu ce second temps intervient après la clôture des souscriptions. C'est fûté, mais ça ne prendra pas avec moi.

  • JGH, le 29/06/2009 à 12h32

    En ces temps de crise la France serait bien inspirée de séparer le nécessaire du superflu ..Hélas, la politique actuelle consiste plus à économiser drastiquement sur le nécessaire pour pouvoir mieux investir dans le superflu ...

  • Cloé, le 29/06/2009 à 10h46

    Non merci sans moi !

  • Man, le 29/06/2009 à 10h17

    Vous avez voulus se système ? oui!!!!!!!!!!!!! vous aimer le frics ??????? oui !!!!!!!!........vous avez voté sarko le capitaliste sauvage , vous avez cru a "merlin l enchanteur ?? ...........la vie des hommes n est actuellement que basé sur l appât du gain , vous ne vivez plus que pour se ridicule bout de papier que l on nome "argent" !!!!!!!!!!!!! des peuples aveuglés par l artifice du fric ,on vois bien la toute la stupidité des hommes , a part faire le parasite de cette planète , détruire tout se qui se présente , polluer sans retenue , gaspillage abominable , affamé des peuples ,faire la guerre , ect ect .......... le tout pour du pognon et cette compétition ridicule entre nation ? continuons a les regarder tous ces grand argentier de l humanité , continuez a bien cautionner tout ca , continuez a vivre sans vous souciez de l avenir des générations qui suives , mais par pitié ne venez pas pleurer quand ces décideurs cherche a vous la mettre bien profond , ne vous faite pas d illusion se systeme perdureras puisque personne ne réclame un autre model d économie , un autre systeme , un autre fonctionement de l humanité , vous esperez quoi ???? qu ils vont tout d un coup renoncer a leurs gros gains pour vouss faire plaisir ????????? aretez de pleurer et battez vous pour vos gosses et leurs descendances vous voulez pas ? alors ne faite pas comme le roi et ces copains !!!!!!!!!!! du blabla sterile , vous avez cautionnés ???? faut payer maintenant . ps/ ne me faite le coup de l excuse de la crise financière "mondial" ils l on bien vue arriver, mais n on rien dit .

  • Steve, le 29/06/2009 à 10h03

    Comment ça marche ? Certains prêtent à l'état, qui le leur rendra avec des intérêts dans quelques années ? Donc, moi je ne prête rien à l'état, mais mes impôts serviront à payer les intérêts des prêteurs ? Je demande juste, je ne connais pas ce système. Je pense vraiment qu'il faut arrêter de vouloir faire/gagner de l'argent avec du vent. Que l'on revienne au vrai travail rémunérateur.

  • Noémie, le 29/06/2009 à 09h50

    Comme s'ils n'avaient pas déjà assez d'argent à gaspiller. Pourquoi faire un emprunt ? Pour endetter encore plus les générations futures ? J'ai 25 ans et je n'ai pas envie de payer toute ma vie les caprices d'hommes politiques inconscients. Vous avez largement assez. La plupart des chefs d'entreprise touchés par la crise renoncent à un peu de leur rémunération, ils diminuent les déplacements chers... Et chez nous c'est le contraire : on a eu une augmentation de certains salaires, le président et les autres "grands" voyagent à qui mieux mieux... Vous voulez emprunter ? Vous qui voulez manager le public comme le privé, commencez par balayer devant votre porte, et il n'y en aura plus besoin. Je suis archi contre cette idée d'emprunt. Contentez-vous de ce que vous avez pour jouer, n'en gaspillez pas plus. On travaille, nous, pour le gagner cet argent que nous, contribuables, devront payer à un moment ou à un autre.

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