François Fillon à Matignon (28 juin 2009) © TF1/LCILe gouvernement a lancé ce dimanche la réflexion sur les secteurs d'investissement prioritaires que le futur emprunt national annoncé par Nicolas Sarkozy sera appelé à financer à l'aune d'un "nouveau modèle de croissance". François Fillon a réuni ses ministres à Matignon pendant pour un séminaire d'un peu moins de 3 heures. Un séminaire à l'issue duquel il a fait une brève déclaration traçant les grands axes des dépenses auxquelles sera consacré ce futur emprunt. S'il n'a guère été précis sur leur objet, le chef du gouvernement a assuré que toutes les ressources de cet emprunt public "devront être affectées à des dépenses porteuses de croissance" pour "dessiner la France de l'après-crise". Pas question de financer les déficits publics, pas question de rénover des bâtiments publics... Mais cet emprunt ne financera pas davantage un "deuxième plan de relance" - au risque de décevoir ceux qui, à gauche, comme Pierre Moscovici, se disaient ouverts à cet appel aux finances des Français... à condition, précisément, qu'il finance un plan de relance. Seule précision annoncée ce dimanche à Matignon : l'emprunt national sera lancé "début 2010".
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Le gendarme de la Bourse américaine a annoncé vendredi qu'elle poursuivait la banque d'affaires américaine pour "fraude" sur la vente de titres d'investissement liés à des crédits hypothécaires à risque. Son titre a aussitôt dégringolé à New York tandis que le CAC reculait.
Publié le 16/04/2010
Cette réunion n'était que le début du processus. La prochaine étape est annoncée mercredi : les partenaires sociaux seront alors sollicités lors d'une réunion à l'Elysée destinée à faire le point de mesures déjà mises en oeuvre face à la crise. En ce qui concerne les modalités et le montant de l'emprunt, ils ne seront annoncés qu'à l'automne ("dans la première quinzaine de novembre", a annoncé dimanche François Fillon), au terme de trois mois d'un débat national auquel seront associés le Parlement, les partenaires sociaux, les responsables économiques, les acteurs du monde de la culture, de la recherche et de l'éducation. La réunion de ce dimanche portait en fait surtout sur l'organisation et le calendrier du débat et la méthode présidant à la définition des priorités d'investissement.
Non à "une logique de saupoudrage"
L'emprunt sera vraisemblablement mixte - une part auprès des particuliers, une part auprès des marchés - et servira à financer les "priorités stratégiques" et les "bons investissements", selon les termes du chef de l'Etat le 22 juin devant le Congrès. Le chef de l'Etat et le Premier ministre, qui engagent un pari politique avec cette initiative, ont d'ores et déjà ouvert des pistes. Nicolas Sarkozy a cité au nombre des secteurs prioritaires l'aménagement du territoire, l'éducation, la formation professionnelle, la recherche, la santé, l'innovation. Vendredi, François Fillon a mis l'accent sur le numérique, les logiciels et les nanotechnologies (technologies de l'infiniment petit); les biotechnologies, pour répondre notamment à l'augmentation des dépenses de santé; les écotechnologies pour faire face au défi du réchauffement climatique; la voiture du futur.
L'exécutif s'oppose par avance à "une logique de saupoudrage" et se prépare à freiner les ambitions financières des ministres qui vont plaider pour une rallonge en période de rigueur budgétaire. Le secrétaire d'Etat à la Justice nouvellement nommé, Jean-Marie Bockel, a ouvert le ban samedi en estimant sur Europe 1 que le futur emprunt devait contribuer au financement des nouveaux centres de détention que Nicolas Sarkozy a promis.
Des Français sceptiques
Le précédent grand emprunt a été lancé en juillet 1993 par le Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était ministre du Budget, face, déjà, à une récession. Près d'un million et demi d'épargnants avaient alors souscrit cet emprunt à 6% et ont récupéré leur mise quatre ans plus tard - quelque 90 milliards de francs (13,7 milliards d'euros). Pour le futur emprunt, qui paraît pour l'heure ne pas susciter l'engouement, le gouvernement se refuse actuellement à communiquer une estimation. Selon un sondage OpinionWay réalisé en ligne auprès de 988 personnes âgées de plus de 18 ans les 25 et 26 juin, pour Le Figaro et LCI, 56% des Français sont plutôt ou tout à fait opposés à un emprunt. Quarante deux pour cent s'y déclarent favorables. Ils sont 82% à déclarer qu'ils ne souscriront pas cet emprunt dans un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche et M6 mené les 25 et 26 juin auprès de 880 personnes âgées de 18 ans et plus.
Néanmoins, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, s'est dit samedi "certain du succès" de l'emprunt qui "va permettre à la France de prendre un temps d'avance", lors d'une réunion des cadres du parti présidentiel à Paris. Et Patrick Devedjian, ministre de la Relance, a estimé dimanche sur Radio J que si 17% des Français souscrivaient à l'emprunt d'Etat annoncé, alors, son succès était "assuré".
D'après agence
| Balladur pour un emprunt destiné "au public seul" |
Lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, l'ancien Premier ministre a émis des réserves sur un éventuel emprunt mixte, souscrit à la fois auprès des particuliers et des marchés. Pour lui, "il ne faut pas mélanger les deux" et s'adresser "au public seul" : "L'Etat peut tous les jours se fournir de l'argent sur les marchés mais on fait un emprunt auprès du grand public pour l'associer, dans un acte de confiance qu'on sollicite de lui, aux objectifs de redressement économique que l'on souhaite atteindre", a-t-il expliqué. Edouard Balladur, qui a lancé le précédent grand emprunt national en 1993, a également réclamé que le montant de l'emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy devant le Congrès réuni à Versailles soit "calibré" : "Ce n'est pas la peine de faire un emprunt et de payer des taux d'intérêt pour ne pas s'en servir tout de suite", a-t-il souligné. |
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